Entre mon piano et moi c’est une histoire d’amour. Suite…

piano le 24 MAI 2016 005

Être attentive, mais juste ce qu’il faut, trop de tensions finissent par ôter toute spontanéité. Un léger vagabondage de l’esprit reste de mise. Une configuration entre attention et rêverie qui rattrape la musique, s’en imprègne, la capture afin de mieux l’appréhender, finit par en épouser toutes les nuances, les couleurs. Tout donner à celle qui ne déçoit jamais, l’aimer pour qu’elle aussi nous aime un peu, notre fidèle, notre bien-aimée.

 Il nous faut chercher la bonne équation entre technique, automatisme et ce plaisir aux portes de nos émotions. Au pire ou au mieux, faire confiance à ses doigts, à leur mémoire.

Une boucle subtile entre cerveau et doigts, entre doigts et cerveau. Un feedback qui régit nombre de lois naturelles. Harmonie des sons, égrégore de joie. Petit miracle musical que cette communion entre un compositeur, sa musique, et son interprète : le pianiste.

Certains diront que le miracle n’est qu’à demi, tant il faut de travail et de patience pour arriver à cette osmose, cet effacement des difficultés, ce délitement de l’effort dans la grâce. Si cela nécessite du par cœur, celui-ci s’oublie en se lovant sous la pulpe des doigts, tantôt sous la pression ferme et percutante de la touche, tantôt sous sa caresse.

C’est quand on comprend ce qu’est l’amour que l’on se dit :  » comment j’ai fait pour vivre sans. »

 

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Entre souvenirs et trous noirs.

 

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Entre souvenirs et trous noirs

Un jour s’épuisent nos mémoires

On ne peut pas gommer sa vie

La réécrire à l’infini.

 

Je prends, je laisse, je délaisse

Il faut ignorer ce qui blesse

Du temps cloisonner les couloirs

Se dédouaner de son histoire.

 

Les sentiments dans le silence

Affleurent, effleurent à la conscience

Dans une sourde progression

Creusent en nos âmes leurs sillons.

 

Un pansement aléatoire

Dans cet oubli très provisoire

Un baume posé sur ces peurs

Qui font des fêlures à nos cœurs.

 

Je fais le voyage à l’envers

Remonte aux sources des rivières

Aux méandres de la mémoire…

Tous les reflets, tous les miroirs.

 

 

L’ordre dans le désordre

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« Les hommes ont besoin de sens, comme ils ont besoin d’eau, de lumière ou d’air. »

« La vie est simple et claire. Et elle n’est que mystère. »

Jean d’Ormesson

L’ordre dans le désordre.

Une cellule se dérègle, sort de son programme, veut l’éternité, et la vie bascule. L’homme meurt non pas parce que ses cellules meurent mais justement parce qu’elles se veulent immortelles. Les cellules cancéreuses sont éternelles, du moins le temps que leur hôte est vivant. Pour vivre longtemps jeune et en bonne santé, il nous faudrait des télomères en équilibre entre ces deux extrêmes, à la jonction de la destruction et de la stabilité. Tout est donc dans la mesure là aussi. Et le moindre dérèglement peut emballer la machine.

Mais, comme le disait si justement Jean d’Ormesson, la vie n’est belle que parce qu’elle n’est pas éternelle.

Dans cette instabilité constante, nous, pauvres humains, tentons de contrebalancer par la création une énigme impossible à résoudre. Avec nos petits moyens, il nous faut un peu de temps avant de réaliser que ce monde est incertain, que nous sommes mortels et voués à la transformation.

Nous voudrions des réponses quand nous participons d’une énigme dont nous ne possédons pas la clef, donc impossible à résoudre dans ce temps qui nous est imparti. Notre réalité est contenue dans ce mystère.

Une ombre plane sur notre tête… sommes-nous les seuls à avoir conscience de ce temps qui nous est compté ?

Si la fleur savait, s’ouvrirait-elle avec la grâce infinie du don de soi ?

Si l’oiseau savait, ferait-il du surplace face au vent afin d’économiser ses forces ?

