De la nécessité à l’envie

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L’écriture peut être une nécessité. Un besoin comme celui de nourrir son corps, se vêtir, respirer. Cette écriture-là n’a rien de romanesque, elle n’a pas vocation à devenir un conte ni un roman, non plus pour objet de faire jolie, d’être musicale ou poétique. Elle s’invite pour cristalliser ce pan de notre être que nous pourrions perdre définitivement, si nous ne colmations pas les deux mondes qui viennent de se séparer, celui de l’avant et celui de l’après.

Et puis il y a eu ce glissement…

De la nécessité à l’envie…

Ce fut un fléchissement plus qu’une inclinaison, un enroulement en douceur vers quelque chose d’autre, pas forcément plus positif ou meilleur car non nécessaire, mais certainement plus gai, nouveau et non appréhendé. Une mise en place sans ordre émis par une volonté, de fait inconsciente, puisque ne faisant aucune vague à la surface, pareil au temps qui passe, et qui laisse sa griffe définitive, au coin des yeux, lentement, de manière si détournée que l’on n’a rien vu venir.

De l’envie à la création…

«  Le besoin de créer est dans l’âme comme le besoin de manger dans le corps. » Gaston Bachelard

C’est peut-être là toute la différence entre le besoin vital, mal dégrossi parce que nécessaire, et le choix d’une écriture choisie, réfléchie. Parfois cela donne de drôles de bébés. Accoucher de la vie à partir de rien n’est pas la même chose que mettre au monde dans un désir de création ; le premier est une urgence, un sauve-qui-peut et certainement une erreur de le formuler sous forme de poésie. Le rocher brut au pied de la falaise, usé par le ressac d’une mer agitée, érodé par le temps, ne deviendra jamais la pierre taillée en facettes qui captent la lumière.

Si on a la chance de passer de la nécessité à l’envie, on est presque sauvé. On peut regarder à nouveau hors et non être celui qui garde le regard tourné en dedans. Ouvrir toutes les fenêtres et les portes de la maison. Laisser le soleil en franchir le seuil. Il y a une feuille, un crayon, prêts à saisir quelques rayons pour aller vers une autre direction, une autre dimension.

De la création au plaisir…

Quand créer devient plaisir il n’y a plus d’obstacles, d’étapes, qui ne soient infranchissables.

Il arrive même que l’écriture réinvente son sujet à partir de sa propre cristallisation.

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Ton âme, un cadeau

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Une douceur plane dans l’air

Évanescente, printanière

Les prémices du renouveau ?

Non, ton âme comme un cadeau

Qui vient effleurer mon oreille

Me dire la journée sera belle

Je t’ai perçu, c’était bien toi…

Jusqu’à ce soir tout près de moi.

Il est partout, partout

OLYMPUS DIGITAL CAMERADans l’immense et l’infime aux confins de l’étrange

Il est partout, partout, m’a révélé un ange

Dans le matin frileux, le crépuscule ardent

Dans l’opale irisée d’une larme d’enfant.

 

Dans le rideau de pluie que traverse le jour

Ces lueurs perlées d’un elfe pris d’amour

Célestes sont les voix qui portent l’indicible

Aux portes du poème écrit dans l’invisible.

 

Il est partout, partout, m’a révélé un ange

Dans l’immense et l’infime aux confins de l’étrange

L’éternité s’exprime à travers le vivant

Entre nos yeux mi-clos œuvrent tous les printemps.

Un jour, ailleurs

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Si mes plus jolis vers sont pour vous à venir

C’est qu’au fond de mon cœur je les garde à dormir

Jamais cœur ne fut plein d’un tel engorgement

Ressemblant à la mer soudain grossie de vent.

 

Mon rêve de la nuit s’est perdu jusqu’au bord…

Du jour, là où fleurit une herbe frisée d’or

J’ai voulu le garder comme on garde un secret

Morphée m’en a ôté et la porte et la clef.

 

Contrarié l’amour en perd jusqu’au repos

Il erre triste, seul, aux rives du bardo

Entendez-vous la plainte, elle arrive alanguie

Faisant vibrer l’archet de la mélancolie.

 

Si mes plus jolis vers sont pour vous à venir

C’est qu’au fond de mon cœur je les garde à dormir

Peut-être un jour, ailleurs, dans votre paradis

Je vous dirais les vers que je n’ai jamais dits.

L’air de Paris

paris sous la neige le 20 01 2013 2 paris revue (2) rognée

Aux elfes de la nuit conte de fées d’un jour

La seine s’écoulait sous le poids des amours

Dans ce rapprochement à marcher près de lui

Tout respirait la joie jusqu’à l’air de Paris

Pour longtemps cette nuit fleurisse ses chagrins

Prendre l’air de Paris et du Monsieur la main.

