Nos jambes étaient si légères et l’horizon si vaste…

 » Vous n’êtes pas une goutte dans l’océan. Vous êtes l’océan tout entier dans une goutte d’eau.  »
Djalâl Al-Dîn Rûmi

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Nous avons glissé sur la lumière, pris le vent et la pluie et parfois la vague sans jamais craindre un seul naufrage.
Nous avons pris le soleil, joué à cache-cache avec lui, sans l’ombre d’un doute pour nous servir de refuge.
Nos jambes étaient si légères, et l’horizon si vaste perdu entre conscience et inconscience. Notre voyage était notre innocence, cette sagesse d’enfance.

Ainsi nous partions pour l’aventure, poches pleines de précieux trésors : du bout de ficelle aux cailloux ramassés en chemin, en passant par la pomme indispensable à la survie. Et si cela ne suffisait pas, il y avait ces paris qui ne manquaient jamais de conjurer le sort : comme de courir assez vite pour arriver avant cette voiture bleue au prochain abribus, ou de dévaler cette pente à vélo en fermant les yeux tout en comptant jusqu’à dix.

La mort n’était pas à craindre, puisqu’elle ne pouvait nous atteindre, ou si peu, et de façon si lente et contournée que nous remettions nos chagrins.

Nous n’avons pas eu à choisir en être ou devenir, ce casse-tête devait venir plus tard, en même temps que nous quittait la paix de l’âme.

Liberté suprême d’être soi sans le poids que donne la conscience.

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Frère et soeur

Jumeaux il n’aurait pas été certes plus fort
Ce lien qui vous unit toi et ta petite soeur
Quand elle parle de toi je te ressens si bien
Et se resserre encore un peu plus notre lien.

Vous avez partagé jours de joie, jours de peine
La vie vous a soudés pour le pire, le meilleur
Et la mort ne peut rien contre cet amour là
Frère et soeur pour toujours, ici et au-delà.

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L’instant est d’éternité

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Qu’importe le temps
L’instant est d’éternité
Tout pareil, garder tout pareil
Ne rien perdre
Qu’on puisse emporter avec soi
Souviens-toi du premier regard
De celui qui surplombe tous les regards
Qui ont suivi et se sont perdus
Faute d’émerveillement
Mille et une vies
Ne peuvent y suffire
L’éternité se joue de nous
À cloche-pied
Sur la marelle du temps.

Une douceur planait… mystérieuse aura

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C’était au mois de juin, au début de l’été
D’un délicieux parfum, le vent était chargé
Quelques fleurs au jardin se disputaient la place
Tendre rivalité de couleurs et de grâce.

À ces notes florales sentant bon l’air du temps
L’échappée sidérale d’un destin envoûtant
Une douceur planait… mystérieuse aura
De ces choses du ciel qu’on ne s’explique pas.

Un joli papillon s’est posé sur la main
De l’homme reconnu pour être un écrivain
Une lumière ocrée épuisait ses rayons
– Il est temps se dit-il de rentrer au salon !

Tout en tourbillonnant la petite âme ailée
Sur les cheveux de l’homme a posé un baiser
Avant de repartir au pays où là-bas
Les fleurs ont un parfum qui ne s’étiole pas.

La solitude de l’écrivain

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“La solitude de l’esprit est la véritable solitude.”
Charles Hamel 

La solitude de celui qui écrit…

Nul besoin d’escalader les montagnes, de chercher à franchir les rivières ou traverser les mers, là où un courant d’air peut passer, il y a déjà tout un monde qui se presse et nous entoure.

La place est vacante, personne qui ne puisse s’y tenir sans l’avoir d’abord implorée, c’est la place de l’absente, celle de la solitude qui se gagne le plus souvent quand on ne la cherche plus, et pourtant si précieuse à celui qui écrit.

Il suffit pourtant…

De faire un pas de côté, peut-être deux, et le voyage peut commencer.

Bien sûr nous sommes toujours traversés par les mêmes silences, les mêmes peurs, battus par les mêmes vents, baignés de même lumière, ce qui change c’est cette aptitude à sortir du cadre, à faire cavalier seul.

Hier et demain ne noircissent plus notre page, notre une s’écrit au présent. Le petit îlot étrangement semblable à tous les îlots regroupés en archipel, inséparable et pourtant isolé, a pris le grand large, s’est affranchi de ses frères par sa faculté à prendre du recul. Recul nécessaire pour mieux distinguer ce et ceux qui l’entourent, à commencer par lui même.

Il est tellement plus facile de regarder en soi quand l’horizon est dégagé.

C’est ce que fait l’écrivain, le poète, ce pas de côté vers la véritable solitude, celle de l’esprit, qui isole et finit parfois par relier.

Écrire pour retirer du silence au silence et se souvenir

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Écrire pour retirer du silence au silence

« et puisse être la mort
cette chemise d’eau qui glisse du bras
après la nage
et que soit la tristesse
cette lumière répandue dans l’herbe
qui fera le soir venu
un autre ciel à la mémoire »

Jean-Pierre Siméon

Et ce soleil
Qui est venu te chercher
Ne pourra atténuer
La tristesse des vivants

Ce contraste à la nuit
Cette claque dans le silence
Et ce chagrin immense
Au matin

Était-ce pour te vêtir
Comme l’est la jeunesse
D’un habit de lumière

Ou bien pour nous dire
Que le deuil d’une mère
Emporte avec lui
Le cœur de toutes les mères

Écrire pour retirer
Du silence au silence
Pour relier les vivants
Dans l’absence

Passer la porte des ténèbres
Et que dans l’obscur
Brille une lumière.

À Mathieu et Françoise