Aimeriez-vous lire la suite ?

Il est des matins qui n’en sont pas vraiment. Dire matin, penser matin, c’est envisager une suite, organiser une journée : une pause déjeuner, un après-midi libre ou occupé, une soirée avec un bon film, un ami peut-être, un resto. La vie quoi ! celle qui prend toute sa mesure si elle vient à se tenir en équilibre sur un fil.

D’accord la route était glissante, le virage en épingle à cheveux, la vitesse excessive, d’accord l’alcool avait coulé à flots et que dire de cette folie, ce pari stupide comme peut en faire la jeunesse quand les vapeurs d’alcool décuplent une apparente toute puissance.

A suivre… ou pas

« Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver. » René Char

Un poème posé là pour qui aimera le lire. Juste une trace, un souvenir…

La feuille tombée au sol
Le vent l’emportera
La sagesse serait
De n’en vouloir garder
Que le doré
Du souvenir.

Soleil ou pluie, rires ou larmes
Souvenirs ! vous êtes…
les sédiments de notre âme.

Un seul poème peut suffire à tracer un sillon.

Nous sommes tous dans le même bateau

Revenons aux fondamentaux

«  La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. »

John Stuart Mill

«  La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »

Déclaration des droits de l’homme

Petit rappel pour ceux qui placent leur liberté individuelle au dessus de la collectivité.

L’éclairage des lumières ne semble plus arriver jusqu’à nous.

Plusieurs mois après le début de cette épidémie qu’avons-nous appris, retenu, de ce virus ? Qu’avons-nous appris, retenu, de notre capacité à gérer cette crise, dans notre vie personnelle et collective au fil des jours ?

Il semblerait que le virus ne soit pas seul à muter.

Après avoir applaudi chaque soir à vingt heures les soignants, lors de la première vague, certains des bons petits soldats obéissants du début, jouent les insoumis…

Quel message envoient-ils aux soignants déjà tant sollicités, et qui le seront peut-être demain encore davantage ?

— «  Je suis jeune, ou moins jeune, je ne risque pas de tomber gravement malade, pourquoi me priverai-je d’amusements, de sorties ? Pourquoi m’obliger à porter un masque ? A partir de quel âge sommes-nous considérés comme moins prioritaires à jouir de la vie ?

Imaginons pour un moment une situation inverse…

Que ce virus touche en priorité les adolescents, les jeunes enfants, voire les bébés…

Ne prendriez-vous pas toutes les précautions avant de vous approcher de ces enfants, que vous soyez malades ou non, asymptomatiques ? Les isoleriez-vous pour autant ?

Soyons responsables. Par respect pour les autres et pour les soignants.

Personnellement, cet été, j’ai vu pas mal de personnes qui ne respectaient pas les gestes barrières… et pas seulement des jeunes. C’est attristant.

Les commerçants ont joué le jeu, dès le début, les entreprises aussi. Je dirai que la balle est dans notre camp. Nous devons tout faire pour ralentir la progression du virus. Il en va de la responsabilité de chacun.

Nous sommes tous dans le même bateau…

La rêverie est gourmandise de l’esprit

« Quelquefois mes rêveries finissent par la méditation, mais plus souvent mes méditations finissent par la rêverie, et durant ces égarements mon âme erre et plane dans l’univers sur les ailes de l’imagination, dans des extases qui dépassent toute autre jouissance. « 

Jean‑Jacques Rousseau.
Les Rêveries du promeneur solitaire

Rêverie

Le ton est donné. En cette fin d’année aucun objectif autre que celui de laisser son esprit libre de vagabondage.

Quelle liberté pour l’esprit ! Quelle tranquillité pour le corps !

Tranquillité… le mot à lui seul est déjà une promesse, une caresse. S’il était une couleur, il aurait le bleu de la mer, ce bleu profond qui succède au coucher du soleil , quand tout repose entre deux respirations.

Advienne que pourra pensa Julie. Cette tranquillité, elle l’avait bien méritée. L’heure n’était plus au chaos, mais à la rêverie.

Quand le corps perd en énergie, l’âme gagne en sagesse. Plus question de prioriser, d’organiser ses pensées, ni même de penser à ne pas penser comme on peut le faire lors d’une méditation.

Et si des idées nomades surgissent de cette gourmandise de l’esprit qu’est la rêverie, de cette flânerie non programmée, la mémoire en gardera peut-être, dans un de ses îlots éloignés, quelques contemplations.

Demain

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

3 septembre 1847

Victor Hugo

C’est ce poème aimé
Tant de fois récité
Dans mes jeunes années
Presque prédestiné
Qui parle désormais
À mon coeur de maman
Que je veux mettre ici.

Qui pourrait aujourd’hui
Mieux que moi le comprendre
Il est de ces tombeaux
Qui jamais ne se ferment
Lui le savait aussi
Dans son immense peine.

À demain.


Je regarde une rose et j’y vois ta lumière

À l’écoute de l’invisible


Corde vibrante entre deux mondes. Ondes venues de l’étrange, de l’inhabité.
Des heures entières à capter vos déplacements, vos creux et vos crêtes entre vagues et soupirs.
Vous qui glissez si bien sur la nue de l’absence…

S’il suffisait de se mettre au diapason, de venir à vous le coeur pur et l’esprit ouvert. Non, il faut plus pour capter vos murmures et vos consolations, il faut l’amour absolu et beaucoup d’abnégation et de gratitude.

J’en ai passé du temps dans cet havre de paix et de silence, cet espace à la fois vide et plein d’espérance. Ce no man’s land entre ombre et lumière, entre fini et infini.

Et chaque fois, vous êtes venus.

Te reconnaître

Dans la fleur qui éclot et dans l’enfant à naître 

Dans le regard du chien qui retrouve son maître 

Au plus profond des mots, dans l’encre et dans la sueur

Du poème égaré le manque annonciateur.

 

Dans le chant du ruisseau, cascade du matin

Quand l’oiseau y ébroue son grelot de chagrin 

Dans le baiser volé à  l’étoile filante

Le voeu non prononcé à l’éphémère amante

Te reconnaître…