Il a posé sa joue sur sa joue endormie

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

Il a posé sa joue sur sa joue endormie

Elle n’a pas ressenti la fraîcheur de la nuit

Juste un tressaillement au contact du soupir

Qui courait sur les lèvres empreintes de désir.

 

Il faut par la pensée exercer ses pouvoirs

Jouer d’éternité la valse des miroirs

Les nuits de pleine lune à l’amour sont propices

Qui parfument en secret les roses et les lys.

 

Ces retrouvailles hors temps sous la course du vent

Passent tous les obstacles et les atermoiements

Cette fois c’est bien lui venu la visiter

C’est son ami le vent qui le lui a confié.

 

Il a posé sa joue sur sa joue endormie

Elle n’a pas ressenti la fraîcheur de la nuit.

Publicités

Dernier écho du jour qui meurt

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Dernier écho du jour qui meurt

Avant que bleue devienne l’heure

Le soleil danse sur la Loire

Vêtue de sa robe de moire

Les chênes prennent autres couleurs

Pour toujours même ritournelle

Dans ce ballet leurs branches effleurent

Comme le font les hirondelles

Le miroir d’eau avec leurs ailes.

 

Dans la main du silence

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

L’heure était à l’intime. Tout s’intériorisait, les êtres et les choses. Un manteau bleu intense recouvrait maintenant l’océan pacifié, à peine quelques ondes fléchées d’ocre persistaient çà et là, souvenir d’un crépuscule flamboyant.

Le parc se vidait de ses visiteurs. Les fleurs encore enveloppées de la tiédeur du jour diffusaient le parfum suave des filles de la nuit.

Dans un enclos de verdure protégé par un épais bosquet, à l’abri des regards indiscrets, deux silhouettes attentives l’une à l’autre, échangeaient leurs secrets. Pas question de quitter la cachette, d’ailleurs il n’y avait plus personne pour venir les débusquer. Ces deux âmes intimement liées, de leurs doigts entrelacés confondaient leurs éthers, et tout leur être participait d’un même corps. Le temps ne comptait plus, ni le jour ni la nuit dans l’instant suspendu. Qu’importe à présent qu’ils soient condamnés à errer dans les enfers, tels Paolo et Francesca, ils ne pouvaient plus échapper à l’emprise du baiser. L’heure unifiait, pacifiait ses couleurs à la couleur bleue de l’amour pour mieux s’évanouir, laissant seuls ces amoureux œuvrer dans la main du silence.

— Restons ici si vous le voulez bien…

 

Dans la main du silence

Les amoureux de l’ombre

Voyagent loin des mondes

Ternis au plein soleil

La nuit sert à cela

Préserver la clarté

Sublimer la beauté

Forteresse imprenable

Des amours au cœur simple

Qui n’ont que leurs regards

Pour épuiser les astres

De leurs rêves d’infini.

Derrière le voile

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

Les nuages aujourd’hui ont drapé sur la toile

Transparente du ciel un obscurcissant voile

Plus de voûte azurée, astres, constellations

Disparus de ma vue et de mon horizon.

 

Pourtant rien n’a changé… tout est resté en place

Ôtée de ma vision la carte de l’espace

Avec tous ses repères me reviendra demain

Mais surtout d’ici là ne lâche pas ma main.

Il faut mettre du rêve Aux semelles du vent

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Il faut mettre du rêve

Aux semelles du vent

Naviguer dans le rien

Pigmenter l’éphémère

De lapis-lazuli

De songes d’outremer

 

Décharger le trop plein

Des existences enfouies

Aux abysses de l’âme

 

Les mots seuls ne suffisent

À briser le sarment

Vertical du temps

Ce vestige d’enfance

Prisonnier de l’immense

 

Il nous faut l’embrasser

Dans une épiphanie

Où l’essence des choses

Se contient dans son chant

Qui ne s’explique pas

Mais que le cœur retient

Ému par le poème

Sans savoir le pourquoi.

