Que la joie demeure !

Mon challenge pour 2026.
Faire perdurer la joie
Quoi qu’il arrive !

Je n’ai pas de recette, mais jour après jour je remonterai le mécanisme désir avec la clé du cœur.

Et si le soleil venait à se cacher, ma joie continuerait à tourner autour de l’Astre, comme toute planète lors de sa révolution.

Que la joie demeure !

Bonne Année 2026 🌟

 » Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable. » Romain Gary

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Faire le deuil du temps qui reste revient à mourir avant l’heure. C’est dire non à l’imprévisible, à l’inattendu, à l’inespéré. S’allonger dans un cercueil ouvert, et si étroit qu’on ne peut plus en bouger ; une camisole de peur, d’ennui, de lassitude.

 » Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable. »

Romain Gary

Gardons-nous de feuilleter le catalogue des âges qui divise nos vies en périodes. La fin n’est pas un but au passage obligé par une non vie avant l’heure.

 » Il n’y a pas de fin. Il n’y a pas de début. il n’y a que la passion infinie de la vie. »

Federico Fellini

La vulnérabilité que l’on attribue à l’âge tient plus de la représentation que nous en donnons que de la réalité. Le petit enfant est tout aussi vulnérable, l’adolescent qui se cherche, l’adulte malade.

Il ne s’agit donc pas de recommencer ou de continuer, mais de commencer. Chaque jour, à lui seul, devrait se vivre comme une vie complète, pleine d’ailleurs, d’espaces de liberté, une vie vierge des schémas d’un passé dépassé, tout autant que de ces projections sur un demain qui n’existe pas encore.

Ce n’est pas que la vie me fasse peur ; c’est la non vie dans la vie qui me désespère.

Je veux garder du rêve la dissonance, sa fraîcheur, son illimité.

Quand le silence se signe, le temps s’agenouille.

Je veux garder du rêve la dissonance, sa fraîcheur, son illimité.
Tout en sachant que je rêve, tel dans un rêve lucide, je dirige mon imaginaire.
Seul maître à bord de mon désir, de ma chimère.
Imaginez !
Un bateau avec des voiles capables de toucher le ciel.
C’est lui qui m’emmène dans ces contrées lointaines, à ce jour encore inexplorées ;  espaces vierges de la main des hommes.
C’est lui qui me fait vibrer, vivre avec plus de passion, d’amour, voyager dans l’inouï.

Et cela, tout en restant dans mon lit.

Aucune évolution ne peut se faire sans avoir d’abord touché la pauvreté de son savoir.

 

Aucune évolution ne peut se faire sans avoir d’abord touché la pauvreté de son savoir.
Le reconnaître ouvre la voie vers d’autres savoirs.

Une remise en questions s’impose. Celle-ci passe par le doute ; l’indispensable à toute évolution.


 » Le doute interroge ; la certitude désespère. « 
Robert Sabatier


 » Les grandes connaissances engendrent les grands doutes. « 
Aristote.


Si je doute de tout, si je doute de vous, c’est que je doute de moi.

On ne sait pas toujours pourquoi ni comment les choses arrivent. Elles arrivent ! et nous sommes pris au piège de la toile que nous avons tissée en partie.

Nous ne savons rien, je ne sais rien, tu ne sais rien, autre que ce que la vie veut bien nous apprendre pas à pas.
Nous faudra-t-il donc d’abord tout désapprendre pour garder cette soif d’étonnement, cette magie des premières fois ?
Redevenir le petit de ce qui nous dépasse.

Les premiers pas sont les plus sûrs. Les premiers pas sont innocents. Ils ne trébuchent pas sur notre âme.
*

À chaque fin d’année coup d’œil dans le rétroviseur.

À chaque fin d’année coup d’œil dans le rétroviseur.

Mais que faisons-nous au final de tous ces vœux de début d’année ? Ces souhaits de bonheur ? Et de ces bonnes résolutions si vite abandonnées ?

Nous le savons bien pourtant que rien ne se passera comme nous l’avons imaginé.
Qu’il y a toujours un imprévu, un grain de sable dans l’engrenage pour ralentir nos projets, pire, freiner nos élans.
Et les bonnes résolutions du début d’année tombent à l’eau, comme ces pierres trop lourdes, lancées avec force, qui ne peuvent  remonter à la surface.

Sans compter les coups durs, coups du sort, ces dénommés  » accidents de la vie « .

Pour conjurer le sort :

 » Que cette année ne soit pas pire que celle qui s’achève » .

🌸

Nous projetons nos désirs avec les forces du moment.
Comme si rien ne devait changer, se transformer jour après jour.
On pense avoir le temps, pourtant il n’en est rien.
Si aujourd’hui est déjà trop tard, que dire de demain ?
À peine l’instant saisi qu’il nous échappe.

L’instant seul garde l’objet de désir dans sa forme intacte. La projection est déjà son érosion.

Elle disait  :  » quand les enfants seront grands « .

Nous sommes les bâtisseurs de notre propre maison.
On peut y installer des portes lourdes et des fenêtres étroites qui ne laissent pas entrer le soleil.
Ou de grandes baies et puits de lumière ouverts sur le ciel.
Cela n’empêche pas les tempêtes, mais dans la tourmente on voit davantage et mieux à l’intérieur.
*
Toutes les fêtes me ramènent à toi.

Et je me m’abandonne, la mort oubliée dans ton sourire ; à ce lieu de chaleur qui recouvre le tout et diffuse beauté et plénitude au cœur. ❤️

Une Rose et un Millepertuis.

