L’adieu est dans l’exil…

 

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« Quel temps à mon exil, quel lieu prescrivez-vous ? »

Racine

Pas plus que la vie, la mort ne s’affranchit de l’éphémère. Est-ce longue insomnie ou rêve lucide que cet avenir confisqué en attente d’un éternel retour.

L’au revoir appelle au retour quand l’adieu tient de l’exil.

À l’aube ils prennent leur envol, oiseaux migrants vers d’autres contrées. Des deux côtés de l’aube, la même attente dans un clair-obscur aux limites de l’espace et du temps. Un cri fend l’air, un enfant vient de naître à la vie, en même temps que ses poumons se remplissent, le temps reprend son écoulement. Des milliers de visages, un seul regard, l’éternité pèse de tout son poids dans l’instant.

Vibrations invisibles

Portées par tant de voix

Qui nous parlent d’un monde

Que nous ne savons pas.

 

Notre royaume est fait

De baumes et d’ivresses

De douleurs et de joies

Sur des chairs éphémères.

 

Ondes universelles

Briques de l’infini

Qui caressez nos vies

Comme pluie sur du verre.

 

Mon souffle, mon apnée

Pour quelle destinée

Mon esprit est coiffé

Que mon corps ne sait pas.

 

 

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Le temps de l’Avent

Jours se décomptent jours de l’Avent

En toi le plus beau des présents

Ta main sur ton ventre caresse

La miraculeuse promesse.

 

Echange d’amour et d’abandon

En ta matrice parfaite union

Marie porte sans le savoir

D’un nouveau monde les espoirs.

 

Jours ôtés au calendrier

Personne pour te l’arracher

Il est à toi ce petit homme

Celui qui doit sauver les hommes.

 

Garde-le bien en son abri

Ton tout petit jolie Marie

Jours se décomptent jours de l’Avent

Avant les peines et les tourments.

 

A toi Marie il suffisait

D’un joli enfant à aimer

Quand tu le berces dedans ton corps

Tu tiens déjà tous les trésors.

 

Future maman jolie Marie

De ces temps qui te sont bénis

En cet Avent l’Amour vainqueur

Déjà présent en votre cœur.

 

Jours se décomptent jours de l’Avent

Ton corps t’annonce l’Avènement

Encore un peu de temps Marie

Pour toi, toi seule, ton tout petit.

 

La vague de l’éphémère répand sa blanche écume

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La vague de l’éphémère

Répand sa blanche écume

Sur mon âme endormie

 

Une ombre au loin s’embrume

En recherche de lune

Dans le matin qui fuit

 

Les mots sans leur mystère

Aux rêves ensevelis

Sont des corps au tombeau

 

Les heures sans mémoire

Sous la poussée du vent

Rejoignent le néant

 

Aux ailes rabattues

Le ciel reste couvert

Sans percées de désir

 

Dans une onde de joie

Une lueur résiste

Aux brumes de l’ennui

 

Un cri, une musique

Un plume s’invite

Sur la page du temps.

 

Écrire sur la perte, oser l’écriture, s’abandonner un peu, simplement cela.

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« Est-ce cela le bonheur ? Avoir quelqu’un à perdre ? »

Stéphane Guibourgé.

Après avoir lu un texte, mis par Anna sur son blog, et qui m’a bouleversée…

« Cet air de rien » Anna Urli-Vernenghi

Écrire sur la perte, oser l’écriture, s’abandonner un peu, simplement cela.

Celui qui se pose la question s’il est heureux a encore du bonheur en réserve.

Il ne suffit pas de s’attacher au dos un écriteau sur lequel serait écrit : ne pas secouer. On est si fragile que la secousse peut venir d’une simple brise, d’un courant d’air, d’une musique, d’un sourire, d’une joie même. Ah ! la joie, c’est peut-être d’elle que vient la plus forte secousse.

L’amour pour se perdre, l’amour pour se retrouver. L’amour pour se noyer, pour respirer. Être en apnée dans ce nouveau souffle… Les plages ne sont jamais longtemps désertées par la mer. Plus la vague s’est retirée loin et plus elle revient vigoureuse de ces éléments qui constituent la vie.

