L’éternel flottement d’un corps en mouvement et son ombre en sillage

Tel le vent se déplace
Nous ne laissons de traces
Qu’un battement léger


Qui donc est de passage
Une ombre, un mirage
Un promeneur ailé ?


Ou cette âme tremblante
Dessous la flamme ardente
D’un désir avorté


Quelle est donc cette peur
Qui à ton cœur effleure
Les affres de l’oubli ?


L’éternel flottement
D’un corps en mouvement
Et son ombre en sillage.

Rêve d’été

 

 

La brume de chaleur qui traverse le corps
Et ces morceaux de ciel que le vide dévore
Au tremblé du réel le rêve est un décor
À l’acheminement brisé en plein essor.

Le rêve de l’été dans l’instant qui chavire
Aux crêtes sous plein vent aucun petit navire
Les plages désertées de leurs amants sans rires
Puis l’horizon scindé par les mots qui déchirent.

Le parfum envoûtant des fleurs après soleil

Au moment indistinct où jour et nuit se fondent
On est déjà demain confondant les deux mondes
Un bien doux souvenir effleure son esprit
C’est sa peau qui lui dit avoir rêvé de lui.


L’épiderme en aura tout au long de ce jour
La mémoire du songe au toucher de velours
Au parfum envoûtant des fleurs après soleil
Joli cœur retenant la promesse du miel.


Impatiente elle attend revivre le secret
Son esprit vagabonde en d’étranges contrées
Où les âmes se fondent, épousent leurs contours
Échangent leurs murmures en tendres mots d’amour.


Son rêve c’est sa main qu’elle voudrait tenir
Et par là raviver le lointain souvenir
Chaque nuit désormais c’est le même voyage
Pour à son âme sœur sa demande en mariage.

L’extase va si bien aux âmes tourmentées

Dans le regard de l’autre apprivoiser son être
Les accidents de vie apprennent à se connaître
De parcours inédits en chemins de traverse
De désirs inconnus en joies qui les traversent
Entre le rien le tout une respiration
Un silence où se joue l’unique partition
Une prairie de fleurs pour son cœur en jachère
Un soleil de minuit, une étoile, un aster…
Réécrivent sans fin les lois de l’abandon
De l’amour passion et de ses illusions.

L’extase va si bien aux âmes tourmentées
D’avoir aimé le ciel et ses félicités.

Le temps comme une pluie

Le temps comme une pluie s’écoule tout de gris
En m’éloignant de vous me ramène vers lui
Les plaisirs ne sont plus à l’ordre de mes jours
Et mes rêves sont seuls à me parler d’amour.


Aussi même le jour en recherche de nuit
Fuyant le gai soleil j’aveugle mon esprit
Il faut jeter un sort sur les temps à venir
Pour garder les trésors chers à nos souvenirs.


Si de franchir le seuil il n’est pas parvenu
De cet amour, le deuil, ne sera pas vécu
La chambre des regrets restera entrouverte
Pour du cœur les secrets à l’esprit n’avoir perte.


Je ne sais plus très bien quand vous êtes venu
Vous blottir en mon sein tel un enfant perdu
Comme à la mort l’amour au temps singe l’effet
De pouvoir peser lourd bien qu’étant effacé.

Empreinte

Un soir où en son cœur l’ennui creusait sa peine
Donnant du poids aux heures sans plus que temps s’égrène
Quand elle pensait enfin l’avoir pu contenir
En force lui revint le bien doux souvenir.


De la chaude journée l’air distillait aux sens
Les senteurs d’un bouquet aux multiples essences
De la mer les embruns montant jusqu’au chemin
Epiçaient d’un parfum sucré salé les pins.


D’autres, plus loin, gauchis par les vives tempêtes
Semblaient saluer la vie en inclinant la tête
Et la route verdie par la double voilure
De ce tableau vieilli égayait la peinture.


À marcher dans les pas de cet amour défait
S’épuisaient les raisons à ne plus y penser
Quand l’écho prisonnier du mur de ses silences
S’échappait de ces lieux qui avaient vu l’enfance.

Je cherche la lumière

Entre chien et loup, à l’indistinct du jour et de la nuit : un éclairage.
Pas celui qui vient de l’extérieur, mais celui que l’on trouve en soi si l’on ferme les yeux.
Avancer en aveugle, les mains devant, jusqu’à toucher l’obstacle, le contourner, ou le prendre de face.
Embrasser du regard les nuances, tous les gris qui font illusion, comme se travaillent les encres sur la toile de nos émotions, de nos états d’âme.
Les aveugles de naissance perçoivent un monde sans couleur, mais leur noir renferme la plus intense lumière qui soit, celle que nous possédons tous à l’intérieur de nous si nous savons rentrer suffisamment en nous-mêmes.
Voir loin, très loin, sans se flouter l’esprit.

C’était son truc à elle. Se poser des questions, en chercher la réponse. Les pourquoi ne sont pas réservés aux enfants.
Vouloir habiller de sens toute chose. Les évènements comme les individus qui les portent.
Impossible d’échapper à l’intéraction avec l’autre, sinon être un Diogène dans son pithos. « Je cherche un homme » disait-il à ceux qu’il rencontrait tout en parcourant les rues une lanterne allumée en plein jour.

Une ecchymose à l’âme. Le corps de Marie, plongé dans le noir, passait à présent par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Je cherche la lumière disait Marie.