Un soir d’été ou « La vie ne dure qu’une journée »

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« Je me sens toujours heureux, savez vous pourquoi?

Parce que je n’attends rien de personne.

Les attentes font toujours mal, la vie est courte.

Aimez votre vie, soyez heureux, gardez le sourire et souvenez vous:

Avant de parler, écoutez.

Avant d’écrire, réfléchissez.

Avant de prier, pardonnez.

Avant de blesser, considérez l’autre.

Avant de détester, aimez et avant de mourir,

Vivez  »

William Shakespeare.

 

La vie ne dure qu’une journée.

Et puisque nous sommes encore en été…

Il y a eu :

La douceur de l’aube grise

Le naïf soleil posé sur la toile bleue de l’enfance

La brume qui cache l’horizon

Et celle plus chaude qui dessine des vagues sur le blé encore tendre

Le plein soleil de midi

La chaleur qui appelle l’ombre

Les menaces d’un ciel fiévreux

L’orage qui gronde

Qui s’éloigne

Qui revient

La pluie bienfaitrice et l’odeur de la terre un peu fumante

Les petits cratères laissés au sol

Et nos blessures, jamais assez enfouies, qui remontent à la surface

L’accalmie quand tout retombe et se lasse

Les regrets de n’avoir pas assez aimé, dansé, vécu

Aspirer à la tranquillité d’un crépuscule doré

Se dire que la nuit n’est jamais si noire qu’elle n’y paraît

Rêver à d’autres soirs, d’autres journées

Filer tremblante dans l’ombre d’une étoile

 

Avec l’éternité au bout du bout et ce silence où se perd notre souffle.

 

 

Une pensée m’est venue…

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Une pensée bizarre à midi m’est venue

Une idée qui surgit quelque peu incongrue

Qu’on se demanderait si elle vient de la tête

Ou bien télescopée par une autre planète.

 

C’était à ce moment où le manque creusait

En dedans de mon ventre un douloureux abcès

Souviens-toi m’as-tu dit du garçon, du bébé

Qui a laissé la place à l’homme que j’étais.

 

Ce garçon, ce bébé, tu ne l’as pas pleuré

Chaque étape de vie le faisait évoluer

Quand tu ne le « voyais plus » pourtant il était

Et mon âme aujourd’hui, elle, ne t’a pas quittée.

Rose Trémière.

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Fleur de l’absence

Fleur de silence

Entre fini

Et infini

Rose trémière

Ombre et lumière

Au mur de pierre

Redonne vie

Dans un murmure

Brise l’armure

Perce au jour

Secrets d’amour

Des vieilles âmes

Endormies.

 

Au pied du mur

Du vieux cimetière

Une trémière

Ombre et lumière

À l’élégance

Sans la fragrance

Âme solitaire

Entre fini

Et infini

Contait la vie.

 

Elle marche…

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Elle marche ! comme pour remercier le ciel d’être en vie.

Elle marche et depuis quelques jours sa marche n’est pas un simple avancement, une propension à se déplacer.

Elle marche de tout son être, dans un élan qui ne craint pas la fatigue.

Elle marche et, se faisant, elle ne regarde pas seulement ce qui lui tombe sous les yeux, elle voit ce qu’elle n’avait jamais su regarder.

 

En ce mois d’août la ville est calme et chez elle aussi c’est le grand calme. Elle qui a donné tout son temps pour les autres, pour la première fois de sa vie peut-être, elle peut prendre un peu de ce temps pour elle. Demain, les enfants reviendront et elle sera accaparée à nouveau. Elle pense que c’est tout naturel et cela n’est pas un problème, mais pour l’heure elle découvre sa ville.

 

Elle marche et cette toute nouvelle curiosité lui donne de la joie. L’enfance n’est pas la seule période à l’épanouissement et à l’éveil.

 

Il aura fallu tous ces derniers événements pour que ses yeux s’ouvrent sur ce que l’habitude avait si bien lissé tout autour d’elle.

 

Elle marche et il y a du pèlerin dans cette démarche-là. Elle découvre sa ville, des petits détails d’architecture qu’elle n’avait jamais remarqués avant. Les belles maisons anciennes, la beauté des parcs et jardins avec leurs fleurs aux noms extravagants. Elle admire les églises et pour la première fois sans que le but soit d’y entrer seulement pour prier.

 

Elle marche et s’émerveille et c’est une autre façon de prier. Elle n’analyse pas ce qu’elle est entrain de vivre, ses yeux sont des fenêtres ouvertes sur le monde, et qui donnent sur son âme, claire et pure. Ses yeux sont sans âge parce que l’âme n’a pas d’âge ; c’est aussi simple que cela, le temps ne passe pas sur l’infini.

 

Peu importe si les choses ont changé ou si c’est son regard à elle qui les transforme. Elle sait que la vie est mouvement.

 

Elle marche ! comme pour remercier le ciel d’être en vie.

 

À Georgette.

 

 

 

 

 

Il nous faudrait ce bleu.

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Il nous faudrait ce bleu

Avant que sonne l’heure

Avant que sous nos yeux

S’éteignent nos aurores

Il nous faudrait ce bleu

Pour croire encore au ciel

Pour ne pas regretter

Les midis au soleil

Et toutes ses merveilles

Que nous avons aimées

Qui ne peuvent mourir

Puisqu’elles auront été

Il nous faudrait ce bleu

Au jour du grand départ

Pour que notre regard

Se noie dans leur regard

Qu’il teinte aussi de bleu

Notre nuit dans les cieux.