Pour la fleur comme pour l’oiseau, la sagesse tient du fait de leur ignorance.

Et si la sagesse était dans l’acceptation de ce que nous ne pouvons changer ou résoudre. La fleur et l’oiseau n’ont pas besoin de la conscience pour être dans le vrai.

Les hommes s’enferment en cloisonnant le temps. Les rythmes de la nature n’ont pas besoin de nous pour continuer, imperturbables, leurs cycles. Si nous avons sauté dans le temps le jour de notre naissance, nous n’en avons pas eu aussitôt la conscience, d’ailleurs nos souvenirs ne remontent jamais au-delà de nos deux premières années. Le temps s’écoule sans nous, mais c’est la conscience que nous en avons qui lui donne sa véritable place. Ainsi un événement heureux passera tel un éclair quand une douleur de même durée nous semblera une éternité.

C’est par la capacité d’être présent à soi-même que nous sommes co-créateur de ce sens tant recherché.

Une seule empreinte au sol

Suffit à marquer un passage

La préserver du vent

De la poussière

Et de l’oubli des hommes.

Regardez en ce jour… un nouveau qui arrive.

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Regardez en ce jour… un nouveau qui arrive

Un peu déboussolé, passé sur l’autre rive

Déployez sous ses pas un tapis de lumière

Blanche et immaculée comme neige au matin

Qu’il n’ait pas le regret d’un retour en arrière

En foulant le premier ce tapis de satin

Anges ! gonflez vos joues ! insufflez d’air vos cuivres !

Trompettes et clairons sonnez l’avènement

Que le ciel s’ouvre à lui sous sa brume d’encens

Qu’au royaume des âmes il s’emplisse et s’enivre

De la douce ferveur délivrée par vos chants.

 

Il y avait dans l’air quelque chose de spécial…

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Il y avait dans l’air quelque chose de spécial. Le vent était tombé, mais il restait en suspens une haleine à la fraîcheur de menthol. Le ciel était bas, gris et chargé. Maman a dit : « Le ciel est à la neige !  » puis tout de suite dans la foulée, elle a repris : « J’ai vu des vanneaux passer ce matin, c’est signe de froid.  »

La speakerine de la télé a confirmé le soir même les prévisions de maman. La neige devrait recouvrir une grande partie du territoire d’ici la fin de la semaine, d’ailleurs elle tombait déjà depuis la matinée sur les Alpes et les Vosges et sur une grande partie de l’Est de la France.

 » J’aimerai bien un Noël sous la neige » disent en chœur les enfants tout en scrutant le ciel.

D’accord, mais ici nous sommes en Normandie ! Rares sont les années où la neige tombe en abondance en tenant au sol plus de deux jours.

Justement, cette année-là, elle est tombée dru en surprenant tout le monde.

Qui n’a jamais vu, les chaumières à colombages transformées pour quelques jours en chalets montagnards, les branches des vieux pommiers, recouvertes d’un épais manteau neigeux, se briser sous leur propre poids. Qui n’a jamais vu, quand il faut casser la glace, herbes et brindilles emprisonnées dans leur gaine de cristal former de folles arabesques, n’a rien vu de ma Normandie.

Lors des hivers rigoureux, il peut tomber ici tout autre chose que le fameux crachin.

Demain, peut-être, l’immaculée aura pris cette lenteur d’un rêve inachevé.

Laisser Cabourg et sa promenade Marcel Proust. Tourner avant, à Varaville, de bon matin, quand la départementale qui serpente le long des marais de la Dives est encore blanche. Elle est magique. Le marais blanc porte bien son nom, mais cette fois non du fait des inondations. Ni soleil, ni homme, ni animal, pour marquer ce tapis encore vierge. Continuer la route qui traverse hameaux et villages aux noms enchanteurs : La Bruyère, La maison blanche, la Croix d’Heuland, La mare aux pois, Les Forges de Blonville… passer Touques, les bois de St Gatien pour finalement arriver sur Equemauville puis Honfleur.

 

Vous êtes chez moi.

 

Bonnets et cagoules

La neige retient l’enfance

Flocons blancs au cœur.

