L’écriture comme chemin

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

« C’est malheureux de s’égarer. Mais il y a pire que de perdre son chemin : c’est de perdre sa raison d’avancer. »

Nathan Scott

« Celui qui possède un pourquoi qui le fait vivre peut supporter tous les comment. »

Friedrich Nietzsche

Les crépuscules sont remplis de gens égarés, au pourquoi perdu, en recherche d’éclairage devant la nuit noire à venir. Dernières étincelles d’un feu qui s’éteint.

C’est dans ce questionnement avec ses doutes qui l’accompagnent que se cache le sens de la vie, la question n’est pas le but mais le chemin. La réponse vient plus facilement au marcheur.

Ce que nous évoquons prend corps, de façon plus ou moins précise, l’idée est née. Les mots sont des images, les images des couleurs et des sons, reste à en capturer l’essence. L’écriture est ce travail, cette mise en marche, qui donne sens à la forme que nous voudrions transmettre.

La main tient le crayon. La page est vierge et blanche. On se jette à l’eau, on fait de grosses vagues qui éclaboussent l’immaculé ou on avance timidement avec des silences plein les mots.

Qui décide en définitive : de l’esprit, de la main, du crayon, ou de la page ? Peut-être tous à la fois, dans un consensus non arbitraire.

Les mots finissent par venir. La main se décrispe, le crayon ne voyage plus dans un va-et-vient entre les lèvres et la feuille. Les lettres s’enroulent, les mots s’attachent, se délient, forment des phrases. Un sens se profile, une espérance, celle de trouver le mot juste qui ne trahira pas la pensée. Les mots prennent leur indépendance. Qui dicte à la main, du récit ou de la pensée ? Les choses ont leur propre sens, il faut accepter qu’elles nous habitent, qu’elles changent le cours de l’histoire. Le chemin passe aussi par les choses autant que par les êtres.

Penser ce que l’on écrit n’est pas gage d’écrire ce que l’on pense. Le sens nous vient aussi de ce que nous ne maîtrisons pas, mais qui a la chance d’exister.

Quand on écrit on redevient un peu un enfant devant sa copie, celui qui de sa chambre doit dépouiller ses fantômes quand il est seul devant la nuit à venir.

Finalement, on écrit pour donner du sens à sa vie quand on n’a plus assez de temps devant soi pour se taire, encore moins pour être deviné.

 

 

 

Une réflexion sur “L’écriture comme chemin

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s