À partir du vide

À partir du vide

Le plein est terre promise

Tout est comblement

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L’inespéré venait du ciel

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D’où venait-il exactement ?

Elle ne l’avait enfanté

Ni en son sein ni en pensée

Ni dans ces heures les plus sombres

Celles qui étalent leurs ombres

Longtemps après le jour passé.

 

Cette âme ne pouvait venir

Que d’un passé sans avenir

Une porte sur le néant

Qui traversait tel un présent

Inébranlable et impavide

Survolant l’insondable vide.

 

Elle ne se souvient plus quand

Cela devait être son heure

Cette descente sur son cœur

Ce baume oint sur les tourments

Ce beau cadeau, cet essentiel

L’inespéré venait du ciel.

Quand tout nous est donné nous ne possédons rien

 

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERAQuand tout nous est donné nous ne possédons rien

Nous finirons passeurs à défaut de gardiens

Le brin d’herbe reçoit humblement la lumière

La même fait danser l’Esprit de la rivière

Le réel se construit de toutes nos images

Autant que de ces cieux où courent les nuages

Soyons humbles il est bon d’accepter la magie

Le mystère s’écrit à la sève de vie

Nous sommes les petits de ce qui nous dépasse

Nous apprenons autant de la rose au matin

Que de l’oiseau chanteur entamant son quatrain.

Vivre l’instant présent

J’ai dû froisser souvent ta belle intelligence

Pardonne à ta maman ce délire de souffrance

Quand le cœur est blessé le cerveau ne répond

Pas toujours en trouvant les mots de la raison.

 

J’ai si souvent perdu de ces instants précieux

Quand le compte à rebours je lisais dans tes yeux

Alors j’anticipais le terrible avenir

Faisais fuir le présent en présumant le pire.

 

Accepter ? Impossible ! Se remettre en questions ?

Admettre de compter sur mes doigts tes saisons

Je suis restée maman jusqu’au bout jusqu’au pire

Et ma peur recouvrait tes grands éclats de rire.

 

Vivre l’instant présent je n’ai pas su le faire

Si le temps permettait un retour en arrière

Je ferais de ta vie une orgie de lumière

De tes derniers instants une paix printanière.

 

Dépasserais mes peurs et mettrais du bonheur

Dans mes yeux, dans mon cœur, pour que jamais la peur

N’attriste tes derniers printemps sur cette terre

Et que la joie te garde du frimas de l’hiver.

 

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Demain ou Le temps s’écoulera sans le poids des années

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Le temps s’écoulera sans le poids des années

Et toutes les saisons auront un goût d’été

Je lirai votre prose et vous direz mes vers

Nous vivrons au pays de Beuve et de Flaubert.

 

La joie, sève du cœur, coulera dans nos veines

Nos corps seront plus forts, nos têtes plus sereines

De nouvelles douceurs inconnues à nos lèvres

Un miel aux mille fleurs pour apaiser nos fièvres.

 

À nos jardins secrets aux communes fragrances

Ces parfums émanés de mêmes espérances

À nos demains rêvés, nos aujourd’huis vécus

Paradis retrouvés d’une enfance perdue.

 

Nos pas soulèveront autres réminiscences

Ces impressions vécues qui fleurent à la conscience

Les gens diront de nous devant cette harmonie

– Ces âmes ont dû s’aimer, ailleurs, dans d’autres vies !

Le baiser de la nuit

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Tout de bleu recouvert

Sous lavis d’aquarelle

Le jour offre ses lèvres

Au baiser de la nuit

 

Dans l’unique couleur

Les formes se dispersent

Font corps avec le silence

 

La campagne indistincte

Se noie au camaïeu

Et l’horizon ressemble

À une mer immense

 

Jusqu’à l’air traversé

Par le dessein obscur

De la non-existence

Du jour qui se défait

 

Capuchonnée d’écume

Une vague voyage

Secourue d’innocence

Dans le bleu qui s’abîme

 

La vie semble en suspens

Quand seul le bleu subsiste

Au bain qui s’extasie

À l’encre du désir.

Un presque rien qui vagabonde

 

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En équilibre sur deux mondes

Un presque rien qui vagabonde

Imperceptible comme un souffle

Une petite âme s’essouffle

Dans l’ombre déjà de l’été

À l’équinoxe de sa beauté

Du bleu au vert, du cyan au rose

Au ciel c’est la métamorphose

Le corps passe du chaud au froid

Lorsqu’il déserte son beffroi

De tour d’ivoire en voie lactée

Ta voix ne m’a jamais quittée.

De la nécessité à l’envie

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L’écriture peut être une nécessité. Un besoin comme celui de nourrir son corps, se vêtir, respirer. Cette écriture-là n’a rien de romanesque, elle n’a pas vocation à devenir un conte ni un roman, non plus pour objet de faire jolie, d’être musicale ou poétique. Elle s’invite pour cristalliser ce pan de notre être que nous pourrions perdre définitivement, si nous ne colmations pas les deux mondes qui viennent de se séparer, celui de l’avant et celui de l’après.

Et puis il y a eu ce glissement…

De la nécessité à l’envie…

Ce fut un fléchissement plus qu’une inclinaison, un enroulement en douceur vers quelque chose d’autre, pas forcément plus positif ou meilleur car non nécessaire, mais certainement plus gai, nouveau et non appréhendé. Une mise en place sans ordre émis par une volonté, de fait inconsciente, puisque ne faisant aucune vague à la surface, pareil au temps qui passe, et qui laisse sa griffe définitive, au coin des yeux, lentement, de manière si détournée que l’on n’a rien vu venir.

De l’envie à la création…

«  Le besoin de créer est dans l’âme comme le besoin de manger dans le corps. » Gaston Bachelard

C’est peut-être là toute la différence entre le besoin vital, mal dégrossi parce que nécessaire, et le choix d’une écriture choisie, réfléchie. Parfois cela donne de drôles de bébés. Accoucher de la vie à partir de rien n’est pas la même chose que mettre au monde dans un désir de création ; le premier est une urgence, un sauve-qui-peut et certainement une erreur de le formuler sous forme de poésie. Le rocher brut au pied de la falaise, usé par le ressac d’une mer agitée, érodé par le temps, ne deviendra jamais la pierre taillée en facettes qui captent la lumière.

Si on a la chance de passer de la nécessité à l’envie, on est presque sauvé. On peut regarder à nouveau hors et non être celui qui garde le regard tourné en dedans. Ouvrir toutes les fenêtres et les portes de la maison. Laisser le soleil en franchir le seuil. Il y a une feuille, un crayon, prêts à saisir quelques rayons pour aller vers une autre direction, une autre dimension.

De la création au plaisir…

Quand créer devient plaisir il n’y a plus d’obstacles, d’étapes, qui ne soient infranchissables.

Il arrive même que l’écriture réinvente son sujet à partir de sa propre cristallisation.