Ni amertume ni regrets

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Ni amertume ni regrets

La poésie serait blessée

Si tendre en son âme est la chair

Que la blessure mortifère

À jamais encrée dans les mots

Y laisserait un goût de fer

Il faut à la sève garder

Des hespérides la beauté

Et ce parfum  de liberté

Qui ne peut être monnayé.

 

 

http://editionsduchameau.free.fr/souscriptions.html#silence

 

Entendez-vous cette rumeur

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Entendez-vous cette rumeur

Un éphémère ce matin

S’est éloigné de son bassin

Pour se poser à fleur de cœur.

 

De son espèce il est mémoire

Une journée pour une vie

Blanchies ses ailes sont miroirs

Où se reflète l’infini.

 

Avant que le pâle soleil

Perce la campagne endormie

Et pose de l’or, du vermeil

Sur la robe de Virginie.

 

Il est venu à fleur de cœur

Déposer sa mélancolie

Au jupon bleu de sa consœur

De l’éphémère Virginie.

 

Tel un berceau il fit son lit

Au matin du seuil de sa nuit

En compagnie de la jolie

À fleur de cœur se sont unis.

 

La sagesse de l’ange

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Seulement s’il le veut m’a répondu le ciel

Le choix doit être libre il n’est de bon conseil

Qu’à celui qui est prêt à tendre son oreille

Notre rôle n’est pas de répondre à tes souhaits

Mais d’être à tes côtés pour te faire évoluer

Si nous sommes avec toi tu portes tes valises

Les contours restent flous aux âmes indécises

L’amour n’a d’autre loi que d’en avoir aucune

Les assauts de la mer, le calme des lagunes

Quand tu offres ton cœur n’attends pas qu’il revienne

Car il perdrait sa joie à trop la vouloir tienne.

Un ciel Stendhalien

« S’il fait beau durant la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 novembre, habillez-vous chaudement et sortez sous le ciel le plus sombre possible en vous éloignant des lumières artificielles. Pendant moins d’une heure, centrée sur 4 h 50 min (temps universel), soit 5 h 50 min en France métropolitaine, des dizaines, voire des centaines d’étoiles filantes pourraient rayonner autour de la constellation de la Licorne, non loin de l’étoile Procyon du Petit Chien, c’est-à-dire au-dessus de l’horizon sud-ouest en Europe, près du zénith aux Antilles et à l’est du ciel en Amérique. »

Guillaume Cannat

 

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Photo : Ciel Stendhalien

Marie scrutait le ciel. Qui n’a pas rêvé en regardant un ciel étoilé à ce rapprochement entre l’immense et l’infime de sa propre vie ?

Puis se dire que ses parents, grands-parents, et tous les aïeux dont elle descendait avaient vu le même ciel, avaient eu certainement ce même questionnement et ce sentiment d’humilité face à cet émerveillement.

Tandis qu’ici-bas tout se bousculait, le temps là-haut prenait son temps. Environ dix milliards d’années, pour une étoile ayant la masse du soleil, avant qu’elle ne s’effondre sur elle-même ou explose telle une supernova. Trois mille étoiles observables à l’œil nu. Vertige. Et ce décalage vers le rouge dû à l’expansion de l’univers, ces trous noirs, cette énergie noire découverte récemment… Marie se dit que le ciel était très Stendhalien.

Partout cette dualité entre énergie et mort. L’ordre dans le désordre. Commencement et fin intimement imbriqués, enlacés. Les lois de l’astrophysique étrangement proches de celles qui régissent les êtres vivants. Impossible de ne pas faire ce rapprochement.

Erreurs spontanées ou causes identifiables, les étoiles peuvent-elles échapper à leur destin ? Sont-elles programmées, elles aussi, pour naître et mourir ?

Marie remonta sur ses épaules le chandail qui venait d’en glisser, d’ailleurs il était temps de se mettre à l’abri du froid.

Elle se sentait fragile et forte en même temps ; fragile de cette vie qui lui échappait, forte d’être là, descendante d’une sélection naturelle ( ce qui n’est pas rien), forte que sa mort participera à ce continuum.

Et si la mort n’était qu’un retour à cette expansion continue et sans fin… la vie une erreur de parcours (telle une cellule qui s’échappe et devient autonome, pour en revenir au corps humain).

Josette Hersent.

Les vers du poète

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La nuit chuchote au jour quelques vers du poète

Endormi pour toujours dessous la gloriette

Plus rien ne chante ou danse en dehors cet écho

Transporté par le vent ou l’aile de l’oiseau.

 

Les arbres sous l’effet de la métamorphose

Recouvrent de bleu cyan les mauves et les roses

Avant que de glisser leurs branches alanguies

Dans l’onde aux doux reflets où dort la poésie.

 

Me souviendrai-je alors dans ce décor ouaté

Du matin, de son chant, de sa douce clarté

L’amour épelle au ciel ses lettres de noblesse

Et combien de regrets ici-bas je vous laisse.


 

Mais où s’en va mourir l’amour ?

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La nuit ne serait plus la nuit

Sans alternance avec le jour

Mais où s’en va mourir l’amour

Privé de soleil et de pluie ?

 

Rejoindre l’indicible amour

Qui engendre tous les amours

Ce que l’infini a touché

Ne peut être désenchanté.

 
Aucun humain pour le ravir

Le remède au mal serait pire

Plus rien ne pourra l’abîmer

Au ciel son amour prisonnier.

 
Il n’a pas retenu sa main

Alors elle a pris son envol

Dans la brume de son chagrin

Un oiseau aux ailes brisées

Sans un cri a frappé le sol.

Dans le tableau en couleurs

Elle se tenait là

En léger retrait

Déjà invisible

À l’œil incertain

Je la regardais

Imbibée de nuit

Ombrée de silence

Campée d’innocence

Dans la non-conscience

De son corps défait

Les autres appréciaient

Heureux d’être là

La douceur du temps

Ou bien simplement

D’être encore vivants

Et ce tableau gai

Mouvant de couleurs

Donnait à cette âme

Une aura étrange

Et désincarnée

Je la regardais

Et me rapprochant

Du tableau troublant

Je vis ce regard

Qui était le mien.

 

 

Quelques haïkus

La voix du poète

au crépuscule d’un monde

la lueur perdue

 

La vie devant soi

nous ne faisons que courir

pour la rattraper

 

Oh ! Mélancolie

bleui l’automne recouvre

le ciel des saisons

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Tout au long du jour

dispenser un peu du bleu

volé à la nuit

 

Le monde a perdu

la confiance si chère

à ses indignés

 

Regard spirituel

le plus beau ciel qu’il y a

c’est celui qui s’ouvre

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Le calme des cimes

face au brouhaha d’un monde

instruit par les hommes

 

S’ils fabulent un peu

les mots ne mentent jamais

sont plus grands que nous

 

L’éternité coule

dans le silence des hommes

vers l’inachevé

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Puisqu’il faut silence

retenons de nos paroles

jusqu’à leur écho

 

Vivons notre automne

équinoxe flamboyant

entre jour et nuit

 

Il faut composer

le destin trace un chemin

avec le hasard

 

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De combien de lunes

brunies dans sa chevelure

le vieil if témoin

 

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