Nous n’écrivons que pour faire reculer l’oubli

Et ces mots

rangés dans leur tombeau

de papier

qui viendra

en exhumer

la substance

par quels yeux

seront-ils saisis

sortis de l’ombre

tels ces esprits

qui resurgissent

quand les médiums

les appellent

fantôme d’encre

égrégore d’écrits

spectre d’imprimerie

que le temps

finit par effacer.

 

Nous n’écrivons que pour faire reculer l’oubli.

 

Deux dates sur une pierreBlaise ou la symphonie inachevéethumbnail_couverturehersentbd

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Tu ressembles au printemps

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Tu ressembles au printemps et tu dois revenir !

Puisque tout recommence avec cette saison

Le soleil et les fleurs seront dans la maison

Si avec le printemps me revient ton sourire.

 

Tu ressembles au printemps en sa prime jeunesse

Tu accueilles en ton sein berceau du renouveau

Les délicats rayons du soleil la caresse

Chauffant sans la rider, de la terre, la peau.

 

Puisque tu lui ressembles éclatant de promesses

Quand tapisse à mes pieds ce délicat gazon

Où fourmillent de vie jeunes pousses à foison

Surprises et étourdies par autant de hardiesse.

 

Tu ressembles au printemps ! et voici le troisième

Qui arrive, je le sais, je connais bien son nom

Mais ne dissocie plus des autres la saison

Le printemps est sous terre ! vite, que tu reviennes !

 

Deux dates sur une pierre

Le printemps est un poète

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Aux pousses d’hiver

Le printemps chante la vie

La fleur au fusil.

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Une ride sur un étang

Un clapotis, un mouvement

À peine un souffle qui se brise

Dépose en mourant une frise

Réminiscence du printemps.

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Tout peut se faire, se défaire

Le printemps se nourrit d’hiver

Pouvoir à nouveau s’étonner

Que vienne à nous l’inespéré.

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Dans la paix printanière

De l’ancien cimetière

Le mauve en habit vert

Déglace ses paupières

Sous son jabot d’hiver.

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Né de l’inachevé

Le printemps se réveille

Il tinte à mon oreille

Un chant d’éternité.

signée

Le jardin dormait sous l’hiver

En profondeur un changement

Sourdait sous terre un mouvement

Comme un printemps ! Comme un printemps.

Les sanglots de fatigue ne lavent pas les yeux

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Les sanglots de fatigue

Ne lavent pas les yeux

De nos peurs enfantines

Ces remontées du soir

Qui ont l’ombre tenace

Et l’oubli fallacieux.

 

Quand nous ne tombons plus

Dans ce sommeil tranquille

Et que la voix de l’ange

Ne vient plus dissiper

De la plainte l’obscur

Gémissant chant d’un thrène.

 

Être présent au soi

Le temps de la bascule

Entrer en sa demeure

Ce château intérieur

Au décor magnifié

De magie et de rêves.

Elle attend… que le jardin l’espère

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Elle attend sous la terre

Que le jardin l’espère

Vivace elle n’est pas morte

Et reviendra plus forte

Si son rêve la porte

Au-delà de la porte

Du monde des ténèbres

Des athées et des guèbres

Superbe est sa candeur

À sortir avant l’heure

Homme n’écrase pas

Sous le poids de ton pas

Son ardeur à percer

Les dernières gelées

La pluie et la lumière

Ont brisé ses barrières

La voilà printanière

Et n’accepte de suaire

Que mousses et bruyères.

Au-delà de la simple perception du réel

 

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Quand tu vois plus loin que la simple perception du réel. Quand l’instant, qui ne dure que quelques secondes, englobe ce que tu as été, ce que tu es, pour fusionner avec ce que tu seras, sans autre clef que celle de la conscience d’être, d’être profondément entière et vivante, mais éphémère parmi les éphémères, faisant partie d’un tout qui comme toi est temporel. Quand tu comprends que tu n’es pas plus ou moins fragile, pas plus ou moins forte, que toutes les autres choses éphémères contenues dans ce tout, que la durée n’a rien à voir avec cela et que tous les yeux finissent par se fermer avant de savoir de quel secours la nuit posera sur leurs paupières closes.

Maman me disait : « Ne cherche pas à comprendre. »

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Rester à la tangente

Du souvenir

Et de l’oubli

Entre fini

Et infini.

Quelle histoire

Que la vie !

 

Maman me disait

Ne cherche pas à comprendre…

 

Accepte que tout change

Que s’évanouissent tes aurores

Que rien ne reste

Ni l’étonnement du jour

Ni son effacement dans la nuit

Rien…

Hormis une empreinte

Mais cette empreinte

Est plus qu’un reflet

C’est l’essence même de ton âme

Qui s’inscrit

Dans l’âme du monde.

***

Le nom empreinte n’a pas d’antonyme. C’est donc bien que ce qui a été, même une seule fois, ne peut disparaître.

***

Ainsi nous allons…

Regards essuyés entre deux battements de paupières.

La lune a des secrets

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Nos ombres ont la fraîcheur

Des nuits après soleil

Il faut les traverser

S’y mouvoir en silence

Être le chant et l’écho du chant

D’ un monde qui nous contient

Et se contient en nous

La lune a des secrets

D’estampe enluminée

Qui laissent sur nos ombres

Les douces espérances

D’une nouvelle aurore.