Le bruit qui arrive de l’extérieur glisse sur mon silence.

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« J’ai connu l’insondable joie du rire, du rire de l’éternité sous la coupole du silence. »
Pierre Reverdy

Le bruit qui arrive de l’extérieur glisse sur mon silence. Entre lui et lui, une bulle.

Il n’est plus intrusif. Il en deviendrait presque ronronnement ou chant. Chant de la vie qui accompagne celle-ci sans la distraire ou l’encombrer. Depuis les vibrations et sons perçus par le fœtus, vagues ondulantes sonores d’un milieu aquatique, à celui de la voix de la maman qui berce et console le petit enfant.

Maman plus forte que les fièvres, que l’orage qui gronde au loin, aile protectrice jamais éloignée, « télo-mère » chapeautant le chromosome vie.

Plus tard, c’est le bruit qui vous entoure sans vous agresser, celui que fait la mère quand elle va et vient à ses occupations. Présence de toujours, reliée aux perceptions familières, qui console et rassure. Plus qu’une bulle protectrice, elle en est la matrice, le tissu d’un cœur vivant qui bat, enveloppe et protège.

Se recroqueviller dans la posture de l’enfant qui gagne son sommeil, dans cette position appelée chien de fusil, quand le corps se resserre autour de son centre.

Plus qu’une bulle, une matrice…

La bulle est devenue la mère. Elle en a la transparence, la légèreté et la pureté des sentiments, de ceux qui ne s’achètent ni ne se vendent. Elle porte la rondeur de sa bienveillance. Elle survole, irisée, le chaos.

Sans autre monastère que celui de son corps, oraison silencieuse de l’esprit, ermite en sa maison, à l’abri face à l’agitation du monde.

Percevoir l’extérieur à partir de son intérieur.

Cela se fait de façon naturelle dans les grands bouleversements, quand la société ne fait plus écho à ce que vous vivez d’intime. Quand le monde perçu avec décalage vous est devenu étrange et étranger.

Ce silence ne coupe pas du monde, c’est le bon silence, celui qui n’est pas imposé mais au contraire recherché. Il est le vitrail qui adoucit la lumière arrivant de l’extérieur, ne laissant pénétrer que la dose nécessaire de lumière. Factices sont tant de retraites, choisir celle de la bulle ne dépend que de nous.

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 réflexions sur “Le bruit qui arrive de l’extérieur glisse sur mon silence.

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