Tout était si simple…avant, quand l’insouciance était de mise. L’insouciance est à la jeunesse ce que la plénitude est à l’amour. Si l’on pouvait garder les deux… mais que nenni. À la minute où cet amour franchit les portes du cœur, l’insouciance quitte l’esprit.

Quelque chose de moi devait savoir. Il y a une préscience que l’on ne peut définir, mais qui se caractérise par l’angoisse de la perte. Je l’ai eue dès le début, je ne sais pas avoir vécu sans à ton sujet.

Alors oui, certainement, avoir quelqu’un à perdre touche à l’essence même du bonheur.

Neuf mois dans l’ignorance de l’eau, des oiseaux, des étoiles, et puis la vie comme un printemps.

Justement ta naissance était un jour de printemps…

La peur n’évite pas le danger…

Il y a eu les années bonheur. On était si fort, tu étais si fort.

Il y a eu la nuit…

Et puis il y eu cette lumière… On ne peut la décrire avec des mots, on ne peut la reproduire avec des couleurs. Aucune plume, aucun pinceau, pour en exprimer l’éclat. Parce qu’elle est indéfinissable à nos yeux d’humain, elle ne peut s’expliquer, ni se reproduire ici-bas. Elle contient la connaissance et la connaissance se contient en elle. Par sa grâce, plus de peurs, plus d’inquiétudes. Son éclat brille sans aveugler. Peut-être de ce que nous en connaissons, l’amour serait ce qui s’en approche le plus. Mais en plus complet, dans une fusion totale entre les deux parties. Imaginez une lumière qui diffuserait de l’amour. Il m’a fallu traverser l’obscur et te rejoindre pour la rencontrer.

L’écriture comme chemin

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« C’est malheureux de s’égarer. Mais il y a pire que de perdre son chemin : c’est de perdre sa raison d’avancer. »

Nathan Scott

« Celui qui possède un pourquoi qui le fait vivre peut supporter tous les comment. »

Friedrich Nietzsche

Les crépuscules sont remplis de gens égarés, au pourquoi perdu, en recherche d’éclairage devant la nuit noire à venir. Dernières étincelles d’un feu qui s’éteint.

C’est dans ce questionnement avec ses doutes qui l’accompagnent que se cache le sens de la vie, la question n’est pas le but mais le chemin. La réponse vient plus facilement au marcheur.

Ce que nous évoquons prend corps, de façon plus ou moins précise, l’idée est née. Les mots sont des images, les images des couleurs et des sons, reste à en capturer l’essence. L’écriture est ce travail, cette mise en marche, qui donne sens à la forme que nous voudrions transmettre.

La main tient le crayon. La page est vierge et blanche. On se jette à l’eau, on fait de grosses vagues qui éclaboussent l’immaculé ou on avance timidement avec des silences plein les mots.

Qui décide en définitive : de l’esprit, de la main, du crayon, ou de la page ? Peut-être tous à la fois, dans un consensus non arbitraire.

Les mots finissent par venir. La main se décrispe, le crayon ne voyage plus dans un va-et-vient entre les lèvres et la feuille. Les lettres s’enroulent, les mots s’attachent, se délient, forment des phrases. Un sens se profile, une espérance, celle de trouver le mot juste qui ne trahira pas la pensée. Les mots prennent leur indépendance. Qui dicte à la main, du récit ou de la pensée ? Les choses ont leur propre sens, il faut accepter qu’elles nous habitent, qu’elles changent le cours de l’histoire. Le chemin passe aussi par les choses autant que par les êtres.

Penser ce que l’on écrit n’est pas gage d’écrire ce que l’on pense. Le sens nous vient aussi de ce que nous ne maîtrisons pas, mais qui a la chance d’exister.

Quand on écrit on redevient un peu un enfant devant sa copie, celui qui de sa chambre doit dépouiller ses fantômes quand il est seul devant la nuit à venir.

Finalement, on écrit pour donner du sens à sa vie quand on n’a plus assez de temps devant soi pour se taire, encore moins pour être deviné.

