Prix Pierre Corneille

remise de prix 023

 

Remise du prix Pierre Corneille pour mon recueil de poèmes « Intemporel »

 

Le 14 octobre 2017

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Empreinte

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Un soir où en son cœur l’ennui creusait sa peine

Donnant du poids aux heures sans plus que temps s’égrène

Quand elle pensait enfin l’avoir pu contenir

En force lui revint le bien doux souvenir.

 

De la chaude journée l’air distillait aux sens

Les senteurs d’un bouquet aux multiples essences

De la mer les embruns montant jusqu’au chemin

Epiçaient d’un parfum sucré salé les pins.

 

D’autres, plus loin, gauchis par les vives tempêtes

Semblaient saluer la vie en inclinant la tête

Et la route verdie par la double voilure

De ce tableau vieilli égayait la peinture.

 

À marcher dans les pas de cet amour défait

S’épuisaient les raisons à ne plus y penser

Quand l’écho prisonnier du mur de ses silences

S’échappait de ces lieux qui avaient vu l’enfance.

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La feuille d’automne

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Vois ! ces coteaux jaunis sous la poussée d’octobre

Vois ! ces roux et ces bruns flamber de même ivresse

Face au soleil doré la feuille qui se blesse

À retenir son vol au souffle qui la presse

Avec sa ganse rouge et son tablier d’or

Elle défie le ciel de lui donner la mort

Si caduque elle est née la sève coule encore

Sous son limbe doré on devine l’essor

De la fuite des jours vers une ultime aurore.

 

Naviguer dans le rien…

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Loin des terres et des mers

Qui bordent toute vie

L’esprit en bandoulière

Traverser l’éphémère

Caresser l’infini.

 

Naviguer dans le rien

Se vider du trop plein

De l’au-delà des mots

Et de ces oripeaux

Qui encombrent les âmes.

 

Aux contours de l’immense

Suivre des yeux l’étoile

Écouter le silence

Dans le froissé des voiles

Où se déplie le temps.

 

Le manque, binôme de l’amour

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« C’est ce qui manque qui donne la raison d’être » Lao-Tseu

 » Le sucre ne sert à rien quand c’est le sel qui manque » proverbe Yddish

 

Amnésie de la plénitude…

Le manque, patrie et accueil de l’inespéré…

Pareillement à l’eau stagnante privée d’oxygène quand l’air ne se lie plus à l’eau, le manque recouvert de son magma, croît, multiplie, pour finir par se confondre avec tous les manques au plus profond de l’obscur.

Vide, absence, pénurie… les mots ne manquent pas au manque dans le creuset d’incomplétude des souffrances infinies.

Cicatrices et griffures, ces marques du manque, s’impriment d’abord sur les corps avant de creuser les âmes et vider les mémoires.

Ces premières blessures, mises à vif dans l’enfance, ne cicatriseront jamais totalement. Peur engendrée par la souffrance du non-amour. Le manque peut alors, dans ce cas, être révélateur tout autant d’amour que de désenchantement.

Il faudra s’abandonner à la confiance pour échapper à ce refuge/prison. Celui qui découvre l’amour par le manque risque de vouloir se protéger des deux sa vie durant.

Binôme de l’amour, le manque en est d’abord le révélateur. Il est partout: dans l’art pictural, dans les livres, les écrits, l’imaginaire, dans la musique, dans le jour qui attend la nuit et même dans l’alternance des saisons.

Combien de personnages de romans prennent ainsi corps dans nos propres ombres à la lecture d’un récit. Visage du père inconnu, de l’amant rêvé, de l’enfance idéalisée.

L’amour contenu dans le manque ne se voit pas toujours sans les fils conducteurs que sont l’abandon et la confiance, seules lumières à franchir finalement les portes de nos manques.

 

 

 

« Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué… »

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« Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué… »

Jacques Rouxel

 L’ordre dans le désordre, tout est planifié…

 Je l’aime bien ce petit arbre, qui se détache, isolé, planté dans son champ. Sa simplicité face à l’adversité est touchante. Il se tient là, debout, avec sa résistance aux intempéries, aux hommes, solitaire. Sa beauté tient dans sa fragilité, toute concentrée dans ce temps qui lui est imparti à se maintenir en place.

Loin de ses congénères peut-être parle t-il au ciel ou à ses racines, tel l’ermite dans sa grotte repousse les limites de la connaissance qu’il a de lui-même…

 Simplicité ! le mot sonne comme une utopie, un Graal obscur et lumineux à la fois, difficile à atteindre.

Quand la complexité tient de la vie même, la simplicité n’est pas dans l’ordre des choses. Si je devais lui mettre un visage, sa peau aurait une texture si fine, si légère, qu’elle paraîtrait presque éthérée.

Mais nous sommes d’argile…

Un frémissement

À peine perceptible en surface

L’immobilisme est mortifère

Un monde à l’intérieur d’un autre

Couve en silence

Ondule

S’imbrique

Nous enlace

Nous embrasse

Nous dévore.

