Jamais nous ne saurons

 

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Jamais nous ne saurons

La joie des grands espaces

Où l’indicible embrasse

De l’amour tous les chants.

 

Et ces prairies soleil

Ouvertes sur le ciel

Que jardinent au réveil

Des lèvres emmiellées

De candeur et de fièvre

Jamais nous ne saurons.

 

Jamais nous ne saurons

Ces rendez-vous secrets

Après le déjeuner

Ces échappées sauvages

Ces fabuleux voyages

Au goût d’éternité.

 

Jamais nous ne saurons

Qu’au détour du chemin

Un malicieux crachin

Aux cabanes retient

Les amoureux transis

De désir et de pluie.

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Plus rien ne se retient sans fatigues aux mains

 

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Aux portes verrouillées personne qui ne frappe

Les jours se raccourcissent et les rêves s’échappent

Plus rien ne se retient sans fatigues aux mains

Quand sans plus d’avenir on est déjà demain.

 

De vivre la fureur ne passe plus le cœur

Le jardin habillé de vivaces sans fleurs

Les chats et les oiseaux comme seuls visiteurs

Le monde emprisonné dans le téléviseur.

 

Prisonniers et gardiens des souvenirs fragiles

Les placards se remplissent en choses inutiles

Passé présent futur entonnent un chant unique

Le piano joue solo ses notes nostalgiques.

 

Le temps est devenu du sable entre les doigts

Et s’il file aux phalanges il tisse un fil de soie

Jusqu’au jour où l’oiseau vient frapper la fenêtre

Que l’heure s’éternise en printemps à renaître.

Se tenir là

 

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Se tenir là

Face à l’ouvert

À la vie pleine

Toute contenue

Dans l’immense

Inextricablement

Liée à l’éphémère

Et pourtant indissociable

De l’infini.

 

Confondu

Par l’étreinte

Se tenir là

En devenir

Traversé

Par l’instant

Être plus que soi-même

Regard tourné

Au plus profond

Ne faire plus qu’un

Avec le ciel,

Avec la mer, le sable,

Le vent, et tout ce qui

Ne peut se saisir

Mais que l’on devine

Au plus proche

De la beauté.

Le printemps éternel se joue du clair-obscur

 

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Mon amour a rejoint l’amour qui transfigure

Le printemps éternel se joue du clair-obscur

De l’hiver glace et feu sous son miroir sans tain

De ces jours sans les rires où le regard s’éteint.

 

Mon amour a passé la barrière des mots

De soupirs en soupirs de berceaux en tombeaux

Mon amour a passé la porte aux neuf anneaux

Il a gagné les rives où germe le repos.

Le temps de la procrastination heureuse et non volontaire

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Qu’avons-nous besoin d’oublier qu’il nous serait impossible de dépasser ?

À ce moment ce qui nous a précédé n’existe pas, du moins ne remonte pas à la conscience. La vie œuvre et son mystère court sur les lèvres roses et humides du nouveau-né en recherche du lait nourricier.

Et ce regard si pur des premières aurores, qui ne lui appartient que le temps de son absence au monde, ne se tourne pas encore vers un futur où s’articule la raison. Plus que jamais présent au seul présent, sans passé ou avenir à porter sur ses frêles épaules. L’abandon est total, vierge dans cette grâce d’être présent sans conscience d’être. C’est le temps de la procrastination heureuse et non volontaire.

Les images amoncelées finiront par former un miroir qu’il lui faudra traverser, mais pour l’instant il flotte encore dans ce sas ou infini et fini se côtoient sans se jauger.

Tu ressembles au printemps

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Tu ressembles au printemps et tu dois revenir !

Puisque tout recommence avec cette saison

Le soleil et les fleurs seront dans la maison

Si avec le printemps me revient ton sourire.

 

Tu ressembles au printemps en sa prime jeunesse

Tu accueilles en ton sein berceau du renouveau

Les délicats rayons du soleil la caresse

Chauffant sans la rider, de la terre, la peau.

 

Puisque tu lui ressembles éclatant de promesses

Quand tapisse à mes pieds ce délicat gazon

Où fourmillent de vie jeunes pousses à foison

Surprises et étourdies par autant de hardiesse.

 

Tu ressembles au printemps ! et voici le troisième

Qui arrive, je le sais, je connais bien son nom

Mais ne dissocie plus des autres la saison

Le printemps est sous terre ! vite, que tu reviennes !

 

Deux dates sur une pierre

Le printemps est un poète

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Aux pousses d’hiver

Le printemps chante la vie

La fleur au fusil.

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Une ride sur un étang

Un clapotis, un mouvement

À peine un souffle qui se brise

Dépose en mourant une frise

Réminiscence du printemps.

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Tout peut se faire, se défaire

Le printemps se nourrit d’hiver

Pouvoir à nouveau s’étonner

Que vienne à nous l’inespéré.

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Dans la paix printanière

De l’ancien cimetière

Le mauve en habit vert

Déglace ses paupières

Sous son jabot d’hiver.

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Né de l’inachevé

Le printemps se réveille

Il tinte à mon oreille

Un chant d’éternité.

signée

Le jardin dormait sous l’hiver

En profondeur un changement

Sourdait sous terre un mouvement

Comme un printemps ! Comme un printemps.