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On ne sait rien sur le deuil. Le deuil ne s’apprend pas, ne se vit pas. On ne peut ni s’y préparer ni l’apprivoiser car il n’est jamais à l’identique. Il nous prend, nous accapare entièrement, nous viole, nous sidère, tue en nous jusqu’au souvenir de qui nous avons été. Il est extraordinaire au sens qu’il n’a pas de comparatif sauf peut-être d’être avec l’amour, ( quand il nous tombe dessus littéralement ) inimaginable par son imprévisibilité. Les similitudes avec l’amour s’arrêtent là, cela même si le deuil révèle la puissance de l’amour, celui que l’on porte à la personne disparue, mais aussi notre capacité à aimer encore les vivants, au-delà de la souffrance, de la perte, du manque. Il amplifie et sonde tous nos sentiments.

J’ai fait un petit poème sur une rose et un millepertuis, ce n’est pas un poème sur le deuil , c’est même tout le contraire, il dit la vie qui croît en nous comme le ferait une fleur du désert, là où on ne l’attend pas, où on ne l’a jamais attendue, espérée. Promesse d’une renaissance où le moi pourrait s’incarner à nouveau, vibrer de plénitude. On dit que l’amour est plus fort que la mort. Je crois que c’est plutôt la vie, même pauvre, même abîmée, qui est plus forte. C’est elle qui repousse les limites du corps qui la porte jusqu’à l’extrême . À moins que ce ne soit l’amour de la vie.

Ce poème il dit aussi qu’il n’y a pas de consolations. Il y a des joies qui arrivent après les tristesses, elles ne les recouvrent pas, elles sont de petites portes qui s’ouvrent sur les silences.

Il m’est venu comme ça, sur une route de vacances, en voyant justement ces deux fleurs, sur le bord d’un talus, survivantes malgré la pollution, si différentes et pourtant si proches que leurs ombres projetées semblaient s’embrasser. Je leur ai inventé une plus jolie histoire, avec un grand jardin ou parc, avec de grands arbres pour l’ombre quand le soleil est trop ardent, aux branches tendues vers le ciel, aspirées dans leur ascension les soirs où la lune les embrase d’une étrange lueur. Qui sait où nous porte le rêve. La vie est partout.

Une Rose et un Millepertuis

Une rose et un millepertuis

Se sont rapprochés cette nuit

Lui, le cœur gorgé de soleil

La bonne humeur dès le réveil.

Elle, à l’indicible ennui

N’attendait plus rien de la vie

Ensemble pourtant avaient grandi

De même terre s’étaient nourris.

Dans ce grand jardin déserté

Tristesse et joie se sont aimées

Premier émoi, premier matin

De leurs éthers…un seul parfum.

Il mit de l’éclat, du vermeil

Sur son teint de rose pastel

Puis sur son cœur posa de l’or

Pour en dissiper les langueurs

Une rose et un millepertuis

Se sont aimés toute une nuit.

À l’instant où le temps se resserre…

Tant qu’une chose est à notre portée, même inusitée, elle ne devrait pas s’octroyer le nom de manque.

À l’instant où le temps se resserre, je sais par intuition, ou par quelques subtilités venues de l’invisible, que quelque chose d’inhabituel se prépare.
C’est comme toucher du doigt une autre dimension ; une dimension qui ne nous appartient pas, mais se tient en filigrane de notre destinée.

Le temps, cet assassin, a aiguisé ses couteaux.

La césure
fut brutale.

Tel
un couperet
le manque
divise
le temps
éclate
sa structure
étrangle
son écoulement
resserre
l’espace
autour
d’un seul point

Plus rien
ne s’écoule
et le fleuve Vie
devient ru.

Aimer, c’est glisser quelques fils d’éternité dans l’écheveau de la mort.

Aimer, c’est glisser quelques fils d’éternité dans l’écheveau de la mort.

Et si le plus bel acte d’amour était de ne pas retenir, de laisser partir…
Le mourant à qui l’on tient la main et que l’on voudrait garder sans avoir à desserrer l’étreinte. L’amoureux, l’amoureuse, qui hier encore trouver les mots aujourd’hui perdus, parce qu’ ils sont comme ça les mots d’amour, ils ont l’impatience du désir et son échappement tout aussi brutal.

Ce n’est pas trahir un sentiment, que de lui donner de l’espace, une respiration, un horizon.

-Quand l’amour n’est plus que d’un seul côté.
– Quand le regard n’est plus tourné dans la même direction.
– Quand l’amour est des deux côtés, mais que pour l’un des deux l’heure du départ a sonné.

Aimer, c’est prendre le risque de souffrir. De perdre son insouciance définitivement à la naissance de l’enfant, de connaître les premières blessures narcissiques de n’être pas l’élu, (l’élue) d’un coeur, de souffrir en sa chair la perte de l’être aimé.
Le monde soudainement vidé de substance, la mer sans plus de sel pour supporter le corps.
Aimer, c’est aussi connaitre l’ivresse des grands sommets, c’est vivre plusieurs vies en accéléré, respirer plus et mieux, voir au plus profond de soi et au-delà de ce qui nous a été donné. C’est accrocher à son ciel les étoiles qui ne meurent jamais, de celles qui diffusent leur matière au creux d’un cœur toujours plus incandescent.

Rien de tout cela n’existerait sans l’amour qui légitime sa contrepartie, la souffrance.

Quand la joie ne comble plus les manques, quand les manques font de l’ombre à la joie.
Partir avant de renier, de trahir, ce qui a été.

La fusion des corps ne serait rien sans l’union des âmes.