Il est de ces endroits de suite reconnus

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Hâte de respirer ce délicat mélange

D’un soleil déclinant sous ses lueurs orange

Un écheveau tressé de tons et de parfums

L’air fleuri d’un coteau et de marins embruns.

 

La campagne est si proche… on peut voir de la mer

Les pommiers entourant la normande chaumière

On dirait d’un vaisseau la coque renversée

Que la mer en colère aurait là rejetée.

 

Ce petit paradis, ce pays merveilleux

Où le ciel et la mer se fondent en camaïeu

Où les pins se grandissent pour mieux toiser la mer

Où les gens se tapissent taiseux et solitaires.

 

Il est de ces endroits de suite reconnus

Où l’on se sent chez soi sans y avoir vécu

Les seules roches ici portent le nom de noires

Mais ne feront jamais d’ombre sur nos mémoires.

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La Toussaint au cimetière…

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Balaye du regard… cela faisait longtemps

Jardinier de Toussaint cherche l’emplacement

Les bras chargés de fleurs : en pots, en jardinières

Les chrysanthèmes auront toute une année à faire.

 

Pour quelques jours d’automne, en fleurs, le cimetière

Ressemble à un jardin quadrillé de parterres

Mais reviendra l’hiver et les allées désertes

Et de feuilles les tombes à nouveau recouvertes.

– Tu ne négocieras pas avec nos âmes !

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La sentence est tombée :

– Tu ne négocieras pas avec nos âmes !

J’ai demandé pardon… là aussi. Quand le cœur est sincère la faute peut être considérée comme moindre. Reste que ce n’est pas à nous d’en décider, le pardon doit venir de l’offensé.

Les confessions d’une petite fille…

Mes fautes d’alors, je ne les voyais pas, celles de ma vie d’adulte me suivent comme un remord.

Comme ils sont loin ces petits péchés que je ratissais pour avoir quelque chose à dire au jour de la confession ; j’en ajoutais toujours quelques-uns, là était certainement ma plus grande faute.

La liste remémorée le temps de l’attente, mon tour à confesse venu, c’est la mine contrite et la tête baissée que je m’agenouillais sur le petit banc de bois du confessionnal. Je prenais très au sérieux ce moment de contrition. Le prêtre ouvrait la grille de séparation tout en faisant le signe de la croix… je débitais alors mes péchés… les vrais et les autres, jusqu’au moment de l’absolution.  Oh! les vrais n’étaient pas bien méchants, ils étaient ceux d’une petite fille de sept ou huit ans. – Je n’ai pas été gentille avec mon frère, j’ai triché au monopoly, j’ai oublié ma prière du soir… (liste non exhaustive).

Il n’empêche, je me souviens très bien de l’allégement, proche de l’euphorie, procuré par la confession, et des ailes soudaines qui me propulsaient dans une allégresse tout au long du chemin me ramenant à la maison. J’étais si légère que mon âme ne pesait plus sur mon corps, quant à mes pieds ils semblaient ne plus devoir jamais toucher le sol. Dans cette odeur de sainteté, je me devais de soigner mon âme afin de la garder pure le plus longtemps possible, et pour le moins jusqu’à la prochaine communion. Pour ne pas retomber dans le péché, j’évitais tout conflit. Au contraire de l’habitude, je devenais serviable et traversais les heures qui suivaient portant sur les membres de ma famille un sourire empreint de béatitude.

 

 

 

 » Le grincement d’une balançoire vide résonne jusqu’à la fin du monde. » Christian Bobin

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Le vent qui donne mouvement à la balançoire nous dit de la vie qu’elle n’est pas un simple aller sans espérance. Ce qui a été ne peut s’arrêter d’être, l’inertie n’est pas de l’autre monde…

Ce qui dépend de nous ne peut nous blesser car nous ne pouvons être dans un même temps le couteau et la plaie.

Mettre son énergie dans un combat contre une partie de soi-même est chose inutile voire dangereuse. Dire oui à la vie, c’est en accepter le meilleur et faire le dos rond au pire, comme dans un mariage.

Dépasser ce qui ne peut l’être est donc une erreur. S’adapter est plus fort que résister ou tenter d’oublier.

Batailles, étapes, combats, efforts, forces, obstacles, sont des mots ; des guerriers qu’on utilise souvent mal à propos quand le courage résiderait surtout dans l’acceptation.

