Je vous ressens si bien

Je vous ressens si bien se peut-il que mes sens

De votre âme aient volé toute la quintessence ?

Le rêve inachevé porte en lui l’infini

Et vous êtes le soir et l’aube de ma vie

Ainsi en ce moment vous seriez près de moi

Que le ciel ne pourrait me donner plus de joie

Je rêve de matins tout frissonnants de fièvre

Sertis de fous baisers dont vous seriez l’orfèvre

On ne peut négocier au ciel l’inexprimable

L’indicible se mire aux vasques bleues des âmes

Aux ailes des moulins précieux est le vent

Tel le rêve à la vie son souffle tout autant

Comme une vague pleine attendue sur la grève

Comme la fleur saisie par la poussée de sève

Je vous ressens si bien se peut-il que mes sens

De votre âme aient volé toute la quintessence ?

Vérone et Salamanque

La maison est fermée plus aucun bruit autour

Quand la joie éclipsée combien le souffle est court

Telle une ombre en apnée dans l’attente du jour

Le jardin orphelin ne reçoit plus l’amour.

 

 

Grande est la solitude à celui qui se meurt

De ne savoir aimer dans sa propre demeure

Nos désirs confondus au creuset de nos manques

Amour et passion Vérone et Salamanque.

Demain

Le temps s’écoulera sans le poids des années

Et toutes les saisons auront un goût d’été

Je lirai votre prose et vous direz mes vers

Nous vivrons au pays de Proust et de Flaubert.

La joie, sève du cœur, coulera dans nos veines

Nos corps seront plus forts, nos têtes plus sereines

De nouvelles douceurs inconnues à nos lèvres

Un miel aux mille fleurs pour apaiser nos fièvres.

À nos jardins secrets aux communes fragrances

Ces parfums émanés de mêmes espérances

À nos demains rêvés, nos aujourd’huis vécus

Paradis retrouvés d’une enfance perdue.

Nos pas soulèveront autres réminiscences

Ces impressions vécues qui fleurent à la conscience

Les gens diront de nous devant cette harmonie

– Ces âmes ont dû s’aimer, ailleurs, dans d’autres vies !

Un jour ailleurs

Si mes plus jolis vers sont pour vous à venir
C’est qu’au fond de mon cœur je les garde à dormir
Jamais cœur ne fut plein d’un tel engorgement
Ressemblant à la mer soudain grossie de vent.


Mon rêve de la nuit s’est perdu jusqu’au bord…
Du jour, là où fleurit une herbe frisée d’or
J’ai voulu le garder comme on garde un secret
Morphée m’en a ôté et la porte et la clef.


Contrarié l’amour en perd jusqu’au repos
Il erre triste, seul, aux rives du bardo
Entendez-vous la plainte, elle arrive alanguie
Faisant vibrer l’archet de la mélancolie.


Si mes plus jolis vers sont pour vous à venir
C’est qu’au fond de mon cœur je les garde à dormir
Peut-être un jour, ailleurs, dans votre paradis
Je vous dirais les vers que je n’ai jamais dits.

Sous la voûte du ciel

« Je ne crois ni à ce que je touche, ni à ce que je vois, je ne crois qu’à ce que je ne vois pas et uniquement à ce que je suis » 

J. Tharaud


Quand l’attente est latente
Au cadran de nos jours
De combien de neuvaines
Dans ce désoeuvrement
Et ce parfum d’encens
Qui court sur les lèvres
Embrasées des amants

Un souffle sibyllin
Se confronte au réel
Tout chargé de divin
Sous la voûte du ciel.

Un arrêt près du banc

L’estran est déserté

De ses amours de sable

Figé dans l’ineffable

L’esprit est vagabond

Il erre hors la saison

Les voyez-vous passer

Ces âmes du passé

Ces frêles libellules

Bleuies de crépuscules

L’espace d’un instant

Un arrêt près du banc

Avant que l’océan

Et le ciel ne se fondent

Au seuil d’un nouveau monde

Le cœur est à l’étale

Tangente d’horizon

Sur la nuit qui s’étale

L’été a ses passions

L’automne ses raisons

Sont les amours d’été

Et l’estran déserté.

Un petit bout de mon roman en guise de test

À présent la chaleur de la journée paraissait flotter dans l’invisible. Marie ne faisait plus qu’un avec tout ce qui constituait son environnement. Un fil conducteur la reliait avec les êtres et les choses. Il y avait bien les fleurs et puis les arbres, ses grands amis, mais aussi jusqu’à l’herbe qu’elle sentait délicieusement fraîche sous ses pieds nus.

Un léger frisson caressa sa peau, comme une réminiscence des choses aimées et peu à peu oubliées.

Le temps était bien suspendu, elle aurait aimé l’instant éternel.

Marie bougea à peine quand la lune éclaira son visage. Les fleurs reprenaient souffle tandis que le sien s’évanouissait vers un ailleurs au commencement sans fin. Martin trouva sa femme comme assoupie, il distinguait dans le noir le petit visage pale et quand il prit entre ses mains les doigts fins, déjà presque transparents, ils avaient le froid et la couleur du marbre.

Marie n’était plus là aujourd’hui. Les rosiers et chèvrefeuilles, mais aussi les fleurs, vivaces et annuelles, dont elle aimait particulièrement s’occuper, en étaient le rappel constant à Martin. Avant était devenu un autre monde, inaccessible, insaisissable, étranger.

Autour de la sagesse

🎨 Ernst Ferdinand Oehme

« La sagesse commence dans l’émerveillement « 
Socrate

« La passion doit être régulée par la raison. »
Edgar Morin

Lucie mis sa main dans celle de la sagesse. Elle l’y glissa doucement avec la confiance d’une main d’enfant pour celle de sa mère.
Un premier pas.
Retrouver la paix de l’esprit avant que ne vienne celle du corps.
La sagesse n’a de valeur que par sa confrontation au réel.

La sagesse lui dit : — Tu ne pourras m’obtenir sans l’expérience, il te faudra d’abord passer par l’épreuve, connaître tes désirs et tes limites. Je n’aurais aucune valeur sans la tentation, sans la confrontation aux forces contraires. C’est ce qui me différencie de la douce insouciance de l’enfance.
Tu dois accepter de te confronter à tes désirs, à tes peurs, afin de les dépasser.
Passé l’âge de la tendre enfance, tu as reçu à tes sept ans la raison pour arbitrer durant ta vie tes comportements. C’est par elle que ton esprit discerne le bien du mal, que tu es apte à juger de tes actes et de leurs conséquences sur ta vie.
Ton itinéraire n’est pas tracé d’avance. Tu resteras souvent en arrêt devant deux chemins à prendre. Tu seras confrontée au libre arbitre et moi je serai juste en filigrane de ta décision.
Ta peau sera soumise à la morsure du soleil, au frisson de son ombre.
Tu auras chaud, tu auras froid ; la vie n’est jamais tiède.

Il te faudra avancer. N’oublie pas : ce ne sont pas les pierres du chemin qui entravent ta marche, mais le caillou que tu mets toi-même dans ta chaussure.
La sagesse n’est pas la digue qui brise la vague avant qu’elle ne déferle ;
la sagesse est la mer même, suffisamment calme pour ne pas venir heurter la digue.