Choisis ton bonheur

 

Choisis ton bonheur
Celui auquel ton coeur a droit
Décide des fleurs que tu veux y voir pousser
Repousse les nuisibles
Ferme ta porte aux porteurs d’ombres
Aux rabat-joie
Aux briseurs d’élan
Ne laisse personne piétiner ta ferveur
Souffler la flamme que la souffrance a épargnée
Celle dont dépend ton souffle vital.

Ton chant finira lui aussi par rejoindre les voix perdus. Fais de ton chant un rire et non un cri. Fais de ton jardin un oasis et de cet oasis un paradis.

Naviguer dans le rien

Loin des terres et des mers
Qui bordent toute vie
L’esprit en bandoulière
Traverser l’éphémère
Caresser l’infini
Naviguer dans le rien
Se vider du trop plein
De l’au-delà des mots
Et de ces oripeaux
Qui encombrent les âmes
Aux contours de l’immense
Suivre des yeux l’étoile
Écouter le silence
Dans le froissé des voiles
Où se déplie le temps

Dixième jour de confinement (1 an déjà )

OLYMPUS DIGITAL CAMERACe qui a changé :

L’épidémie a évolué, mon regard aussi.

Aujourd’hui, pour le dire, je ne choisirais pas les mêmes mots. Je prendrais en compte la lassitude de nos contemporains : les difficultés des commerçants, petites entreprises, travailleurs indépendants, la solitude de nos étudiants, leur crainte face à un avenir incertain.

La fatigue des soignants. Leur honneur à rester debout pour nous soigner.

Nous vivons quelque chose d’inédit.

Cette pandémie nous place face à nos propres limites : celles de la souffrance et de la mort.

Pays riche, industrialisé, ou pays pauvre : le même bateau.

Les grandes crises font ressortir les failles, les limites d’un système. Il y aura toujours des manquements, des erreurs, des regrets et parfois des mea-culpa.

Il est toujours facile de voir ce qui n’a pas fonctionné après coup. Il y aura assez de « procureurs » pour le dire.

Tirer les leçons d’une crise est essentiel. Les hommes de bonne volonté n’y manqueront pas.

Retour sur un confinement strict…

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À l’intérieur le calme, à l’extérieur le chaos. Sauf que les rues désertes n’en disent rien de ce remue-ménage ; images et commentaires arrivent en boucle, mais par le téléviseur.

Le tranquillité de la rue laisse au chant des oiseaux la primeur du printemps. Se doute t-il que quelque chose d’anormal se passe, le rouge-gorge venu en visite tout proche de ma fenêtre ?

Au dixième jour, la pression monte de partout. Sur les plateaux télé chacun y va de sa petite analyse : journalistes et chroniqueurs commentent sur un virus qui a toujours une avance sur eux. Les politiques s’en remettent aux scientifiques, les scientifiques aux politiques. Le virus gagne du terrain. Face aux malades, les médecins savent, ils ont déjà tout compris, mais sont là pour soigner, même démunis ils ne lâchent rien, tombant parfois eux-mêmes malades. Non, ce Covid-19 n’est pas une grippette.

L’invisibilité de ce virus rend encore plus visible le caractère de chacun. C’est en temps de crise, en temps de guerre, que l’être humain se révèle dans le meilleur comme dans le pire, que l’âme humaine se décline en grandeur ou petitesse.

Au dixième jour, je dois dire en toute franchise que ce confinement ne me pèse pas trop,  hormis le fait de ne pouvoir voir mes proches ; je suis habituée à la solitude et je pratique le confinement souvent par choix.

Si la vie au quotidien s’en trouve bousculée, les magasins, le cinéma, les sorties, ne me privent pas tant que cette privatisation reste temporaire. Ce qui me manque c’est de ne pouvoir me rendre au cimetière comme à mon habitude. Je n’ai jamais, depuis un peu plus de treize ans, laissé au temps le pouvoir de nous séparer.