L’amour épelle au ciel ses lettres de noblesse

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La nuit chuchote au jour quelques vers du poète

Endormi pour toujours dessous la gloriette

Plus rien ne chante ou danse en dehors cet écho

Transporté par le vent ou l’aile de l’oiseau.

 

Les arbres sous l’effet de la métamorphose

Recouvrent de bleu cyan les mauves et les roses

Avant que de glisser leurs branches alanguies

Dans l’onde aux doux reflets où dort la poésie.

 

Me souviendrai-je alors dans ce décor ouaté

Du matin, de son chant, de sa douce clarté

L’amour épelle au ciel ses lettres de noblesse

Et combien de regrets ici-bas je vous laisse.

La même et pourtant différente

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Cette première porte, je ne pensais jamais la pousser. Trop peu de confiance en moi. Sauf qu’il est des choses qui remettent tout en place, et le regard que l’on porte sur soi a si peu d’importance…

La grande claque dans le dos qui vous pousse là où vous n’êtes jamais allé, je l’ai reçue. Elle est de celles données par l’existence et qui vous mettent k.o.

Derrière la porte il y a un tout un monde, étrange car étranger. On y entre à découvert, sans protections, sans armures, comme tous ceux qui croient ne plus rien avoir à perdre. Quelle illusion ! Quel orgueil ! De celui-ci, vous ne pouvez ressortir sans bleus au corps, à l’âme… Vous avez commencé à ouvrir une porte et quel étonnement de découvrir que derrière cette porte, il y a d’autres portes et d’autres encore. Toutes emboîtées les unes dans les autres, telles des poupées russes, ces matriochkas que l’on offre aux enfants, et qui sont toutes à l’identique sauf par la taille.

Ces poupées, ces portes, c’est un peu de vous que vous déplacez, la même… mais pourtant différente.

Douze ans de manque = douze ans d’écriture. Pour être plus précise douze ans trois mois et quinze jours. C’est court et c’est long, ça résume et ça dit tout.

Chaque jour le crayon, chaque jour le papier ; des lettres qui se forment, des idées qui viennent, parfois les lettres avant l’idée : un joli mot, une photo, puis le souvenir de ce qui va avec.

Flaubert disait : Il faut écrire pour soi, avant tout, c’est la seule chance de faire beau. «  Et aussi : «  Le mot ne manque jamais quand on possède l’idée. » Sauf que je ne cherchais pas à « faire beau » et l’idée chez moi était fixe, quant au mot il me possédait plus que je ne le possédais. : Manque ! à lui seul ce grand vorace mange tout, kidnappe ce qui reste après avoir été englouti, jusqu’aux miettes.

Manque comme Mot commence par un M. La comparaison s’arrête là, le mot est sans limites car il comporte à lui seul tous les autres, ceux que l’on cherche, que l’on pose, que l’on bichonne, que l’on multiplie, quand le manque est si pauvre qu’il se réduit à lui-même.

C’est le plus court qui est le plus grand, lui qui accompagne, porte, creuse, détourne parfois le manque, ce grand silencieux de surface.

Certaines parenthèses sont si longues, qu’elles ne peuvent plus se refermer sans constituer tout un pan de vie. Pour l’instant je ne fais que pousser les portes, l’avenir est derrière.

Faut-il que la joie manque à ce point que l’on n’a de cesse de la rechercher.

Mon âme

 

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Mon âme qu’avais-tu besoin de ces tourments

Au-delà de la mort garder un cœur vivant ?

On prend de la jeunesse on emporte avec soi

Ses désirs, ses envies, tout ce qui faisait joie

Quand le corps démuni du pouvoir de vibrer

C’est par le souvenir que le cœur sait aimer.

Au gui l’an neuf

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L’arbre a ouvert ses bras pour que le ciel s’y pose

L’infini ici-bas œuvre sur toute chose

Le solstice d’hiver passé tout doit renaître

La nature a toujours une avance sur l’Être.

 

Il faut au blé germer, il croît déjà sous terre

Dans l’ombre il accomplit son destin solitaire

Les vœux faits sous le gui porteront de beaux fruits

Avec un peu d’amour, de soleil et de pluie.

 

À chaque nouvel an nous refaisons le monde

Mais nos engagements sitôt pensés retombent

Il faut pareil au blé accomplir son destin

À l’ombre de la terre où tout renaît sans fin.