L’infini déployé à l’intérieur de notre finitude.

Le complexe aura toujours une avance sur la compréhension que nous en avons. Nous découvrons chaque jour plus de complexité à la vie. Les fossiles datant de 520 millions d’années lèvent juste un coin de leur mystère. Que diront de nous nos os fossilisés dans 520 millions d’années ? Que nous savons très peu, juste un plus que l’arbre qui résiste et que les champignons et insectes qu’il abrite.

L’ordre dans le désordre. Le simple dans le complexe. Tout est planifié, vouloir notre autonomie serait un leurre voire un danger. Gardons à note corps l’argile et rêvons que notre Esprit soit d’éther.

 

 

 

 

 

La sagesse de l’ange

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Seulement s’il le veut m’a répondu le ciel

Le choix doit être libre il n’est de bon conseil

Qu’à celui qui est prêt à tendre son oreille

Notre rôle n’est pas de répondre à tes souhaits

Mais d’être à tes côtés pour te faire évoluer

Si nous sommes avec toi tu portes tes valises

Les contours restent flous aux âmes indécises

L’amour n’a d’autre loi que d’en avoir aucune

Les assauts de la mer, le calme des lagunes

Quand tu offres ton cœur n’attends pas qu’il revienne

Car tu perdrais ta joie en lui volant la sienne.

 

« Je est un autre »

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 » Je est un autre. Tant pis pour le bois qui se trouve violon, et nargue aux inconscients, qui ergotent sur ce qu’ils ignorent tout à fait ! »

Arthur Rimbaud

Lettre à Georges Izambard

Extrait

 

Conte à dormir debout…

 

Mon rêve de la nuit s’est perdu jusqu’au bord…

Du jour, là où fleurit une herbe frisée d’or

J’ai voulu le garder comme on garde un secret

Morphée m’en a ôté et la porte et la clef.

Combien de temps est-il resté dans cette antichambre entre ombre et lumière ? Cela lui revient par bribes, quand la lune est pleine et que ses nuits s’agitent. Cette fois dernière, était-ce un songe, une illusion ? Le transport dans une autre réalité l’imprégnait au réveil d’ un sentiment étrange, tel celui : « je est un autre ». Il faut au réel du jour pour exister.

Observer. Seulement cela, observer. Il ne s’agit pas d’être d’accord ou pas avec ce qui se passe dans notre cerveau à ce moment précis, de porter un jugement ; il n’y a rien à décider du bien ou du mal ou chercher à s’en défendre ou ce genre de chose. Il y a juste à accueillir, le matin effacera en partie ce pan d’une réalité inconsciente qui échappe au conscient. Chercher à avoir une quelconque maîtrise, ou donner du sens à ce que notre esprit rationnel comprend comme étant irréel, serait vain. Le rêve est bien réel, du temps qu’il se réalise à celui où sa trace perdure durant l’éveil.

Depuis peu le rêve était devenu récurrent, cela ne l’inquiétait plus, l’habitude tue l’inquiétude. Il en était presque étonné quand le rêve sautait un soir de pleine lune. – Ma mémoire me ferait-elle défaut ? pensa t-il la première fois.

Le songe à présent n’était plus synchro avec la lune. Cela le turlupinait tant et tant qu’il restait éveillé des heures durant, fixant la lueur lunaire qui passait à travers les persiennes ajourées. Mais point de songe.

Et puis.. il est revenu, sans avertir et sans suivre le calendrier lunaire.

Dès lors le rêve se mit à emplir toutes ses nuits, à tel point qu’il y pensait constamment et que peu à peu il n’arriva plus à dissocier le jour de la nuit.

L’onirique voyage passait toutes les barrières, son rythme circadien en était profondément perturbé. Son taux de mélatonine chutait de façon inquiétante et ses synchronisateurs n’étaient plus en phase.

Vous le verrez peut-être passer, l’air absorbé par cette lune où les rêves naissent et reviennent mourir, quand la réalité nous échappe pour s’évanouir vers un ailleurs, inconnu de notre réalité.

 

Il est de ces secrets tels de petits billets

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De ces nuits où les songes amis avec le vent

Passent la grande porte de nos atermoiements

Entre lumière et ombre il faudra bien choisir

La grande roue du temps souffle nos souvenirs.

 

Il est de ces secrets tels de petits billets

Qu’une main bienveillante aimerait déposer

Dans le fond d’une poche ou le creux d’un tiroir

Serments et souvenirs remplissent les armoires.

 

On ne peut négocier au ciel l’inexprimable

Il faut encrer de bleu le blanc de l’ineffable

L’indicible est sans tain au grand miroir de l’âme

L’écho de ses reflets s’épuise aux brise-lames

 

Les secrets bien gardés finissent par se taire

Enfouis dans les chagrins ils errent solitaires

Dans le tiroir du cœur on trouve des cachettes

Empreintes de pudeur et de fleurs secrètes.

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