Revoir la mer ! Oh oui, cela serait  bon. Je la prendrais en photo sur toutes les coutures, et je chercherais ce coquillage qui permet de l’entendre, quand on le pose tout près de son oreille.

Au son du piano la poésie se pense

Ta peine, tu le vois, ne peut être amoindrie
Elle a versé hélas dans la mélancolie
Laisse à ton cœur l’amour venir le visiter Combien les sentiments en seront sublimés.

Au-delà des limites où s’égare la science
Entre le ciel, la terre, aux confins des immenses
Quand les notes s’envolent te rimant leur cadense
De mêmes harmonies de mêmes pas de danse
Chopin au bout des doigts, l’émotion intense
Au son du piano la poésie se pense.





Résurrection !

Résurrection !
La naissance du jour
Sans le poids des années

Résurrection !
Le mystère de la vie
L’éveil des endormis

Résurrection !
L’immémorial printemps
À la sève montante

Résurrection !
L’effacement des abandons
La joie pure retrouvée


Tout peut se faire, se défaire

Le printemps se nourrit d’hiver

Pouvoir à nouveau s’étonner

Que vienne à nous l’inespéré.

Une palette imaginaire

Tout lui était devenu nature à émerveillement.
C’est quand le temps qui reste se compresse que les images prennent toute leur ampleur, se couvrent de brillance.
Depuis l’aube, aux tons pastels fuyants au camaïeu, jusqu’au flamboyant soir d’un crépuscule sanglant, tout retenir…

La palette de couleurs ne manquera pas à la création ni à l’imagination.

Paysages, réels ou imaginaires, s’invitent au banquet du souvenir. L’heure est venue. Ils sont tels les membres d’une même famille se réunissant lors des événements marquants.
Ces paysages, elle les avait tant et tant aimés, regardés, quittés puis retrouvés, que dans la solitude d’une petite chambre elle pouvait leur redonner vie.

Arrive le moment, empreint de nostalgie, où le jour se disperse en lumière diffuse, où l’or du soir se languit de passer au bleu. De l’indigo au marine, toujours plus de bleu, et du plus pur au plus intense, la nuit fait son chemin.
Reprendre sa palette imaginaire, y peindre un monde à soi où le corps ne s’épuiserait pas d’avoir trop compté les ans.

Il suffit à la pensée de convoler en noces avec un peu de magie. La mémoire visuelle, pourtant la première à s’effacer, a stocké ses informations avant de s’évanouir. Elle a photographié, trié, remémoré mille fois, redessiné afin de garder proche ce qui dans la nature est en constante transformation.

Plus jamais à l’identique l’oiseau, ses ailes à l’envergure impressionnante se détachant noires sur bleu. Plus jamais à l’identique la falaise haute et crayeuse que le temps grignote ; plus jamais à l’identique le ciel enflammé d’un soir d’automne ou celui des hivers que la brume recouvre d’un long frisson.

Qu’importe !

Voir plus loin, plus profond. Le moindre détail prend consistance. La vie même s’en trouve augmentée. Le monde se découvre unique, pressant et pressé.Tourbillon dans le tourbillon. L’instable dans l’immuable, le mortel dans l’immortel.
Un monde dans un monde. Irréel au revers du réel.
Où il fait bon se glisser.

Il me suffit qu’il soit pour contenter mon cœur

 

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 » Et si vous allez quêter la joie, faites d’abord provision de joie. Remerciez avant d’avoir  reçu. »

Alain.  » Propos sur le bonheur »

Je ne demande rien pas la moindre faveur
Il me suffit qu’il soit pour contenter mon coeur
Et s’il se reconnaît dans cette foule immense
J’entrerais à bas bruit telle une confidence
Un peu dans son esprit et dans son existence.

 

L’aile de l’ange

Un poème pour remercier
Les guides de m’avoir donné
Quand mes jours étaient tout de noir
Une lueur, un peu d’espoir.

