Lecture…un après-midi d’été. Suite

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… La surface de l’eau moirée de soleil, ses remous, finirent par l’hypnotiser et, cotonneuse, elle laissa errer sa pensée ; une de ces fugitives, qui ne vient à l’esprit que dans la transe d’un demi-sommeil.

– Quel jour de la semaine tomberait son dernier matin; quel serait le dernier livre qu’elle tiendrait entre ses mains; du sucré, du salé ou de l’amer, quelle ultime saveur à sa bouche?

Un oiseau venu se poser à quelques centimètres de sa serviette la sortit de sa rêverie. Elle en admira les couleurs sans plus bouger autre que le regard de peur que l’oiseau ne s’envole, mais celui-ci échappa aux yeux bleus dans un battement d’ailes à peine perceptible.

Cet interlude lui fit perdre le fil de sa pensée.

Il y avait tant à voir, elle aurait aimé fixer le moment, en faire un tableau.

à suivre…

 

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Lecture…un après-midi d’été (suite)

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… Les aoûtiens préféraient les plages bondées à cet endroit paisible, ce point d’eau entouré de verdure. D’ailleurs, dès le quinze août, même les plus irréductibles étaient contraints de rentrer. Elle croisa une famille qui, semblait-il, était à la recherche de noisettes, puis plus bas, hâtant le pas, un couple d’amoureux se croyant seul au monde.

 Elle repéra un arbre qui ferait une assise idéale à l’ombre de ses branches. Leurs reflets, dans cette eau presque tranquille, suggéraient quelques carpes ou brochets à flans brillants, se laissant dériver dans un léger courant. La surface de l’eau moirée de soleil, ses remous, finirent par l’hypnotiser et, cotonneuse, elle laissa errer sa pensée ; une de ces fugitives, qui ne vient à l’esprit que dans la transe d’un demi-sommeil.

…à suivre

 

Joie !

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Ma joie s’émancipait jusqu’à se déplacer

De mon imaginaire en pays étranger

Je suppliais la joie…voulais la retenir !

En tournant les talons elle éclata de rire.

 

La joie qui aspirait à voir autre horizon

Quitta sans préavis mon cœur et ma maison

Dans un feu d’artifice allant vers d’autres âmes

Me laissant dépourvue sans l’aura de sa flamme.

 

Je cherchais le bonheur à défaut de la joie

Fausse route m’a dit une petite voix

Sans la joie le bonheur ne peut être parfait

Ces deux -là vont ensemble intimement liés.

 

Le plaisir m’a dit: viens! je vais te consoler

Je ne trahirai pas le nom qu’on m’a donné

Je suis un substitut, un plagiat, un vautour

Tu oublieras la joie, sa promesse d’amour.

 

La morale de l’histoire:

 

Pas de cage à l’oiseau, son vol est sa beauté

Sa raison d’exister tient dans sa liberté

Pas de joie qui ne soit libre d’aller, venir

Sans la perdre on ne peut tenter la retenir.

 

Une pensée m’est venue…

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Une pensée bizarre, à midi, m’est venue

Une idée qui surgit…quelque peu incongrue

Qu’on se demanderait si elle vient de la tête

Ou bien télescopée par une autre planète.

 

C’était à ce moment où le manque creusait

En dedans de mon ventre un douloureux abcès

– Souviens- toi, m’as-tu dit, du garçon, du bébé…

Qui a laissé la place à l’homme que j’étais…

 

Ce garçon, ce bébé, tu ne l’as pas pleuré

Chaque étape de vie, le faisait évoluer

Quand tu ne le « voyais » plus, pourtant il était…

Et mon âme, aujourd’hui, elle, ne t’a pas quittée.

 

*

 

Et vous, où en êtes-vous?

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Heureusement nous n’avons pas conscience de ce moment d’échappement à soi-même. Hier encore, nous étions dans la croissance, la transformation tranquille de notre glaise, allant pour les meilleurs d’entre nous, vers un perfectionnement d’orfèvre, ou nous le pensions ce qui revient au même. Comment se douter alors, quels signes avant-coureurs, quels indices dignes des meilleurs détectives du grand Je à majuscule pour éviter de s’immoler sans révolte au feu désacralisé de notre propre décomposition.

 C’est que tout cela nous vient si progressivement, si insidieusement, comme une maladie sournoise, un cancer qui grignoterait nos tripes sans rien laisser paraître, qui nous fait la peau tout en la laissant lisse, en apparence…

 Qui peut saisir vraiment l’instant, la bascule ; nous voulons bien être alpiniste, arriver au sommet, cela n’est pas si désagréable, mais ensuite il faut s’accrocher comme bernicle au rocher, cela demande déjà un certain effort, puis entamer la descente et pour aller où?

 Les couchers de soleil sont riches des plus profondes couleurs, mais les matins, les matins légers dans l’aube fragile et presque transparente d’une promesse…

 Si nous n’avons pas le choix entre printemps et automne, l’idéal ne serait-il pas de rester toujours à l’équinoxe de nos moyens physiques et intellectuels sans échappements autres que ceux que nous pouvons accepter sans trop souffrir?

 Et vous, où en êtes-vous?

 

C’est pratique, juste la date à changer…Dix ans !

 

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Six ans

 

Six ans! Des joues gonflées, des bougies, un gâteau!

Dis-moi qu’aurais-tu fait si du ciel en cadeau…

Tes forces retrouvées…le dragon terrassé

Vainqueur sur la faucheuse, la vie te fut sauvée?

 

Six ans! Que tu habites un pays aux humains…

Sans lever de soleil sur les petits matins

De bonjour aux beaux jours de terre sur les mains

À en vieillir l’amour… épuiser les demains.

 

Six ans! A converser entre foi et raison

À déblayer chemin, ouvrir mon horizon

Pour ne plus m’abîmer aux portes des abîmes

Baliser le terrain de convictions intimes.

 

Six ans! Un mois, une heure, une goutte de temps

Infiltrés dans le cœur comme un poison violent

Quand le temps se recherche en ces instants perdus

Les souvenirs se meurent si la mémoire n’est plus.

 

Six ans! À te chercher à haranguer ton nom!

De commémorations en communications

À supplier le ciel, à prier tous ses saints…

Pour que la mort soit tout… autre que n’être rien!

 

Dès le premier instant.

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Dès le premier instant, mon âme fut troublée

Pourquoi suis-je venue, pourquoi suis-je restée ?

Avez-vous seulement perçu cet abandon

De l’âme qui se sait rentrée à la maison.

 

Aucun frémissement autre que la joie douce

D’un courant lumineux qui remonte à sa source.

Corps et âme embrassés de même plénitude

Goûtent ensemble au plaisir de la béatitude.

 

Le cœur en arythmie après la courte pause

Dépose sur les joues le carmin de la rose

Et les yeux à eux seuls démentent tous les dires

Que la bouche aimerait fébrilement nourrir.

 

 

Personne alentour n’aura rien soupçonné

Et vous-même, Monsieur, n’en avez rien montré

Avez-vous seulement perçu cet abandon

De l’âme qui se sait rentrée à la maison.