Je le croyais auteur, il n’était qu’instrument

 

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Ce jour, j’ai entendu la mélodie du vent

Je le croyais auteur, il n’était qu’instrument

Mélodie déposée au creux de mon oreille

Arrivait c’est certain du pays des Merveilles.

 

J’étais à me laisser porter par le courant…

Du flot de mon chagrin, devant ta sépulture

Mon âme mise à nue, sans fard et sans armure…

Scrutait le marbre lisse et le poids du néant.

 

La froidure du temps paralysait mon corps

À lever le regard je devais faire effort

C’est alors que le son me parvint aux oreilles

La symphonie du vent me parlait ton éveil.

 

Je le croyais auteur, il n’était qu’instrument

Impossible à saisir, sortait-il du levant?

C’est un souffle de vie guidé par une main

Que ce souffle divin sur ta tombe au matin.

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La noce des vivaces étreint mon impatience en une poussée de sève

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Il y a bien les souvenirs qui prennent de plus en plus de place, et puis cette attention à l’éphémère telle une résistance face à la fuite du temps. Il était urgent de tout retenir. Le passé s’unissait au présent, tango au tempo mélancolique, pourtant jamais soleil n’avait été si lumineux, jamais merveilles plus proches à mes yeux.

Le jour décroît quand le regard se perd, mais au dedans toujours la même ardeur. Le vert inondera de nouveau avril et les champs en sommeil, et les jours en s’allongeant déploieront sous nos pas leur tapis de lumière.

Le corps a cette intelligence de décliner plus vite que nos regrets. Là où se languit le printemps, la noce des vivaces étreint mon impatience en une poussée de sève. Il faut savoir traverser ses ombres sans se perdre dans le reflet doré des miroirs.

La voix des silencieux se recouvrent de nuit, mais dans cette nuit pointe une espérance… la vocation du noir est de capter la lumière, ce cadeau de la vie.

Il faut remuer les silences

Dans la beauté sauvage

Des clartés infinies.

Aux deux extrêmes de la vie… la même fragilité

 

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 » Ce qui nous sauve, ce sont les ruines de nos antiques confiances »

Christian Bobin

Et puis on oublie d’oublier… Est-ce un saut en avant, un retour en arrière ? On ne sait plus très bien à quel moment le point de divergence a laissé le doute s’installer, fissurer la bâtisse pierre à pierre édifiée. Les ombres de notre enfance peuvent revenir hanter notre sommeil, plus de lampe allumée ou de pensée magique pour nous porter secours.

La vie chahute nos certitudes, parois le fondement même de nos acquis, et cela de façon si subtile que nous ne voyons pas toujours les transformations, car c’est seulement en surface que les choses se perdent, la vie est de digestion lente.

Il reste heureusement à chaque homme, dans un coin de son cœur, un refuge intérieur, une grâce première qui perdure et protège le socle même du sens qu’il veut donner à sa raison d’être. C’est aux deux extrêmes de la vie, que sont l’enfance et la vieillesse, et qui se rejoignent toujours, que la confiance de l’une pourrait se perdre dans l’autre, noyée dans une même et légitime peur de la mort, tant et tant de fois balayée, évacuée d’un revers de main.

Certes à cinq, six, sept ans, il est plus facile de se réfugier dans son monde. La stratégie est bonne pour échapper à tous les dangers. C’est à l’heure du lâcher-prise, quand Morphée vient nous chercher, que notre cerveau devient expert en la matière. Plus tard quand ces murs porteurs, que sont les parents, ne sont plus, on se dit que la vocation du noir doit être de capter la lumière et on se souvient de ces mains rassurantes, douces et chaudes, qui, posées sur notre front, en chassaient les ombres et autres fantômes imaginaires.

Les mots pour le dire s’écrivent en silence

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«  De nos mensonges, la vérité des mots ne s’affecte pas. »

Robert Sabatier

Il suffit de laisser les mots agir pour qu’ils remontent à la surface, ils sont tels ces cailloux recouverts d’une fine couche de terre qui finissent toujours par affleurer le sol dont ils sont les hôtes. C’est par l’écriture que je retrouve le chemin de l’enfance, les mots ne mentent pas, ils sont vrais, juste un peu fabulateurs quand ils voient plus grand que nous.

Les mots pour le dire s’écrivent en silence…

L’écriture bouscule notre intériorité, elle propulse au dehors ce qui est en dedans, saisit le conscient, le forçant à côtoyer l’inconscient. Les mots sont messagers quand ils viennent à nous sous forme d’images, de souvenirs ou de projections qu’il faut savoir interpréter, de songes étayés de fantômes du passé avec lesquels nous devons composer. Nous pensons pouvoir doubler les mots, les mettre au pas, mais nous sommes autant dépendants d’eux qu’ils le sont de notre bon vouloir. Ne serait-ce que par l’effet miroir, plus réel que le réel, quand nous portons leur vibration comme un son dont nous serions l’écho. Je crois qu’ils vont plus loin que nous quand ils ont la capacité d’ébranler les âmes, de les questionner, de les soumettre. Ils nous tiennent à distance quand nous pensons les tenir, mais resserrent le lien quand passe à travers eux un peu de notre âme.

Je ne sais pas à ce jour si cela est un jeu, encore moins lequel devrait sortir vainqueur, des mots ou de celui qui les a engendrés.

Gonfle la voile de ton embarcation légère avant de prendre la mer.

 

 

vacances manche août 2014 045 (2)« Tout corps plongé dans un fluide au repos, entièrement mouillé par celui-ci ou traversant sa surface libre, subit une force verticale, dirigée de bas en haut et opposée au poids du volume de fluide déplacé ; cette force est appelée poussée d’Archimède. »

Gonfle la voile de ton embarcation légère avant de prendre la mer.

Tu ne peux pas faire comme si… comme si la mer sera désormais toujours d’huile. Tu en es arrivé à l’espérer cette monotonie des jours, cette fuite du temps, régulière, uniforme, sans vagues ni remous d’aucune sorte, le calme plat. Quel bonheur que l’ennui qui laisse du temps aux idées afin qu’elles puissent vagabonder.

Plus de prise, plus d’emprise…

À celui qui a connu la tempête, il suffit d’un nuage pour craindre le coup de vent. Statistiquement, il est bien improbable que tu revives une deuxième fois la tempête du siècle. Tu peux t’alléger des peurs qui freinent ton élan vital.

Gonfle ta voile avec plus de vie, plus de joies, plus de rires, plus de tout en somme, mais dans la sérénité, dans le silence qui habite le cloître des monastères ou celui des grands espaces.

Nous n’avons de pouvoir sur les éléments extérieurs, qu’ils soient naturels ou non, que par notre façon de nous positionner face à eux pour les recevoir. Voilà notre limite.

Chaque jour nous prenons la mer pour une nouvelle traversée. La distance qui nous sépare du port reste la même, mais notre perception du temps change selon que la mer est calme ou houleuse.