Apprendre un autre langage, l’ineffable et l’indicible ne portent pas le poids de ces mots-là. Il suffit de se mettre à l’écoute de leur vibration, la même vibration que la musique quand elle ne peut s’entendre mais se transmet à travers les choses. Ressentir pour entendre ce qui n’est pas audible.

Nous serons toujours à la remorque de ce qui nous devance comme l’est ce point d’infini qui reste une interrogation.

Sans rien occulter du passé, mieux vaut se mettre dans la roue du présent, tel le coureur cycliste avisé reste, pour épargner ses forces, dans la roue du vélo qui le précède. Le temps finira bien par nous aspirer et nous donner l’élan nécessaire pour continuer notre route.

Corps et esprit sont dans la même dépendance, celle de l’amour qui unifie les êtres. Nous avons faim d’aimer et d’être aimés. Là, est la seule victoire sur la mort.

Nos souffrances n’ont rien à cacher, pas plus qu’elles n’ont à se cacher, elles subliment l’amour qui les a engendrées quand la souffrance est à la hauteur de l’amour.

Rien ne s’efface, tout se transforme. L’infini qui nous comprend et comprend le tout continue de danser au vent des balançoires inoccupées.

 

 

 

 

 

Les rêves de cobalt instruisent les poètes…

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« Un matin, l’un de nous manquant de noir, se servit de bleu : l’impressionnisme était né. »

Pierre-Auguste Renoir

 

Avant que le soleil ne s’éclipse

Qu’il ne s’évanouisse dans un monde sans couleur

En retenir le bleu…

 

D’or le sable des grèves

Sépia l’intissé des chagrins

Avant qu’un monde sans couleur

Emprisonne les bleus

Glisser sur le merveilleux

Les rêves de cobalt

Instruisent les poètes

 À y tremper leurs plumes

Leurs archets, leurs pinceaux

L’iris de leurs yeux

En a gardé la trace.

 

 

Vibrations invisibles

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERAVibrations invisibles

Portées par tant de voix

Qui nous parlent d’un monde

Que nous ne savons pas.

 

Notre royaume est fait

De baumes et d’ivresses

De douleurs et de joies

Sur des chairs éphémères.

 

Ondes universelles

Briques de l’infini

Qui caressez nos vies

Comme pluie sur du verre.

 

Mon souffle, mon apnée

Pour quelle destinée

Mon esprit est coiffé

Que mon corps ne sait pas.

 

L’improvisation est le porte-parole des mots qui viennent du cœur.

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 » Va donc d’instant en instant comme on improvise un chemin de rocher en rocher pour traverser le torrent. »

Benjamin Kunkel

« L’esprit d’improvisation est un défi au sens créateur. »

Charlie Chaplin

 Lors de la remise du prix Pierre Corneille…

 Dans cette attente, aucune phrase vraiment cohérente ne semblait vouloir se construire ; le stress dépassait de loin le défi. C’est à peine ébauchés mentalement que les mots fuyaient, tels les poissons encore recouverts de leur mucus glissent des mains du pêcheur qui vient de les sortir de l’eau.

Le fait d’être la dernière à recevoir la récompense n’arrangeait nullement mon affaire, surtout quand d’autres candidats, leur texte en main, lisaient d’une voix claire et affirmée, leur discours.

Il me restait l’improvisation !

 Mon tour bientôt arrivant, sous la pression du discours imminent, la pensée dans un cisaillement proche de la vitesse du vent finit par se dissoudre complètement sous sa propre torture, pour finalement rejoindre la nuée des pensées égarées.

À ce moment, j’aurais voulu être petite souris ou fée (préférence à la fée) et d’un coup de baguette magique disparaître.

La poésie est un état d’esprit qui nous invite sans cesse au voyage intérieur…

Un livre c’est un peu comme un enfant: on le rêve, on le conçoit, on le porte, on le met au monde, on le couve un peu et puis … on le laisse vivre sa vie…

Quand il n’y a pas de mots il reste la poésie et la musique, les deux échappées belles au silence…

Voilà pourtant des phrases qui sonnent bien… mais que nenni !

Ne pas se laisser doubler par les mots qui nous échappent.

La mémoire finira bien par battre le rappel, restituer au moment opportun ce qu’elle n’a nul besoin de garder en réserve.

Avant que la voix ne se perde dans un amuïssement, se jeter à l’eau, tenter la traversée des phrases lancées entre deux rives, en faire un pont assez solide pour que silence et parole se rejoignent.