Réécrire sans fin Les alexandrins Du roulis des jours #Poésie

Réécrire sans fin
Les alexandrins
Du roulis des jours

Sans même en comprendre
Césures et reprises

La pensée s’octroie
De panser le corps
Par l’effacement

Par la douce antienne
Son rythme inlassé
De glisser au bleu

Écoute et entends
Le refrain du temps
Au cœur du murmure

Le glas du sarment
Qui ne peut fleurir
Résonne au néant.


 » Que d’hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller.  » Friedrich Nietzsche

Que nous le voulions ou pas, que nous soyons dans la lumière ou pas, nous finissons tous par refléter quelque chose de notre âme.
 

 » Que d’hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller. « 

Friedrich Nietzsche

Ceux qui vivent dans l’ombre ne craignent pas la lumière du jour ; la tamisée par des jours et des jours où le temps égrène un quotidien sans mystères.

Ne ferme pas les paupières si tu ne peux les rouvrir sans avoir à cligner des yeux.

Serpentine est la lumière qui court dans le vert feuillage.
L’astre solaire dispense ses bontés sans calculs.

Pourquoi les hommes devraient décider qu’elle âme serait digne de la recevoir ?

Laissons la lumière pénétrer toute âme. Les neuves y baigneront telles de jeunes pousses assoiffées de croissance, les crépusculaires, par la contemplation, en capteront l’essence même du rayonnement.


Un pari pour demain

Je ne veux rien perdre de ce que je ne possède pas encore. Ceci est mon pari pour demain.

Anticiper un futur peut paraître utopique, tant les aléas sont nombreux et imprévisibles.
Si rien ne peut se projeter sans un premier exemple, les variantes produites par l’imagination sont exponentielles.

Tout prendre du réel et du rêve, tant il est impossible de choisir entre les deux ; en faire son château intérieur.

Car tout semble parfait à celui qui doit partir : le printemps fragile au cœur qui n’attend qu’à fleurir, l’été qui s’en suivra tout brûlant de désirs, l’automne et son humus recouvrant la blessure, et l’hiver qui nous presse à retenir l’enfance.

Je ne veux rien perdre de ce que je ne possède pas encore. Ceci est mon pari pour demain.

Croire en un avenir et que les saisons puissent encore me saisir.

Allons ! Marchons ! Écrivons ! Et parfois envolons-nous…

Faire, et en faisant se faire et n’être rien que ce qu’on fait. »
Jean-Paul Sartre

Allons ! Marchons ! Écrivons !

Et parfois envolons-nous !


Un premier pas : se projeter dans l’inconnu par l’image. Mots et idées surgiront de ce déplacement, comme viennent étrangement les pensées, sans l’aval de la réflexion lorsque les muscles sont en mouvement, lors de la marche par exemple. Le vagabondage de l’esprit a toujours fait des merveilles et pour passer d’une rêverie à une pensée élaborée, rien ne vaut une course tranquille à vélo, dans les chemins mille fois patrouillés, ou une marche nez en l’air dans ces mêmes chemins.

L’ordre ou le désordre des mots importera peu.Tellement moins que leur consistance, leur consonance. Le poète a mille fois raison qui se laisse imprégner par la musique d’un mot, sa beauté, son élégance.
L’intuition est alors bonne conseillère.
C’est le moment de s’en remettre à plus grand que soi, à ce qui nous dépasse. Sans objectif précis, le guide œuvre en catimini.

C’est le temps du lâcher-prise, il faudra encore abandonner la peur qui paralyse, le manque de confiance qui fait renoncer.

Tu auras tout le temps pour te relire…

Un rêve récurrent ou immersion dans un vécu oublié

« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant « 

Paul Verlaine

Surgit-il d’un passé débarrassé des liens qui l’entravaient, libéré de l’oubli, réinventé, nourri d’imaginaire par l’intermédiaire du sommeil ?

Un rêve récurrent…

Ma tristesse est profonde. J’entre dans la maison, maison que je connais pour l’avoir habitée dans un ailleurs, une autre existence peut-être.

Pour m’y rendre, je dois marcher longtemps, m’éloigner d’un village, prendre la route, le plus souvent traverser un bois. C’est loin, très loin, et le temps, s’il n’est pas franchement sombre, reste assez couvert, sans luminosité. La maison se trouve être en hauteur, très isolée, elle domine un terrain en partie en friche. La propriété n’est pas clôturée autrement que par des buissons, branchages entrelacés, feuillus et épineux que sont ces haies naturelles sculptées par le temps, le vent et les saisons, et par un changement de nature du sol à cause d’une pente naturelle.

Les pièces du rez-de-chaussée sont grandes, je ne m’y attarde pas, c’est l’escalier qui m’attire. Tout en montant les marches pèse sur moi cette décision, prise dans un moment de folie sans doute. Au premier palier, un œil-de-bœuf laisse passer un jour éteint. La vue plonge loin sur la vallée, presque jusqu’à la lisière du bois. Je devine ce que je ne peux voir pour avoir (je le sais) souvent regardé le paysage de cette fenêtre. Mon esprit vagabonde… rêverie à l’intérieur du rêve.