 

 

Sans vous en avertir…

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Sans vous en avertir toute ma vie durant

Je n’ai fait que venir où me poussait le vent

Les distances entre nous désormais abolies

Vous habitez le coeur de ma mélancolie.

Mon rêve est à l’abri, rien ne peut le soustraire

Ni le temps ni l’oubli pour gagner son mystère

Et si sans espérance, aujourd’hui, je vous aime

C’est que j’aime de vous jusqu’au souvenir même.

Vous avez engendré bien plus que de l’amour

Ces mots, écrits pour vous, les lirez-vous un jour ?

S’ils arrivent à vos yeux, c’est bien à votre coeur

Que ma bouche eût aimé exprimer sa ferveur.

Pour s’en aller cueillir la fleur née de son rêve

À l’âme somnambule il faut que nuit se lève

Pas de but au chemin que celui incertain

À ne pas chuter là où chancelle son pas.

 

Différents et pareils

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Pour nous ceux qui restons tout est première fois

Les mois et les saisons premier Noël sans toi

Comme tout a changé il faut tout réapprendre

Et se réinventer… la joie n’est pas à vendre

 

Si nous sommes aujourd’hui différents et pareils

C’est qu’une dissonance a percé nos oreilles

Dehors la fête brille et tous ces lumignons

Pour éclaircir le deuil sont de pures illusions

 

La neige immaculée floconne sur les ans

Mais n’est pas éternelle aux yeux du vieil enfant

Cela ne s’apprend pas dans les livres ou ailleurs

Mais au fond de l’intime au cœur de notre cœur

 

Première et dernière fois entre mort et naissance

La vie fait son chemin trace sa résilience

Pas à pas avançons différents et pareils

À ce que nous étions en mouvance et fidèles.

 

 

L’adieu est dans l’exil…

 

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« Quel temps à mon exil, quel lieu prescrivez-vous ? »

Racine

Pas plus que la vie, la mort ne s’affranchit de l’éphémère. Est-ce longue insomnie ou rêve lucide que cet avenir confisqué en attente d’un éternel retour.

L’au revoir appelle au retour quand l’adieu tient de l’exil.

À l’aube ils prennent leur envol, oiseaux migrants vers d’autres contrées. Des deux côtés de l’aube, la même attente dans un clair-obscur aux limites de l’espace et du temps. Un cri fend l’air, un enfant vient de naître à la vie, en même temps que ses poumons se remplissent, le temps reprend son écoulement. Des milliers de visages, un seul regard, l’éternité pèse de tout son poids dans l’instant.

Vibrations invisibles

Portées par tant de voix

Qui nous parlent d’un monde

Que nous ne savons pas.

 

Notre royaume est fait

De baumes et d’ivresses

De douleurs et de joies

Sur des chairs éphémères.

 

Ondes universelles

Briques de l’infini

Qui caressez nos vies

Comme pluie sur du verre.

 

Mon souffle, mon apnée

Pour quelle destinée

Mon esprit est coiffé

Que mon corps ne sait pas.

 

 

Le temps de l’Avent

Jours se décomptent jours de l’Avent

En toi le plus beau des présents

Ta main sur ton ventre caresse

La miraculeuse promesse.

 

Echange d’amour et d’abandon

En ta matrice parfaite union

Marie porte sans le savoir

D’un nouveau monde les espoirs.

 

Jours ôtés au calendrier

Personne pour te l’arracher

Il est à toi ce petit homme

Celui qui doit sauver les hommes.

 

Garde-le bien en son abri

Ton tout petit jolie Marie

Jours se décomptent jours de l’Avent

Avant les peines et les tourments.

 

A toi Marie il suffisait

D’un joli enfant à aimer

Quand tu le berces dedans ton corps

Tu tiens déjà tous les trésors.

 

Future maman jolie Marie

De ces temps qui te sont bénis

En cet Avent l’Amour vainqueur

Déjà présent en votre cœur.

 

Jours se décomptent jours de l’Avent

Ton corps t’annonce l’Avènement

Encore un peu de temps Marie

Pour toi, toi seule, ton tout petit.