 

 

Bien sûr…

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Bien sûr vous ne pouviez rien faire

Bien sûr ma cause était perdue

Rien ! ni suppliques, ni prières

Ne peuvent en or changer le fer

Il faut un vainqueur, un vaincu

Qui a gagné, qui a perdu ?

Cela aussi reste un mystère

À voyager en plein transfert

On ne sait plus si le brouillard

Est dans la tête ou dans les phares

Maintenant que l’eau a coulé

Sans que le cœur ne soit noyé

Il pleure beau sur mon chagrin

Quand il est mêlé de lumière

Le rideau formé du crachin

Semble sortir du réverbère

Et l’illusion a ses raisons

D’avoir à servir nos passions.

 

Le paquet de lessive.

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 » C’est dans la rosée des petites choses que le cœur trouve son matin et se rafraîchit. »

Gibran Khalil Gibran

 

Quoi de plus anodin qu’un paquet de lessive ? et que pouvait bien avoir celui-ci de particulier ?

Une si petite chose dont la banalité ne mérite pas un regard, ni un écrit.

Ce serait sans compter que ces petites choses qui viennent vous effleurer en surface, se faisant, en remuent de plus grandes.

Ainsi, ce paquet, de 18 cm de haut sur 14 cm de large – j’ai vérifié – contenait bien plus que de la lessive, une histoire. Oh! pas de ces grandes histoires qui changent le monde, mais une histoire qui contient un peu de notre monde.

Une mousse blanche et vaporeuse se formait en même temps que la poudre se dissolvait au contact de l’eau tiède. Je tenais le paquet d’une main, de l’autre je m’amusais à faire des dessins sur la mousse, quant à mes yeux, ils allaient du bac au paquet de lessive. Celui-ci n’était plus qu’au tiers rempli de la poudre magique, je remarquais que le fond cartonné était gondolé d’avoir pris l’eau certainement plusieurs fois. Sur le devant du paquet était écrit « Lavage main ».

Voilà de quoi venir vous remuer les entrailles en pleine lessive, ces petites choses, ces regards, sans les yeux, mais dont la présence nous interpelle, nous saisit et nous pénètre. Car c’est bien dans ces regards, qui deviennent nôtres, que nous savons qui nous sommes.

Maman n’a jamais eu de machine à laver le linge, et de toute sa vie a fait sa lessive à la main. Ce paquet, que je tenais entre mes doigts, était le dernier qu’elle avait tenu et voilà pourquoi il sortait de la banalité et que momentanément il arrêtait le temps. Je décidais de l’économiser au maximum, comme pour moi aussi avoir du pouvoir sur le temps, sinon sur le souvenir.

Le fait de continuer à agir ainsi, à l’heure du tout vite fait, était comme une résistance à l’épuisement, une pause à cette frénétique course d’un monde qui se dit moderne. Si maman avait pu continuer de vivre au solaire, elle l’aurait sans doute fait.

Dans ces gestes simples, qu’elle m’avait transmis sans que je n’aie eu besoin de les apprendre, se concentrait encore la prunelle de ses yeux, bleus comme une mer calme qui vous porte à bon port.

Nous naissons et grandissons sous et par le regard de ceux qui nous aiment, et quand ils partent, que leurs yeux se ferment sur notre monde, leurs regards continuent de transporter jusqu’à nous ces petites choses qui viennent habiller nos souvenirs de tendresse et de nostalgie.

 

 

 

 

Joie !

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 » Mais l’amour attristé, l’amour auquel il reste un sentiment vrai de son bonheur momentanément troublé, donne des voluptés qui, tenant à la peine et à la joie, sont toutes nouvelles. » Honoré de Balzac.

 

Le bonheur, c’est un été en été

La joie, c’est un été en plein hiver.

 

 

À ceux qui l’ont tenue

La joie est ce mystère

La missive solaire

Au phrasé méconnu

Qui prend source à la nue.

 

Pas de quête à la joie

C’est dans l’incertitude

Où nous tient cette attente

Qui rend sa force intacte

Et chaque fois nouvelle

Une éclosion interne

Et qui s’en va répandre

Son soleil au dehors

Dans cette mise au monde

Certainement la joie

Ne serait plus la joie

Sans cette incertitude

Qu’elle nous revienne un jour.

 

 

Les signes se font-ils cygnes ?

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Aux cœurs bien à l’abri nul danger à la ronde

La foule est un bon choix pour se cacher du monde

Si les gens les bousculent, ils se rapprochent encore

Et de leurs mains qui brûlent ils assoiffent leur corps.

 

Pas besoin d’océan, le bleu baigne leurs yeux

L’infini est dedans puisqu’ils sont amoureux

Que de bruit tout autour , elle n’entend que sa voix

Et même ses silences ont un écho de joie.

 

Elle allonge son pas pour rester dans le sien

Marcher en harmonie tout au long du chemin

À l’époque où amour était au féminin

Il l’aurait devinée quand elle prit sa main.

 

Une mélancolie, un pincement de lyre

Un conte délaissé qui ne peut donc finir

Les signes se font-ils cygnes pour se choisir

Les âmes corps humains pour s’aimer et s’unir ?