Elle marche et s’émerveille et c’est une autre façon de prier

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Elle marche…

Elle marche ! comme pour remercier le ciel d’être en vie.
Elle marche et depuis quelques jours sa marche n’est pas un simple avancement, une propension à se déplacer.
Elle marche de tout son être, dans un élan qui ne craint pas la fatigue.
Elle marche et, se faisant, elle ne regarde pas seulement ce qui lui tombe sous les yeux, elle voit ce qu’elle n’avait jamais su regarder.

En ce mois de juillet la ville est calme, et chez elle aussi c’est le grand calme. Elle qui a donné tout son temps pour les autres, pour la première fois de sa vie peut-être, elle peut prendre de ce temps un peu pour elle. Demain, les enfants reviendront et elle sera accaparée à nouveau. Elle pense que c’est tout naturel et cela n’est pas un problème, mais pour l’heure elle découvre sa ville.

Elle marche et cette toute nouvelle curiosité lui donne de la joie. L’enfance n’est pas la seule période à l’épanouissement et à l’éveil.

Il aura fallu tous ces derniers événements pour que ses yeux s’ouvrent sur ce que l’habitude avait si bien lissé tout autour d’elle.

Elle marche et il y a du pèlerin dans cette démarche-là. Elle découvre sa ville, des petits détails d’architecture qu’elle n’avait jamais remarqués avant. Les belles maisons anciennes, la beauté des parcs et jardins avec leurs fleurs aux noms extravagants. Elle admire les églises et pour la première fois sans que le but soit d’y entrer seulement pour prier.

Elle marche et s’émerveille et c’est une autre façon de prier. Elle n’analyse pas ce qu’elle est entrain de vivre, ses yeux sont des fenêtres ouvertes sur le monde, et qui donnent sur son âme, claire et pure. Ses yeux sont sans âge parce que l’âme n’a pas d’âge ; c’est aussi simple que cela, le temps ne passe pas sur l’infini.

Peu importe si les choses ont changé ou si c’est son regard à elle qui les transforme. Elle sait que la vie est mouvement.

Elle marche ! comme pour remercier le ciel d’être en vie.

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Les nuits de pleine lune à l’amour sont propices

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Il a posé sa joue sur sa joue endormie
Elle n’a pas ressenti la fraîcheur de la nuit
Juste un tressaillement au contact du soupir
Qui courait sur les lèvres empreintes de désir.

Il faut par la pensée exercer ses pouvoirs
Jouer d’éternité la valse des miroirs
Les nuits de pleine lune à l’amour sont propices
Qui parfument en secret les roses et les lys.

Ces retrouvailles hors temps sous la course du vent
Passent tous les obstacles et les atermoiements
Cette fois c’est bien lui venu la visiter
C’est son ami le vent qui le lui a confié

Il a posé sa joue sur sa joue endormie
Elle n’a pas ressenti la fraîcheur de la nuit.

Personne ne semblait plus se poser la question de savoir si le bonheur n’était pas juste une absence de malheur…

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Le bonheur naît du malheur, le malheur est caché au sein du bonheur » Lao-Tseu

 « Le bonheur et le malheur ne signifient que bonne ou mauvaise heure. » Antoine de Rivarol

Il n’y a pas de roses qui soient sans épines.

Tout en remettant un peu d’ordre dans ses cheveux et de protection solaire sur ses joues avant de sortir, Isis, scrutant son reflet dans la glace, se posait cette question existentielle  : Serait-il possible de disposer d’un capital bonheur comme d’un capital soleil ?

Depuis quelques temps les revendications arrivaient de plus en plus nombreuses au bureau des invisibles, et s’accumulaient aux portes du bardo.

Les humains avaient-ils épuisé leur capacité à prendre du recul face aux événements tant extérieurs que personnels ? Leur soif de bonheur ne semblait plus étanchée par les plaisirs simples. Il fallait toujours plus et mieux. A croire que son bonheur ne saurait être que relatif à celui des autres. On épiait son voisin : sa voiture, sa femme, sa situation. Les aiguilles de la boussole bon sens s’affolaient dangereusement. Jusque dans les radios on entendait: « Il est où le bonheur, il est où ? «.

Personne ne semblait plus se poser la question de savoir si le bonheur n’était pas juste une absence de malheur…

Il fallait que cela cesse !

Le grand horloger décida de remettre les pendules à l’heure.

Dorénavant, chaque être humain aura à la naissance un capital « bonheur et malheur ». Identique à son semblable, mais aussi en équilibre dans sa propre vie. Ce sera à lui d’en gérer le stock, de faire les bons choix dans la distribution, là, résidera son libre arbitre.

