Blaise

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Je me dis que si la réincarnation existe et qu’il venait à nouveau prendre vie, j’existerais quelque part dans sa mémoire et qu’il me chercherait parfois sans vraiment savoir qui il cherche.

Je serais dans l’ébauche furtif de ce moment que l’on croit avoir déjà vécu et dont la mémoire ne saisit qu’une infime parcelle. Je serais dans ces rêves qui reviennent sans cesse sans que l’on sache pourquoi, et si cela ne suffit pas pour qu’il me saisisse, je serais dans l’eau qui préserve de la soif, dans le rayon de soleil qui réchauffe le corps, dans le pain et le sel de sa vie.

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Chopin au bout des doigts.

Je ferme doucement les yeux et je te vois
Assis à ton piano… sur ses touches tes doigts
Légers, vifs à la fois ou doux comme caresse
Glissant sur une étude ou se jouant de tristesse
D’une note à une autre, restituer à nos âmes
Ce qui vient de la sienne. Chopin au bout des doigts !
Mariage ineffable de chagrins et de joies.
Dans cet accord, le corps s’efface diaphane
Le souffle de l’esprit me revient sarbacane
Projette l’émotion, m’envahit de son onde
Mélange de tendresse et de douleur qui gronde.

Quand ton corps

sepetembre 2014 020Quand ton corps ne fera plus d’ombre
À ton âme désincarnée
Que la mort aura épousé
Son aura couchée dans la tombe
Que jamais ta lumière sombre
Dans l’abîme des profondeurs
Car pire serait que tu meurs
Du fait que l’on taise ton nom
Par ne plus lire dans les cœurs
Combien toujours ils t’aimeront
Dans l’oubli d’un dernier asile
Et que l’on dise Ainsi soit-il.

Poème

MARCHE ARROMANCHESNormandie

Elle nous pénètre sans un mot
Par les yeux et par notre peau
La Normandie on la respire
Histoire de mieux la retenir.

Peintres capteurs de lumière
Ecrivains aux jolies manières
Ils en ont fait leur paradis
Côte de Grâce, Côte Fleurie.

Le roi des ciels au bord de l’eau
Eugène Boudin et ses pinceaux
L’impressionniste immortalise
Le frissonnement d’une brise.

Belles villas sur la corniche
Ces élégantes qui s’affichent
Résistent aux embruns et à l’âge
Dans leurs habits de colombages.

Plus loin… vallons, tourbières, forêts
Coteaux crayeux, landes, marais
Blanches falaises aux pieds dans l’eau
Côte d’Albâtre… Pays de Caux.

Les champs…des tapis de verdure
Vaches ruminent à la pâture
Paille au chapeau de la chaumière
Douillons de pommes et camembert.

Grand-mère le loupiot d’une main
Et le vélo de l’autre main
Souffle d’amour sur la blessure
Vite rentrons à la masure.

Sans les vacances chez grand-mère
Manquerait de l’eau au moulin
De la douceur sur les embruns
Ma Normandie, mon bout de terre
Je te choisis dernier lopin.

Dès le premier instant

Dès le premier instant

Dès le premier instant, mon âme fut troublée
Pourquoi suis-je venue, pourquoi suis-je restée ?
Avez-vous seulement perçu cet abandon
De l’âme qui se sait rentrée à la maison.

Aucun frémissement autre que la joie douce
D’un courant lumineux qui remonte à sa source.
Corps et âme embrassés de même plénitude
Goûtent ensemble au plaisir de la béatitude.

Le cœur en arythmie après la courte pause
Dépose sur les joues le carmin de la rose
Et les yeux à eux seuls démentent tous les dires
Que la bouche aimerait fébrilement sortir.

Personne alentour n’aura rien soupçonné
Et vous-même, Monsieur, n’en avez rien montré
Avez-vous seulement perçu cet abandon
De l’âme qui se sait rentrée à la maison ?

Poème

Les signes se font-ils cygnes ?

 

Aux cœurs bien à l’abri nul danger à la ronde

La foule est un bon choix pour se cacher du monde

Si les gens les bousculent, ils se rapprochent encore

Et de leurs mains qui brûlent ils assoiffent leurs corps.

 

Pas besoin d’océan, le bleu baigne leurs yeux

L’infini est dedans puisqu’ils sont amoureux

Que de bruit tout autour , elle n’entend que sa voix

Et même ses silences ont un écho de joie.

 

Elle allonge son pas pour rester dans le sien

Marcher en harmonie tout au long du chemin

À l’époque où amour était au féminin

Il l’aurait devinée quand elle prit sa main.

 

Une mélancolie, un pincement de lyre

Un conte délaissé qui ne peut donc finir

Les signes se font-ils cygnes pour se choisir

Les âmes corps humains pour s’aimer et s’unir ?