De la transparence de l’écriture…

livre et arrosoir 001

 » Ah ! comme elles ont passé rapidement les années ensoleillées de ma petite enfance, mais quelle douce empreinte elles ont laissée à mon âme ! »

 » Pourquoi parler d’une joie délirante, non cette expression n’est pas juste, c’est plutôt la paix calme et sereine du navigateur apercevant le phare qui doit le conduire au port… »

« Histoire d’une âme » Sainte Thérèse de l’enfant Jésus.

Quoi de plus beau qu’un texte qui vient du cœur, qui en contient la musique et la poésie. Cette pureté de ton, qui transcende les mots simples, ne peut venir que d’un être porté par la grâce.

Mais pour nous simples humains…

L’écriture c’est comme la vie, au début on brode autour, quand on avance on élague, et à la fin on ne garde que l’essentiel.

Par-dessus tout, j’aime lire ceux qui écrivent comme ils parlent, mais pour arriver à ce stade de dépouillement, il faut soit avoir un don, soit avoir des années d’écriture derrière soi, soit être touché par la grâce comme Ste Thérèse.

Il reste que c’est très plaisant pour le lecteur. Je pense que ceux qui ont cette faculté possèdent aussi une grande culture générale et une excellente maîtrise de la langue. Écrire comme on parle demande de la dextérité ; une fluidité du langage dans le parlé et dans sa transcription à l’écrit. Il vaudrait sans doute mieux dire, écrire comme on parle quand on parle bien, car bien parler s’apprend aussi et en partie… dans les livres.

Écrire comme on parle n’est donc pas chose innée. La facilité apparente résulte d’ un long travail d’élagage quand les mots pensés doivent être reformulés en signes. Pas si simple de passer de la pensée abstraite à la pensée écrite, sans en déformer les contours, sans rajouts de fioritures, la garder au contraire limpide et fidèle sans tomber dans la fausse transparence d’une écriture qui voudrait se dévoiler sans se mettre à nu.

Le mot juste à l’écrit, c’est celui qui s’adapte parfaitement à la pensée comme la pièce d’un puzzle qu’on dépose et qui donne sa cohérence au tableau final.

S’il est difficile d’écrire comme on parle et il est pratiquement impossible de parler comme on écrit ; sauf discours préparé à l’avance et donc, de fait, travaillé et écrit. La transcription dans ce sens demande de l’analyse, de la méthode, toute spontanéité dans le discours devient un risque, et les improvisations pas toujours heureuses.

La justesse tient dans cet équilibre entre spontanéité et culture ; rien n’est plus beau à lire que le texte d’un écrivain, de grande culture, qui réussit à rendre limpide le compliqué, tout en préservant son sens au texte. Cela rejoint ces grands scientifiques qui savent parler et écrire les choses qui nous échappent, en les mettant à notre niveau, donnant ainsi à ceux qui les écoutent, les lisent, l’impression d’être intelligents.

 

 

 

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