 

Je voudrais que ces mots

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Je voudrais que ces mots

Avant de s’agencer

S’envolent au plus haut

Coiffés de liberté

Tout chapeautés des rires…

Premiers du jeune enfant

Que les hommes et le temps

N’auront su affaiblir.

 

Je voudrais que ces mots

D’un ciel silencieux

Vierge du battement

De l’aile de l’oiseau

Et du souffle du vent

Avant de s’embrasser

En respirent le bleu.

 

Je voudrais que ces mots

Dans un chant sidéral

Fossile et primordial

Impriment au bain la trace

Remplissent tout l’espace

S’habillent en majuscules

Pour jamais minuscule

Ne se signe l’amour.

 

Je voudrais que ces mots

Touchés d’éternité

Pénètrent la clarté

L’âme du nouveau-né

Cet éternel retour

Que les astres colorent

Aux nouvelles aurores

Traversées par l’amour

Puis se posent sur vous

Comme une pluie d’étoiles.

Retenir la joie !

« La moindre joie ouvre sur un infini. »

Christian Bobin

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

Au début on ne sait comment faire. C’est impalpable la joie… ça vous glisse sur le cœur, ça a la fluidité et la grâce de l’aquarelle, quand une fois la couleur déposée sur la toile imbibée d’eau, le pigment se dilue avec d’autres pigments pour finir par flotter dans un bain aux harmonies allant jusqu’à la transparence.

C’est un peu ça le transport de la joie…

On aimerait en fixer le déroulement à son début, en retenir la force afin de la faire ricocher sur les minutes, les heures peut-être… On compte les minutes qui s’égrènent. On voudrait en faire une intime, une confidente, partager avec elle les vicissitudes du quotidien qui s’en trouverait allégé.

Nous accueillons la joie comme on accueillerait une grande dame à la chevelure pailletée d’or et qui laisserait sur son sillage les fleurs d’un jardin inconnu et secret.

Ma joie s’émancipait jusqu’à se déplacer

De mon imaginaire en pays étranger

Je suppliais la joie… voulais la retenir !

En tournant les talons elle éclata de rire.

 

La joie qui aspirait à voir autre horizon

Quitta sans préavis mon coeur et ma maison

Dans un feu d’artifice allant vers d’autres âmes

Me laissant dépourvue sans l’aura de sa flamme.

 

Je cherchais le bonheur à défaut de la joie

Fausse route m’a dit une petite voix

Sans la joie le bonheur ne peut être parfait

Ces deux-là vont ensemble intimement liés.

 

Le plaisir m’a dit : viens ! je vais te consoler

Je ne trahirai pas le nom qu’on m’a donné

Je suis un substitut, un plagiat, un vautour

Tu oublieras la joie, sa promesse d’amour.

 

La morale de l’histoire :

Pas de cage à l’oiseau, son vol est sa beauté

Sa raison d’exister tient dans sa liberté

Pas de joie qui ne soit libre d’aller, venir

Sans la perdre on ne peut tenter la retenir.

 

 

 

Naviguer dans le rien

vacances-espagne-petit-appareil-2016-007

 

Loin des terres et des mers

Qui bordent toute vie

L’esprit en bandoulière

Traverser l’éphémère

Caresser l’infini.

 

Naviguer dans le rien

Se vider du trop plein

De l’au-delà des mots

Et de ces oripeaux

Qui encombrent les âmes.

 

Aux contours de l’immense

Suivre des yeux l’étoile

Écouter le silence

Dans le froissé des voiles

Où se déplie le temps.

L’inespéré venait du ciel

thumbnail_CouvertureHersentbd

D’où venait-il exactement ?
Elle ne l’avait enfanté
Ni en son sein ni en pensée
Ni dans ces heures les plus sombres
Celles qui étalent leurs ombres
Longtemps après le jour passé.
Cette âme ne pouvait venir
Que d’un passé sans avenir
Une porte sur le néant
Qui traversait tel un présent
Inébranlable et impavide
Survolant l’insondable vide.
Elle ne se souvient plus quand
Cela devait être son heure
Cette descente sur son coeur
Ce baume oint sur les tourments
Ce beau cadeau, cet essentiel
L’inespéré venait du ciel.