Si je suis si triste c’est que je viens de vendre cette maison, et que tout mon être repousse cette idée. Je regrette tellement… mais il est trop tard ! Impossible de revenir en arrière, d’ailleurs la maison est vide de tous ces meubles et objets qui donnent vie.

Ma maison, c’est ma maison, un peu de mon âme, et je l’ai vendue !

Je continue mon ascension, me retrouve au deuxième étage, sans avoir eu à m’arrêter au premier. C’est toujours dans la même pièce que le songe me conduit, à droite de l’escalier, dans cette petite chambre exigüe et sombre. Je sais que c’est ma chambre, ou plutôt qu’elle l’était. Il y règne une atmosphère particulière, indéfinissable. C’est comme un vêtement que vous endossez et qui vous sied parfaitement, qui semble avoir été confectionné pour vous ; il se trouve avoir été déposé dans votre garde-robe par une main inconnue.

Ce trouble, toujours le même, semble venir d’une présence invisible ou plutôt d’une réminiscence qui s’attacherait à la pièce. Serait-ce une partie de mon âme, exilée en ce lieu dans un temps ancien ? Son onde diffuse, pénètre les moindres recoins de mon corps comme pour y séjourner à nouveau.

Je saisis la crémone de la petite fenêtre qui ouvre sur le jardin, je sais là encore l’avoir fait très souvent. Avec la fraîcheur du dehors, pénètrent les odeurs et les bruits, mais aussi la douceur d’un lieu jadis habité de joie. Il court un parfum d’au-delà. Au-delà de la raison, du réel, de l’espace et du temps.

Un petit cabinet de toilette sépare cette chambre, que je sais mienne, d’une autre pièce, beaucoup plus grande.

Tout l’étage a cette pesanteur des lieux habités par les ombres. Je ne m’y sens pas particulièrement bien, mais c’est chez moi. Quelle étrange et inconfortable sensation que d’avoir abandonné le lieu d’où vous savez qu’une partie de vous, en un temps révolu, liée d’un attachement invisible et secret, ne pourra en dissoudre les liens. Comme un amour impossible qui erre, prisonnier à jamais de votre cœur.

Là se finit le rêve, dans cette chambre qui fut mienne. Je me réveille sans avoir résolu l’énigme. Aucune clef, aucun indice à ce jour, juste la sensation d’avoir traversé le temps.


Mystérieuse joie

 » Et si vous allez quêter la joie, faites d’abord provision de joie. Remerciez avant d’avoir  reçu. « 
Alain.  » Propos sur le bonheur »

« J’ai décidé d’être heureux, parce que c’est bon pour la santé »
Voltaire

Plus proche de moi, maman disait :
« Joie et bonne humeur ferment la porte au nez du docteur. »

Et aussi :  » Rien ne me touche, rien ne me blesse, rien ne me désespère « 

Maman était une philosophe qui s’ignorait.

Les plus belles joies sont celles que l’on n’attend pas, qui s’emparent et élargissent un quotidien.
Ce sont les imprévisibles, les inconnues.
Celles qui font voyager sans avoir à quitter sa place.

Au piano

L’envol
Impromptu
Improbable
Musique et éther
Même fluidité
Vibrations portées
Hors du temps
Au plus haut
Le toucher se joue des obstacles
Les doigts ne pensent plus les notes
La grâce
Par le corps effacé
Âme et musique
Face à face.



















Un entre-deux

Écrire ne me rapproche pas de toi
Écrire ne m’éloigne pas de toi.
L’écriture n’est pas une distance.

Un entre-deux
Un pont qui relie deux mondes
Celui de l’avant et de l’après
Sans les combler
Ou les réparer
L’écriture
N’a pas raison de nos fêlures.

Que lui importe alors de ne pas être romanesque ou musicale, ou poétique. Elle est ! Et c’est même cela son essentiel, « être ». Cristalliser ce qui serait perdu, enfoui, transformé peut-être… si exhumé ?

L’écriture est une composition du moi au moi.

Écrire
Pour oublier ses peurs
Et les ombres qui s’éternisent
Pour sur la marelle des mots
Gagner son soleil.

Tu me diras : « Maman regarde !  » et moi, je ne verrai que toi.

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Toujours le même élan au cœur. L’amour continue sa révolution sans dévier de son axe, et son mouvement est intemporel.

Tu me diras :  » Maman, regarde ! je peux faire

Un coucher de soleil rougeoyant sur la mer

Ou bien un arc-en-ciel. Rapprocher quand il pleut

Sous une porte cochère un couple d’amoureux.

C’est alors que d’un coup j’oublierai mes misères

Je me ressoucerai comme feu à la terre

Comme poumon à l’air, comme l’aimant au fer

Comme sel à la mer et l ‘enfant à sa mère.

Entre la non-présence et l’absence

Entre la non-présence
Et l’absence
Un fossé
Que rien ne peut combler
Ni les terrassiers du temps
Avec leurs pelletées de souvenirs
Ni les vents malicieux
Aux semaisons sauvages.

Graines de mots
Éparpillées
Chemin faisant
Sur des pages
D’écritures
En jachère.

S’envole
En variations
Légères
Sur la portée
De l’intemporel

Mon insaisissable

Unique
Est la fragrance
Échappée
Du pétale
Laissant une trace
Sans pouvoir réintégrer
Le cœur de la fleur.