Le ciel devant la terre à cet instant s’incline

C’est l’heure où le soleil tire sa révérence

Derniers éclats du jour dans la chaleur qui danse

Avant que l’océan dans l’azur ne se fonde

Ne capture en ses bras la lumière du monde

Le ciel devant la terre à cet instant s’incline

L’astre d’or et de feu dans son plus bel atour

Embrase de désir tous les yeux alentour

L’offrande de l’amant avant son désamour

Jamais loin du doré l’heure bleue se dessine

Puis de rose l’estran à présent se praline

Les mystères du soir mettent au repos le corps

Que déjà en éveil l’âme se pare d’or

N’attends pas que la nuit vienne tout recouvrir

Les ombres au crépuscule emportent loin les rires

Ton songe te devance il te faut le saisir

Les poètes finissent eux aussi par mourir.

En partance

Elle a dit : « Il vous faudra pousser des portes « .

Pousser des portes…

Au risque de se retrouver face au vide.

Pousser des portes…

Au risque de ne jamais franchir la bonne.

L’espérance n’est pas derrière la porte, non elle est devant, dans le fait même d’avoir encore des portes à pousser quoi que l’on puisse trouver derrière…

Bonheur du linéaire
Avant la césure.

Sommes en partance
L’unique voie
Gagner le soleil
Sur la marelle du temps
Pas d’autres choix
Il faut mettre des œillères
À la peur
Au désespoir
Voir loin, loin devant
La marche même
Est la semeuse
De vie
Elle prolonge le temps
Celui qui reste
Avant la moisson
Il faut l’étirer au maximum
Nourrir le mouvement

Le moindre leurre
Pour appât
Tout sauf la stase
Celle d’avant l’arrêt du coeur
De l’appétit à vivre.

Elle avait dit :  » Il vous faudra pousser des portes ».


Ma vagabonde, ma souterraine, ma solitaire

Ma vagabonde
Ma souterraine
Ma solitaire

Fugueuse tu es
Si mon corps cherche à te retenir
C’est pour la bonne cause

Tu répliques

Que mon corps ne t’est rien
D’aucune utilité
Qu’il n’est ni ton père ni ta mère
Encore moins ton enfant

Tes fugues

Je les perçois pourtant
Et mes nuits sont alors agitées

À grands cris

Je te conjure
De rester

Ma vagabonde
Ma souterraine
Ma solitaire

Tu répliques

Que je ne suis ni ton double ni ton ombre
Je m’incline
Mes bras voudraient te donner leur chaleur
Te bercer

Tu me dis

Que ce n’est pas encore l’heure
Qu’un jour
Tu partiras pour ne plus revenir
Que je dois avoir confiance
Que tu ne partiras pas
Sans prendre avec toi
Un peu de mon bagage

Ma vagabonde
Ma souterraine
Ma solitaire
Mon âme.

Jusqu’où le chemin

Josette Hersent – Jusqu’où le chemin ?

Dire un texte, le mettre en valeur… Merci à LFM radio.

Jusqu’où le chemin ?

L’incertitude alourdit ta marche, écorne ta confiance. Chaque pas pèse davantage quand il suffirait de ne penser qu’à respirer. Oublie l’impatience à connaître de quoi demain sera fait. Nul besoin de compter tes pas ou de métrer ce qu’il te reste à parcourir.

L’anticipation est un leurre qui ne peut que saisir ce qui n’existe pas encore, ce qui peut-être n’existera jamais.

Insouciance… rime si bien avec enfance.

Hier encore tes pensées ne freinaient nullement ta marche, elles tenaient moins de place que ces trésors amassés dans tes poches d’enfant.

Le mystère pointe du doigt l’irrésolu resserré sur lui-même. Commencement, déroulement, finitude.  Et puis il y a ce que tu ne peux voir… l’éternité est partout ! En dedans et au dehors, en deçà et au-delà, c’est ta pensée qui la limite au temps de ton existence. Il faut mettre de l’au-delà dans tout : au-delà des mots, au-delà des peurs, au-delà du réel.

Il fait si beau, ne pense pas à ne pas penser, c’est déjà une pensée. Accepte ce que d’avance tu as validé, ce drôle de contrat aux lignes si petites et si enchevêtrées qu’on les nomme lignes de vie.

Un tel cadeau !

Celui qui ne frappe pas à la porte ne risque pas de la voir s’ouvrir…

Combien de temps ai-je tambouriné, le cœur ardent du désir d’avoir un signe ? Je ne pourrais le dire, le temps s’est rétracté, comme disparaissent les douleurs de l’enfantement à l’instant même de la délivrance.

Ce cadeau n’avait rien d’ordinaire. Encore ce jour, je ne comprends pas pourquoi moi. On dit que la vie est injuste, elle l’est, mais est-il naturel de recevoir un tel cadeau, quand on ne le mérite pas plus qu’un autre ou qu’une autre ?

Oh ! Je l’ai pris le cadeau. De toute mon âme. Et celle-ci en est encore toute tremblante de reconnaissance.
Celui, celle, qui connaît cette joie, la sait unique.
C’est celle que les mères savent d’instinct, dans la moiteur de leur chair, quand on leur met leur enfant sur le sein.

Mais cette fois la joie était d’une autre naissance, elle aussi unique et tout autant mystérieuse.

Il me faut davantage remercier. Pas seulement par des mots ou des gratitudes. Certainement la meilleur façon de le faire serait de m’améliorer. Dans sa grâce le don ne m’a rien demandé en échange.
Gratuité complète. Amour inconditionnel.

Les réponses, il me faut aller les chercher au plus profond de moi-même.

J’ai bien tenté de partager, la joie était si belle, si pure, qu’il me fallait redonner moi aussi un peu du cadeau reçu, et cela sans rien attendre en retour.

De quoi demain sera fait ? Je n’en sais rien. Nous n’avons pas un quota d’épreuves ou de joies qui nous serait attribué une fois pour toutes.

Mais je sais que vous êtes là, et que partout où mon cœur vous cherchera, il retrouvera la douce lumière de votre mansuétude.