Petits soleils sur la prairie

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Quand le ciel dans le gris se perd
Quand les jours privés de lumière
Prennent asile au fond du coeur
Comme le sont les vieux amants
Perdus dans l’épaisseur du temps
Sur le chemin du désamour
Espace clos d’un non retour
Oublient les chemins balisés
De boutons d’or, de pissenlits
Petits soleils sur la prairie.

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Renaître de ses cendres

Il y a les fleurs du désert
Qui gardent l’eau comme un mystère
Et puis ces plaines sous la mer
Abysses privés de lumière
Mais a-t-on vu monter des cendres
Autre chose qu’un voile de poussière
Mais a-t-on naître des cendres
Quelques pousses même éphémères ?

Comme une vague pleine attendue sur la grève

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Je vous ressens si bien se peut-il que mes sens
De votre âme aient volé toute la quintessence ?
Le rêve inachevé porte en lui l’infini
Et vous êtes le soir et l’aube de ma vie.

Ainsi en ce moment vous seriez près de moi
Que le ciel ne pourrait me donner plus de joie
Je rêve de matins tout frissonnants de fièvre
Sertis de fous baisers dont vous seriez l’orfèvre.

On ne peut négocier au ciel l’inexprimable
L’indicible se mire aux vasques bleues des âmes
Aux ailes des moulins précieux est le vent
Tel le rêve à la vie son souffle tout autant.

Comme une vague pleine attendue sur la grève
Comme la fleur saisie par la poussée de sève
Je vous ressens si bien se peut-il que mes sens
De votre âme aient volé toute la quintessence ?

Hier soir, premier Juin, dans l’azur : L’aile de l’Ange

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J’ai vu l’aile de l’Ange
Déployer dans l’immense
Son message divin :
Derrière le ciel
Il y a bien
D’autres ciels
Il faut ouvrir l’espace
L’intelligence y brille
Comme un nouveau soleil
Il n’y a pas d’abîme
Mais des yeux qui se ferment
Et ne voient de la nuit
Qu’un ciel privé d’étoiles
Et si la vie t’a brisé les ailes
Accroche-toi à celle de l’ange.

Un jardin sans parfum… un matin blanchi de brume

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Ma vue et l’horizon perdent en profondeur
La vigne s’éparpille, informe, sans couleur
On ne sait plus très bien dans ce bain lactescent
Si la terre s’élève ou si le ciel descend.

Dans ce paradis blanc il faut plisser des yeux
Ou devenir oiseau pour distinguer les cieux
Pour voir se découper les arbres aux grandes branches
Et leur cime qui fume un peu de houle blanche.

Un jardin sans parfum, un refuge sans âme
Tout semble statufié dans ces vapeurs sans flamme
Les monts emmitouflés dans des châles en coton
Et moi qui m’éternise à évoquer ton nom.

Une brume en couronne et volutes légères
Dispense le frisson sur le jour qui se perd
Et au ciel qui s’épanche à parler de ma fièvre.

Dis-moi que ce n’est pas fini… Que la nuit appelle le jour

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Dis-moi que ce n’est pas fini
Que la nuit appelle le jour
Encore une fois le matin
Encore une fois une main
Chaude, douce, et bonne
À la sagesse d’une femme
Dans la moiteur d’une mise au monde.

Une seule fois le cri strident
Du nouveau-né qui s’époumone
Une seule fois la déchirure
De l’épaisseur du temps
Scindant le jour et la nuit.

Viennent les mots
Doux babillage
Puis la conscience d’être
Et celle d’avoir un jour à mourir
Que déjà les regrets se pressent
Au portillon du souvenir
La longue attente.

Tu peux écrire « Éternité »
À l’encre noire le mot « couleur »
Il importe !
L’illusion est parfaite
Ce que chacun y verra
Porte sa quête
Ou son secret.

Rêverie

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Cela fait bien longtemps mon âme n’attend plus
Ce bruissement de feuille, ce souffle suspendu
Cet accompagnement au seuil d’un autre monde
Cette aura libérée d’une âme vagabonde.

Combien elles étaient sœurs dans cet envoûtement
Chaque soir à même heure aspirant au moment
Où deux âmes enlacées dessous le firmament
Mêlent au doux éther ivresse et sentiments.

Pas besoin de la nuit pour déflorer le rêve
Chaque jour la marée dépose sur la grève
Son limon de regrets, de souvenirs vaincus
Et la vague épuisée de nos amours perdus.

Cela fait bien longtemps mon âme n’attend plus
Ce bruissement de feuille, ce souffle suspendu.

J’ai de la nuit au bord des yeux

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La nuit abandonne au matin
Sa fresque aux lueurs étranges
Dans un cocon à plumes d’anges
Blanchit de brume ses lointains

J’ai du mal à ouvrir les yeux

L’heure est au temps revisité
Plus d’espace à la viduité
Le jour dénoue tout doucement
De l’aube vierge les rubans
Comme le ferait un amant
À sa promise en tulle blanc

Pourquoi faut-il ouvrir les yeux ?

Avant que frémissent alentour
Tous les soleils, tous les amours
Que la mer dans tous ses états
Rêve aux falaises d’ Étretat
Les nuages aux vapeurs de rose
Attendent la métamorphose
Un dernier plongeon dans le bleu

J’ai de la nuit au bord des yeux.

Une douce mélodie

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Le son du violon ouvre sur la lumière
Les cordes sous mes doigts se sont mises à vibrer
La musique a jailli et ta voix familière
A cette mélodie s’est doucement mêlée.

Quel beau songe, mon fils, est venu m’habiter
Plus d’ombre sur mon cœur en cet instant de grâce
Le mémoire évanouie, délitée dans l’espace
Et l’amour qui remplit et prend toute la place.

Quand le ciel vient ainsi combler pour un instant
Du manque la béance en un rêve reliant
D’une douce harmonie deux âmes à l’unisson
Fini et infini pour unique maison.

Une nuit un violon a fait son ouverture
La musique en fusion colmate les blessures
Projette sur les âmes une pluie de mystères
Puis dans un vibrato fait danser la lumière.