La poésie… partout où se tient en suspens l’indicible

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« La poésie, c’est tout ce qu’il y a d’intime dans tout. »
Victor Hugo

La poésie c’est cela
Un cœur invisible
Qui dans les mots palpite
Pour que la vie respire
Même en silence
Même dans l’absence
Dans les espaces
Entre les blancs
Au débord du soi
À la marge des sentiments
À la frange du saisissable
Partout où se tient en suspens
L’indicible.

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Dis-moi que ce n’est pas fini… Que la nuit appelle le jour

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Dis-moi que ce n’est pas fini
Que la nuit appelle le jour
Encore une fois le matin
Encore une fois une main
Chaude, douce, et bonne
À la sagesse d’une femme
Dans la moiteur d’une mise au monde.

Une seule fois le cri strident
Du nouveau-né qui s’époumone
Une seule fois la déchirure
De l’épaisseur du temps
Scindant le jour et la nuit.

Viennent les mots
Doux babillage
Puis la conscience d’être
Et celle d’avoir un jour à mourir
Que déjà les regrets se pressent
Au portillon du souvenir
La longue attente.

Tu peux écrire « Éternité »
À l’encre noire le mot « couleur »
Il importe !
L’illusion est parfaite
Ce que chacun y verra
Porte sa quête
Ou son secret.

Rêverie

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Cela fait bien longtemps mon âme n’attend plus
Ce bruissement de feuille, ce souffle suspendu
Cet accompagnement au seuil d’un autre monde
Cette aura libérée d’une âme vagabonde.

Combien elles étaient sœurs dans cet envoûtement
Chaque soir à même heure aspirant au moment
Où deux âmes enlacées dessous le firmament
Mêlent au doux éther ivresse et sentiments.

Pas besoin de la nuit pour déflorer le rêve
Chaque jour la marée dépose sur la grève
Son limon de regrets, de souvenirs vaincus
Et la vague épuisée de nos amours perdus.

Cela fait bien longtemps mon âme n’attend plus
Ce bruissement de feuille, ce souffle suspendu.

J’ai de la nuit au bord des yeux

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La nuit abandonne au matin
Sa fresque aux lueurs étranges
Dans un cocon à plumes d’anges
Blanchit de brume ses lointains

J’ai du mal à ouvrir les yeux

L’heure est au temps revisité
Plus d’espace à la viduité
Le jour dénoue tout doucement
De l’aube vierge les rubans
Comme le ferait un amant
À sa promise en tulle blanc

Pourquoi faut-il ouvrir les yeux ?

Avant que frémissent alentour
Tous les soleils, tous les amours
Que la mer dans tous ses états
Rêve aux falaises d’ Étretat
Les nuages aux vapeurs de rose
Attendent la métamorphose
Un dernier plongeon dans le bleu

J’ai de la nuit au bord des yeux.

Une douce mélodie

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Le son du violon ouvre sur la lumière
Les cordes sous mes doigts se sont mises à vibrer
La musique a jailli et ta voix familière
A cette mélodie s’est doucement mêlée.

Quel beau songe, mon fils, est venu m’habiter
Plus d’ombre sur mon cœur en cet instant de grâce
Le mémoire évanouie, délitée dans l’espace
Et l’amour qui remplit et prend toute la place.

Quand le ciel vient ainsi combler pour un instant
Du manque la béance en un rêve reliant
D’une douce harmonie deux âmes à l’unisson
Fini et infini pour unique maison.

Une nuit un violon a fait son ouverture
La musique en fusion colmate les blessures
Projette sur les âmes une pluie de mystères
Puis dans un vibrato fait danser la lumière.

Nos jambes étaient si légères et l’horizon si vaste…

 » Vous n’êtes pas une goutte dans l’océan. Vous êtes l’océan tout entier dans une goutte d’eau.  »
Djalâl Al-Dîn Rûmi

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Nous avons glissé sur la lumière, pris le vent et la pluie et parfois la vague sans jamais craindre un seul naufrage.
Nous avons pris le soleil, joué à cache-cache avec lui, sans l’ombre d’un doute pour nous servir de refuge.
Nos jambes étaient si légères, et l’horizon si vaste perdu entre conscience et inconscience. Notre voyage était notre innocence, cette sagesse d’enfance.

Ainsi nous partions pour l’aventure, poches pleines de précieux trésors : du bout de ficelle aux cailloux ramassés en chemin, en passant par la pomme indispensable à la survie. Et si cela ne suffisait pas, il y avait ces paris qui ne manquaient jamais de conjurer le sort : comme de courir assez vite pour arriver avant cette voiture bleue au prochain abribus, ou de dévaler cette pente à vélo en fermant les yeux tout en comptant jusqu’à dix.

La mort n’était pas à craindre, puisqu’elle ne pouvait nous atteindre, ou si peu, et de façon si lente et contournée que nous remettions nos chagrins.

Nous n’avons pas eu à choisir en être ou devenir, ce casse-tête devait venir plus tard, en même temps que nous quittait la paix de l’âme.

Liberté suprême d’être soi sans le poids que donne la conscience.

Frère et soeur

Jumeaux il n’aurait pas été certes plus fort
Ce lien qui vous unit toi et ta petite soeur
Quand elle parle de toi je te ressens si bien
Et se resserre encore un peu plus notre lien.

Vous avez partagé jours de joie, jours de peine
La vie vous a soudés pour le pire, le meilleur
Et la mort ne peut rien contre cet amour là
Frère et soeur pour toujours, ici et au-delà.

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L’instant est d’éternité

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Qu’importe le temps
L’instant est d’éternité
Tout pareil, garder tout pareil
Ne rien perdre
Qu’on puisse emporter avec soi
Souviens-toi du premier regard
De celui qui surplombe tous les regards
Qui ont suivi et se sont perdus
Faute d’émerveillement
Mille et une vies
Ne peuvent y suffire
L’éternité se joue de nous
À cloche-pied
Sur la marelle du temps.

Une douceur planait… mystérieuse aura

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C’était au mois de juin, au début de l’été
D’un délicieux parfum, le vent était chargé
Quelques fleurs au jardin se disputaient la place
Tendre rivalité de couleurs et de grâce.

À ces notes florales sentant bon l’air du temps
L’échappée sidérale d’un destin envoûtant
Une douceur planait… mystérieuse aura
De ces choses du ciel qu’on ne s’explique pas.

Un joli papillon s’est posé sur la main
De l’homme reconnu pour être un écrivain
Une lumière ocrée épuisait ses rayons
– Il est temps se dit-il de rentrer au salon !

Tout en tourbillonnant la petite âme ailée
Sur les cheveux de l’homme a posé un baiser
Avant de repartir au pays où là-bas
Les fleurs ont un parfum qui ne s’étiole pas.