Haïku

Portes et fenêtres

Au château du souvenir

Claquent en silence.

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Le piano.

Le piano 003

Il avait dormi si longtemps
Dans un petit appartement
Entre buffet et canapé
Le clavier toujours fermé.

Il est des morts dont on tait tout
Le couvercle est bien mis partout
Pas seulement sur le cercueil
Dans le tenir et dans l’orgueil.

Petit frère ce sont tes doigts
Qui ont dû la dernière fois…
Jouer sonate, jouer gavotte
Faire vibrer, chanter les notes.

Dans un petit appartement
Un piano disait l’absence
Un taiseux nous contait l’enfance
Les souvenirs d’une maman.

Entre souvenirs et trous noirs.

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Entre souvenirs et trous noirs
Un jour s’épuisent nos mémoires
On ne peut pas gommer sa vie
La réécrire à l’infini.

Je prends, je laisse, je délaisse
Il faut ignorer ce qui blesse
Du temps cloisonner les couloirs
Se dédouaner de son histoire.

Les sentiments dans le silence
Affleurent, effleurent la conscience
Dans une sourde progression
Creusent en nos âmes leurs sillons.
Un pansement aléatoire
Dans cet oubli très provisoire
Un baume posé sur ces peurs
Qui font des fêlures à nos cœurs.

Je fais le voyage à l’envers
Remonte aux sources des rivières
Aux méandres de la mémoire…
Tous les reflets, tous les miroirs.

Ton âme est devenue plus légère que le vent

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Ton âme est devenue plus légère que le vent
Quatre ans de vie terrestre, aujourd’hui, maintenant
De ce corps affligé d’un trop lourd vêtement
Au sortir de la nuit…Tu as pris le levant.

Ton âme est devenue plus légère que le vent
Mystérieuse, impalpable, tour à tour se glissant…
Dans une mélodie, le sourire de l’enfant
Au sortir de la nuit…Tu as pris le levant.

Ton âme est devenue plus légère que le vent
Dans la plume aérienne à mes pieds déposée
Dans le chant des violons…Adagio sublimé…
Au sortir de la nuit…Tu as pris le levant.

Quand au drapé du ciel, aux frais nuages blancs…
Tu façonnes tes ailes, papillon transparent…
Ton ombre sur la terre devient douce lumière
Qui perce le néant, la nuit et ses mystères.

Ton âme est devenue plus légère que le vent
Elle a pris son envol, son cri et son élan…
Me revient par ta voix…ton regard bienveillant
Au sortir de la nuit…Tu as pris le levant.

Un étang quelque part…

De l’étang montait un brouillard
Aucun soleil pour le percer
Et les grands arbres étêtés
Dans ce deuil voilaient leurs regards.

Le temps soudain comme arrêté
Tout attendait…le teint blafard
On ne sait plus s’il se fait tard
Ou si le jour vient de pointer.

Ni si le rose nénuphar
S’ouvre tout pleurant de rosée
Ou bien si la nymphe prépare
Son jupon vert à reposer.

L’homme a descendu la vallée
Il en connaît tous les détails
Chaque caillou et chaque faille
Chaque massif, chaque fourré.

Un écriteau perdu plus bas
D’un mauvais bois tendait son bras
Quelques trompettes sous le pas
Chantaient à l’étang le trépas.

Le sous-bois semblait le témoin
Discret du chagrin de l’humain
Pour l’avoir entendu souvent
Pleurer dans le vent son tourment.

De l’étang montait un brouillard
Aucun soleil pour le percer
Et les grands arbres étêtés
Dans ce deuil voilaient leurs regards.

La nuit ne serait plus la nuit…

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La nuit ne serait plus la nuit
Sans alternance avec le jour
Mais où s’en va mourir l’amour
Privé de soleil et de pluie?

Rejoindre l’indicible amour
Qui engendre tous les amours
Ce que l’infini a touché
Ne peut être désenchanté.

Aucun humain pour le ravir
Le remède au mal serait pire
Plus rien ne pourra l’abîmer
Au ciel son amour prisonnier

Il n’a pas retenu sa main
Alors elle a pris son envol
Dans la brume de son chagrin
Un oiseau aux ailes brisées
Sans un cri a frappé le sol.