L’impossibilité du dire frissonne derrière chaque phrase.

Peut-être tu me dirais :  » Mais ce n’est pas ta mort ! « 

Comme pour me décourager de me glisser dans la tienne.

Savoir de la mort de son vivant, n’est pas un privilège.
Pas plus qu’être confronté à penser l’impensable.
Cela n’arrive pas chez tous les endeuillés ni pour n’importe quel deuil.

Pour cela il faut que le deuil soit contre nature, comme celui qui touche un être dans sa jeunesse, ou la perte d’un enfant.
Avec cette disparition le parent endeuillé perd une partie de lui-même.

Se perdre dans l’innommable, l’inachevé, l’incomplétude.

Irréversible douleur !

Nous tenons à distance la réalité de la mort tant que ce n’est pas elle qui nous tient, qui nous tend son miroir.

Les espaces vides s’occupent à se combler.

Cette part perdue de nous-même qui rejoint le disparu, l’investit, c’est encore tendre à lui donner de la vie.
Mystérieuse union.

Il lui faudra ouvrir cette fosse par l’écriture ou autrement, creuser davantage le trou, y glisser ce rien qui contient le tout.

Écrire la disparition ne suffit pas à lui donner corps ou alléger la souffrance.

L’impossibilité du dire frissonne derrière chaque phrase.

Cette écriture-là ne peut s’achever, elle se doit de rester l’inachevée, de devenir aussi errante que celui auquel elle est destinée.

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