Pour évoquer cette requête
Ma plume doit se mettre en quête
De paraboles  de métaphores
De symboles qui parlent fort.

Sur une portée à musique
Pour un bel ensemble graphique
Grappiller un peu de hauteur
Par des lettres en forme de cœur.

Ce n’est certes pas mon cerveau
Qui pourra trouver seul ces mots
Il me faut l’émotion intense
Aux lettres des jambes qui dansent…

Qui se déploient à l’infini
Relient l’obscur avec la vie
Pour cet échange un peu étrange
Il me fallait au moins un ange.

Il porte le nom de gardien
Cet ange qui nous veut du bien
S’il n’est pas Dieu il n’est pas homme
Peut-être un peu des deux en somme.

Je me mets sous sa protection
Pour que ma voix dans un murmure
Du son en traversant le mur
Dise merci à l’unisson
Un « je vous aime » à ma façon.

Premier jour de printemps

Une chambre.
Des bruits de pas, des murmures…

Premier jour de printemps.

Louis cherche la sortie. Il aimerait bien pouvoir sortir pour se réjouir, lui aussi, de ce printemps.
Pourquoi n’ouvre t-on pas les volets ? Il fait sombre ici, c’est comme être dans un labyrinthe épais, dont on ne peut discerner l’issue ; un cauchemar peut-être…
Louis n’a jamais été fort pour résoudre les énigmes, analyser ses songes.


–Il me faut mettre mes idées en place, pense t-il. Je vais rouvrir les yeux et fixer ce point de lumière qui perce à travers les ajours des volets, comme j’aime le faire tous les matins. Les habitudes sont de bonnes amies pour réinitialiser notre logiciel.

Aujourd’hui c’est le printemps !

Combien de Printemps pour Louis ?
On compte toujours ses printemps, jamais ses hivers, pas plus que les automnes ou les étés d’ailleurs. Le printemps part avec un avantage sur les autres saisons.

Louis doit faire effort. Ce n’est pas sa première bataille. Cette fois l’ennemi est un virus.
Des guerres ? il en a connu, des virus aussi.
Combien de printemps déjà ?

C’est quelque part en mémoire ; il aimerait pouvoir ouvrir, décloisonner, trier, prioriser ses pensées, faire émerger les plus beaux de ses souvenirs.
Le beau c’est important, c’est positif. Il l’a toujours recherché. Le beau calme les angoisses.

Les clefs de l’invisible tintent dans le couloir du temps la litanie des mémoires retenues puis oubliées.
Au revers de ces circonvolutions, un flou d’images attend son heure.
Tout est à portée, et pourtant rien ne nous est donné qui ne soit utile dans l’instant.
Il faut patience !
Le moment où le fil se déroule arrivera ; il arrive toujours. Celui du big bang individuel et inévitable, dans une contraction du temps, un no man’s land avant l’entrée dans la lumière dansante au commencement sans fin.
Tomberont à cet instant toutes les cartes de notre jeu.
Une réussite !
Celle de voir tout en bloc, l’envers et l’endroit, le conscient et l’inconscient, le blanc et le noir, nos bienfaits, nos maladresses, nos réussites, nos manquements. Sans rien pouvoir ôter ou rajouter ; il n’est plus l’heure.

Toutes les horloges semblent s’être arrêtées.

Au dehors, une douceur… quelques gelées n’auront pas raison du Printemps ; il court déjà dans toutes les têtes, s’est installé dans toutes les maisons.

Non, les horloges ne se sont pas arrêtées.

L’hiver se meurt que déjà une naissance lui succède.

Louis, cette fois s’en sortira, ce n’est pas son tour.
Une infirmière lui sourit, elle a les yeux bleus comme la mer.
Une lumière blanche, sans âme, baigne une chambre stérile.

Nous sommes le premier jour du printemps et Louis vient de sortir du comas.