Ainsi là-haut on n’entendra plus : La vie est injuste ! Certains ont vraiment plus lourd à porter que d’autres ! Mais que fait-il là haut ! Et si en plus il n’y a personne… Le ciel sera moins chargé de cumulus à revendications car à partir de maintenant, c’est l’humain qui devra gérer son stock…
Il y aura bien des cigales et des fourmis, mais au final tout le monde devrait y trouver son compte.

Certains écouleront joies et plaisirs dans les premières années de la vie, rejetant l’avenir, se plaçant dans l’espérance d’un miracle de dernière minute. Ceux-là n’auront que leurs yeux pour pleurer.
D’autres, plutôt fourmis, seront précautionneux.

Isis était de cette dernière catégorie.

Dans sa sagesse, Isis se dit qu’il y avait de nombreux avantages à écouler le plus de malheurs possibles dans ces années où elle serait en pleine possession de ses forces physiques et intellectuelles.
Comme de se dire quand un malheur arriverait : un de moins. Ainsi, elle ne se lamenterait pas sur sa malchance, consciente qu’elle verrait plus vite le bout du tunnel. Plutôt que de se focaliser sur son chagrin, elle anticiperait l’avenir qui serait oh combien ! beau et lumineux.

Imaginez… une vieillesse paisible, sans maladies ni accidents, sans deuils à supporter, avec toutes ses facultés et la possibilité de faire enfin, tout ce dont on a rêvé. Un ciel toujours bleu, sans nuages.

Elle se voyait déjà voyager, apprendre la musique, écrire peut-être… tomber amoureuse, certainement. Bon, d’accord, sur le dernier point, il lui faudra trouver une personne qui soit au même stade qu’elle, ayant épuisé tous ses malheurs, mais l’amour n’a jamais été chose simple…

Isis tenait donc avec grand sérieux sa comptabilité, tout à son désir d’écouler le plus de malheurs possibles et cela rapidement. Les années passaient et la balance penchait de plus en plus. Isis admirait son stock de bonheurs à venir. Elle était à présent bien loin de l’équilibre du début de la vie où les deux plateaux se trouvaient être sur le même niveau.

Pourtant très sage, Isis commençait à s’ennuyer, elle avait peu d’amis, les jeunes la fuyaient comme la peste, tous étant à leurs désirs de joies et de plaisirs immédiats. Le malheur n’est pourtant pas contagieux, pensait-elle. Avec le temps, elle abandonna la recherche des amitiés de son âge et se cantonna aux personnes ayant épuisé leur quota bonheur.

Il y avait autre chose auquel Isis n’avait pas songé, c’est que son capital malheur étant à l’identique avec celui du bonheur, elle se rapprochait inéluctablement de la mort . C’est ainsi qu’elle pourrait calculer presque au jour près le temps lui restant à vivre quand tous ses malheurs auraient pris fin. A partir de ce moment, Isis se mit à économiser… quelques malheurs… et à se dire que vivre sans connaître l’avenir était peut-être la meilleure des choses.

J’arriverai à toi l’infini dans les mains

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À ce moment précis où la lampe se brise
Où le ciel se rapproche où les lointains s’épuisent
Quand le cordon d’argent à terre n’est plus rien
Qu’un symbole rompu, un fil sans plus de lien

Le temps remontera dans son couloir de glace
Dans l’ordre rétabli tout reprendra sa place
Aux limites d’un monde où s’écrit le destin
J’arriverai à toi l’infini dans les mains

Tu me survivras

Au matin…

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S’émerveiller

Du jour neuf
Insouciant
Du réel
Et non encore
Traversé
Par l’épaisseur du temps.

Attraper…

La lumière
De l’aube
Y glisser
Avec pour seule attache
Sa voile
Bombée d’immense.

Traverser…

Les étendues
Désertées
Par la mémoire.

Poser…

Sur l’intangible
Ses yeux d’aquarelle
Noyés d’océan.

Appareiller…

Aux berges
Du beau
Du grand
Et de tous les possibles.

L’ami virtuel

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Il est sans sexe, il est sans âge
Tu le suis
Telle une ombre
Suit une ombre
Dans ses silences
Puis fulgurances
Et entre ces deux ombres
Il y a cet espace,
Fait de rapprochements et d’abandons
À la mouvance
Claire et obscure,
Tantôt habité
Tantôt déserté
Mais qui dans l’intima
Du vaisseau amitié
Nourrit le manque.

Un presque rien qui vagabonde

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En équilibre sur deux mondes
Un presque rien qui vagabonde
Imperceptible comme un souffle
Une petite âme s’essouffle
Dans l’ombre dorée de l’été
À l’équinoxe de sa beauté
Du bleu au vert, du cyan au rose
Au ciel c’est la métamorphose
Le corps passe du chaud au froid
Lorsqu’il déserte son beffroi
De tour d’ivoire en voie lactée
Ta voix ne m’a jamais quittée.