 

 

 

Au fil de l’écriture

Au fil de l’invisible, l’écriture tisse le lien.  Au-delà des mots, il y a des silences. Ceux de ces pages restées, par pudeur ou oubli ou encore manque de temps, non écrites, inachevées.

Je relis mes cahiers et vois mon écriture…

Changer au fil des mois plus la même nature

Quand les lettres sursautent, se tordent, puis expirent

Se couchent sur la feuille avant que d’y mourir.

 

Quand la révolte gronde et que le cœur tressaille

Face à tant d’injustices l’écriture bataille

Se plie tantôt à gauche évoquant le passé

Tremblante passe à droite espérant avancer.

 

La main veut s’appliquer, mais le cœur et la tête

Sont tout déboussolés de notre tête-à-tête

Court-circuit du cerveau et de ses hémisphères

Recherche l’harmonie pour cela comment faire.

 

Se redresse soudain droite comme justice

Espérant que la main arrête ce supplice

Cerveau droit cerveau gauche c’est la compétition

Demande simplement à garder la raison.

 

En écrivant ton nom quand ma main tremblera

C’est bien la signature que rien ne s’oubliera

Et à aucun moment ces sursauts de tristesse

Ne seront confondus à ceux de la vieillesse.

 

Deux dates sur une pierre

La mélodie du vent

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Ce jour, j’ai entendu la mélodie du vent

Je le croyais auteur il n’était qu’instrument

Mélodie déposée au creux de mon oreille

Arrivait c’est certain du pays des Merveilles.

 

J’étais à me laisser porter par le courant…

Du flot de mon chagrin devant ta sépulture

Mon âme mise à nue sans fard et sans armure…

Scrutait le marbre lisse et le poids du néant.

 

La froidure du temps paralysait mon corps

À lever le regard je devais faire effort

C’est alors que le son me parvint aux oreilles

La symphonie du vent me parlait ton éveil.

 

Je le croyais auteur il n’était qu’instrument

Impossible à saisir sortait-il du levant ?

C’est un souffle de vie guidé par une main

Que ce souffle divin sur ta tombe au matin.

 

À la frange du crépuscule

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À la frange du crépuscule

Aux nues brunies sous les embruns

Quand le vent court dans les grands pins

Et que les cimes se déciment

Au firmament qui se dessine

On perçoit dans un va-et-vient

Un chant qui monte du lointain

Quand lasse la mer se retire

Et que la grève nue s’étire

Laissant la vague à son chagrin

Et au jour bleui qui recule.

 

« Ce qui nous sauve, ce sont les ruines de nos antiques confiances » Christian Bobin

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Quand la vie chahute nos certitudes, nos fondements, nos valeurs, quand la peur fait de l’ombre à notre hardiesse, il reste un petit coin du cœur, un refuge intérieur, une grâce de l’enfance qui perdure et protège le socle même de la vie.

Certains au fil des ans ont construit des murs si hauts, si épais, si sombres, qu’ils n’ont plus accès à la cachette où se trouve leur cœur enfant, celui qui recèle la confiance innée des premières années de vie. La clef se trouve pourtant être le plus souvent à l’intérieur des failles de leur propre construction. Ils cherchent avec leur intelligence à retrouver ce qu’ils ont perdu pour l’avoir, de fait, emmuré.

D’autres ont laissé libre cours à leur intuition, ce vent de l’esprit dont le souffle peut aussi bien soulever que rabattre. Le puzzle de nos vies est fait de labyrinthes et nous n’avons pas tous le don des énigmes. L’intuition n’est pas la confiance, mais parfois elle s’en fait la gardienne.

Qui n’a pas ressenti de la confiance pour une personne qui à priori n’a rien fait pour la justifier. Cette confiance là n’est pas du ressort du raisonnement ou de l’intelligence, mais de l’intuition et du ressenti. Le cœur a sa propre intelligence dont nous ne soupçonnons pas toujours la portée sur notre vie et celle des autres. Ce qui nous sauve est déjà à l’intérieur de nous.