Le secret de maman

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 » Il faudrait que je cherche… »

Voilà ce que maman répondait chaque fois que remontait à mes lèvres la même question.

Cette question, tant de fois posée, tant de fois éludée, il aura fallu attendre la mort, pour en obtenir quelques réponses.

Bien sûr, j’allais devoir reconstruire le puzzle avec les pièces manquantes. Bien sûr, je n’aurai jamais la vérité, « sa » vérité.

Mon tableau reconstitué ne sera fait que de bribes, bribes que la mémoire se charge de transformer, de charger, de déblayer et de recouvrir.

Les pierres finissent toujours par remonter à la surface. Plus ou moins lentement, et le temps oeuvre pour que les vieux enfants finissent par construire, avec l’aide de ces pierres, un autre mur, un mur qui relie, et ne sépare plus, les vivants et les morts.

Le secret de maman, je n’en connais qu’une infime partie. Et si l’on venait à me questionner à son sujet, je dirais :

 » Il faudrait que je cherche. »

Sur socle d’éternité

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Une plongée

Dans le reflet

Des jours et des jours

Qui ne sont à leur tour

Qu’une métamorphose

Du jour premier

Le monde se moire

De couleurs en couleurs

De parfums en parfums

De pierres toujours plus lissées

Au silence des rivières

En mouvance éphémère

Sur socle d’éternité.

Dans l’oubli d’un dernier asile

 

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Quand ton corps ne fera plus d’ombre

A ton âme désincarnée

Que la mort aura épousé

Son aura couchée dans la tombe

Que jamais ta lumière sombre

Dans l’abîme des profondeurs

Car pire serait que tu meures

Du fait que l’on taise ton nom

Par ne plus lire dans les cœurs

Combien toujours ils t’aimeront

Dans l’oubli d’un dernier asile

Et que l’on dise ainsi soit-il.

C’était à ce moment où le manque creusait En dedans de mon ventre un douloureux abcès

 

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Une pensée bizarre, à midi, m’est venue

Une idée qui surgit quelque peu incongrue

Qu’on se demanderait si elle vient de la tête

Ou nous est envoyée de toute autre planète.

 

C’était à ce moment où le manque creusait

En dedans de mon ventre un douloureux abcès

– Souviens- toi m’as-tu dit, du garçon, du bébé

Qui a laissé la place à l’homme que j’étais.

 
Ce garçon, ce bébé, tu ne l’as pas pleuré

Chaque étape de vie le faisait évoluer

Quand tu ne le « voyais » plus, pourtant il était

Et mon âme aujourd’hui, elle, ne t’a pas quittée.

 

Faire danser la lumière

Le son du violon ouvre sur la lumière

Les cordes sous mes doigts se sont mises à vibrer

La musique a jailli et ta voix familière

A cette mélodie s’est doucement mêlée.

 

Quel beau songe, mon fils, est venu m’habiter

Plus d’ombre sur mon cœur en cet instant de grâce

Le mémoire évanouie, délitée dans l’espace

Et l’amour qui remplit et prend toute la place.

 

Quand le ciel vient ainsi combler pour un instant

Du manque la béance en un rêve reliant

D’une douce harmonie deux âmes à l’unisson

Fini et infini sont unique maison.

 

Une nuit un violon a fait son ouverture

La musique en fusion colmate les blessures

Projette sur les âmes une pluie de mystères

Puis dans un vibrato fait danser la lumière.