Mieux vaut le souvenir

Juin 2015 vacances Palavas 346

Je crois qu’à le revoir le cœur ne tiendrait pas

Le voir sans le toucher serait trop grand supplice

Et la joie un tourment et le tourment délice

À ne pas défaillir le jeu devient combat.

 

Mieux vaut le souvenir qui hante les désirs

Retenir la primeur, la fraîcheur d’un sourire

De le savoir si loin et si proche à mon âme

Se consume le feu sans en brûler la flamme.

 

L’aurore est une grâce à qui sait en cueillir

La candeur de ces fleurs qui résistent à s’ouvrir

Garder vert le printemps, bleu le premier regard

À l’esprit de jeunesse il n’est besoin de fards.

 

Au creux du lent sommeil les rêves sont légion

Les nuits ne pèsent plus aux corps en pâmoison

J’attendrai du hasard qu’il veuille organiser

Son regard à venir sur le mien se poser.

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Une photo vieillie

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Une photo vieillie et l’ombre d’un destin

Un enfant qui sourit un ballon à la main

Quand un rayon de jour vient caresser son front

J’y vois l’aile d’un ange y graver ton prénom.

 

Personne pour lui dire « On est déjà demain »

Il ne peut hélas fuir le temps est assassin

Ailleurs d’autres printemps viendront battre les heures

Là où grandit l’enfant vivaces sont les fleurs.

 

Les regrets, ces désirs tournés vers le passé

Viendront longtemps encore agiter mes pensées

Ces tourbillons ressemblent à ceux des Alizés

Les esprits les plus purs sont les plus tourmentés.

Le plus grand des poètes

Le 26 février 1802 naissance d’un génie

 » Le nom grandit, quand l’homme tombe ;

Jamais rien de tel n’avait lui

Calme, il écoutait dans sa tombe

La terre qui parlait de lui. »

Victor Hugo

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Échange avec Jean-Pierre Mazille

J.P Mazille :

C’est coton, cher Hugo, de passer après toi

Pour mettre un bout du monde un peu en poésie,

Partout, tes vers font loi et même on reste coi

Dans les humbles recoins encore est ton Génie !

Josette Hersent :

Pour un si grand génie nos cœurs ont la fierté

D’avoir même patrie et même volonté

La belle poésie n’est jamais périmée

Quand la mettre en musique est à notre portée.

De tout laisser tomber

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De tout laisser tomber, cela serait facile

Pas besoin de forcer, l’édifice est fragile

Érodé par le temps, les combats, les tempêtes

Qui ne font plus balance avec les jours de fêtes.

 

Tu te forces à sourire à mettre des couleurs…

Sur tes joues à défaut d’en mettre sur ton cœur

Tu es tout étourdie du vide de tes jours

L’absence de bonheur dissocié de l’amour.

 

De tes nuits les réveils au jour le jour semblables

Morphée t’a oubliée et le marchand de sable

Ne vient plus te border, déposer sur tes joues

Sa pluie de sable d’or aux rêves les plus fous.

Tous les rires sont d’insouciance

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Ne pas bouger ! Tout est en place. C’est ta part de destin que cette inappétence .

Dans ton sommeil, pourtant, tu vagabondes. Rien n’est trop loin ni trop grand, rien ne te semble inaccessible ou impossible à déplacer.

Du trop tôt ou du trop tard, tu as pris les deux, le risque du grand écart. Celui de faire du surplace, de n’être jamais au bon endroit et de rester là, au bord d’un monde qui tente à s’effacer.

Tu joues à quoi ? Tu attends quoi ? Ton théâtre est sans décor et tu n’as pour te donner la réplique que quelques oiseaux égarés eux aussi. Mais il importe… tant que ton piano acceptera tes doigts pour caresse, le jardin ton regard pour exister, c’est toute la maison qui tiendra debout.

Et puis, il y a ce rire, qui s’était perdu dans tes silences, mais qui revient à l’identique, fidèle à sa tessiture, comme un rappel que même en faisant du surplace tu peux encore rêver que tu apprends à voler.

Tous les rires

Sont d’insouciance

C’est par eux

Que se tiennent

Érigés

Nos vestiges d’enfance.

Mon cœur volcan

Manche 15 11 2016 078 2

Au fond de soi il faut descendre

Baigner confuse en son magma

Éteinte et brûlante à la fois

Conjugaison de lave et cendres

On dit que sous la glace il couve

C’est bien ce feu qui brûle en moi

La vie comme une faille s’ouvre

Et me propulse jusqu’à toi

Avant… quand tout était douceur

Le lait non mêlé goût de sang

Sans ces épines sur mon cœur

Sans éruptions, sans tremblements

Sans que peau frémisse de peur

Tenir en ses mains le bonheur !

Pas de séisme sans réplique

Fais de venir… à ma supplique.

Je le croyais auteur, il n’était qu’instrument

 

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Ce jour, j’ai entendu la mélodie du vent

Je le croyais auteur, il n’était qu’instrument

Mélodie déposée au creux de mon oreille

Arrivait c’est certain du pays des Merveilles.

 

J’étais à me laisser porter par le courant…

Du flot de mon chagrin, devant ta sépulture

Mon âme mise à nue, sans fard et sans armure…

Scrutait le marbre lisse et le poids du néant.

 

La froidure du temps paralysait mon corps

À lever le regard je devais faire effort

C’est alors que le son me parvint aux oreilles

La symphonie du vent me parlait ton éveil.

 

Je le croyais auteur, il n’était qu’instrument

Impossible à saisir, sortait-il du levant?

C’est un souffle de vie guidé par une main

Que ce souffle divin sur ta tombe au matin.

La noce des vivaces étreint mon impatience en une poussée de sève

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Il y a bien les souvenirs qui prennent de plus en plus de place, et puis cette attention à l’éphémère telle une résistance face à la fuite du temps. Il était urgent de tout retenir. Le passé s’unissait au présent, tango au tempo mélancolique, pourtant jamais soleil n’avait été si lumineux, jamais merveilles plus proches à mes yeux.

Le jour décroît quand le regard se perd, mais au dedans toujours la même ardeur. Le vert inondera de nouveau avril et les champs en sommeil, et les jours en s’allongeant déploieront sous nos pas leur tapis de lumière.

Le corps a cette intelligence de décliner plus vite que nos regrets. Là où se languit le printemps, la noce des vivaces étreint mon impatience en une poussée de sève. Il faut savoir traverser ses ombres sans se perdre dans le reflet doré des miroirs.

La voix des silencieux se recouvrent de nuit, mais dans cette nuit pointe une espérance… la vocation du noir est de capter la lumière, ce cadeau de la vie.

Il faut remuer les silences

Dans la beauté sauvage

Des clartés infinies.