« La poésie c’est le chant intérieur. » François-René de Chateaubriand

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Authentique chant de l’âme

Une grâce, un défi

Ce réenchantement

D’un temps désenchanté

Apaisement des peurs

Souffle sur les blessures

Effacement des monstres

Projetés par les ombres

Sur la chambre de l’esprit

Ô combien féminine

Semblable aux bras des mères

La cadence du berceau

Supprime les distances

Entre l’ombre, la lumière.

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Dans l’azur frémissant

 

 

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J’ai vu l’aile de l’oiseau

Dans l’azur frémissant

Sous la poussée du vent

Faire chanter les blés

J’ai vu l’éternité

Epouser l’éphémère

Murmurer au silence

Les secrets de la vie.

Mieux vaut le souvenir

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Je crois qu’à le revoir le cœur ne tiendrait pas

Le voir sans le toucher serait trop grand supplice

Et la joie un tourment et le tourment délice

À ne pas défaillir le jeu devient combat.

 

Mieux vaut le souvenir qui hante les désirs

Retenir la primeur, la fraîcheur d’un sourire

De le savoir si loin et si proche à mon âme

Se consume le feu sans en brûler la flamme.

 

L’aurore est une grâce à qui sait en cueillir

La candeur de ces fleurs qui résistent à s’ouvrir

Garder vert le printemps, bleu le premier regard

À l’esprit de jeunesse il n’est besoin de fards.

 

Au creux du lent sommeil les rêves sont légion

Les nuits ne pèsent plus aux corps en pâmoison

J’attendrai du hasard qu’il veuille organiser

Son regard à venir sur le mien se poser.

Suffit-il de naître pour se réaliser en tant qu’être humain ?

 

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« Je suis jeune il est vrai ; mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. »

Pierre Corneille

L’inné est à la nature humaine ce que l’acquis est à l’humain.

On ne naît pas homme on le devient et les valeurs nous sont transmises d’autant plus avantageusement qu’elles nous sont portées tôt par la société et le microcosme familial.

Si les cartes ne sont pas distribuées de façon juste à tous au départ, nous avons les pièces de notre unique puzzle en main et une vie pour en reconstituer l’image. Là se trouve être la différence entre l’homme et l’animal, outre le langage : la conscience, le jugement et le libre arbitre.

L’intelligence seule nous rend t-elle plus humain ? Si l’on considère l’intelligence du jeune singe à celle du petit enfant nous pouvons en déduire que non. Réduire l’homme à ses propriétés biologiques le rapprocherait, de fait, de l’animal.

C’est le petit supplément d’âme qui fait toute la différence. Le langage serait-il le réceptacle de l’âme humaine, lui qui porte au-delà de la voix la pensée, cette fille de l’esprit.

Ainsi, nos actes et nos paroles nous engagent. Nous sommes ce que nos actes font de nous.

Les actes indignes déshumanisent les hommes quand les actes nobles les humanisent. Chacun a le choix de sa voie.

Il est donné à l’homme la conscience de distinguer le bien du mal, le juste de l’injuste, et de choisir entre la haine et l’amour.

Par la culture, la transmission des valeurs, la conscience du bien et du mal, l’homme a les acquis nécessaires pour croître en humanité.

Si les chiens ne font pas des chats, naître de nature humaine ne fait pas de nous des hommes dignes d’humanité.

Le jardin dormait sous l’hiver

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Le jardin dormait sous l’hiver
En profondeur un changement
Sourdait sous terre un mouvement
Comme un printemps ! Comme un printemps !
Une échappée sans but ni fin
Ne plus penser prendre sa main
Il est des joies qu’on n’attend pas
Qu’on n’attend pas ! Qu’on n’attend pas !
Jusqu’au grenier de la maison
Qui retenait le grand frisson
La tête aussi a ses passions
Ses déraisons ! Ses déraisons !
C’était en mars, en fin d’hiver
La neige avait tout recouvert
Même le froid sentait la joie
Sentait la joie ! Sentait la joie !
La neige aux cristaux étoilés
Aura tenu quelques vesprées
Jamais neige fut si légère
Fut si légère ! Fut si légère !
Vint le soleil sur la poudreuse
On aurait dit une amoureuse
Une mariée à voile blanc
À voile blanc ! À voile blanc !

Un printemps né coiffé

 

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Est-il de bon augure

Ce printemps né coiffé

D’une écharpe drapée

Sous son jabot d’hiver ?

 

Pendant qu’aux pieds des arbres

De petits lacs ombrés

À l’encre d’aquarelle

Retiennent leurs parfums

 

Mousselines et dentelles

Brûlent leurs impatiences

Au soleil de midi

 

Pervenches et primevères

En touches délicates

Colorent le sol givré

Diffusent le mystère

D’une paix printanière

 

Là où le lierre résiste

Se dispute une place

Le mauve en habit vert

Déglace ses paupières

Sous le jabot d’hiver.

Une énigme

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Voilà bien une énigme ce qui nous fait tenir

Comme une anesthésie nous protégeant du pire

Notre cerveau figé pour ne pas tomber fou

C’était ton enterrement et j’ai tenu debout !

 

Hébétée, engloutie, par la cérémonie

« Pour Mignon » de Schumann mes oreilles asservies

Le temps ne comptait plus, j’aurais pu rester là

C’était ton enterrement et je ne pleurais pas !

 

Ce vingt six de septembre une partie de ma vie

S’est glissée près de toi, éternellement enfouie

Ton cercueil sur l’autel, je me dois d’être forte

C’était ton enterrement et je ne suis pas morte !