Ne tardez pas à venir !

Le noir oiseau a frappé le carreau
Quand le ciel a pénétré la chambre
Blanche est devenue la voix
Ne tardez pas à venir !


Le silence a empli tout l’espace
La peau a perdu souvenance
De ce que fut le feu
Ne tardez pas à venir !


Il flotte déjà une absence
Le présent s’efface dans l’après
Le regard au jour s’est voilé
Ne tardez pas à venir !


Le ciel maintenant est si bas
Que la main cherche à le saisir
Mais ne remonte que le drap
Ne tardez pas à venir !

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Une relation privilégiée

Rien n’aura eu lieu que le lieu 
Excepté peut-être une Constellation… 
Mallarmé

La bulle de l’imaginaire, il suffit de souffler dessus pour que le réel lui vole ses couleurs.

Marie n’était plus seulement Marie…
Marie était plus que Marie.

Il y avait bien eu cette césure, puis la remontée lente et inexorable, plus qu’une involution, une révolution.
Un changement en profondeur de tout son être sourdait en silence.
C’est dans les failles que fleurissent les résilientes.
L’abîme demeure et l’abîmée y survit.

Une vie découpée. Un puzzle à reconstituer.
La mémoire qui inverse les pièces, les sort du cadre.

Les pierres s’activent en sous-sol à leur remontée.
Mais personne ne le voit.

Se donner la permission d’aimer
C’est comme prendre le maximum de ce qu’il reste d’été.

– Tu ne sais pas de quoi demain sera fait.

Les tombeaux ont des choses à nous dire quand on les interroge.

– Bois encore du jour avant que la nuit ne te recouvre de sa lumière givrée.

Le réel n’est que de l’imaginaire qui n’a pas encore trouvé la clef du rêve.

Marie n’était plus seulement Marie…
Marie était plus que Marie.

Deux destins réunis

Un peu plus de vingt ans… à quelques pas de là

Dans cette même allée, j’allais pleurer mon frère

Jamais je n’aurai cru devoir te mettre en terre

Jamais cette pensée, un jour au cimetière

De sa tombe à ta tombe… à peine quelques pas.

Deux destins réunis, pourtant si différents

Déjà plus des enfants, pas encore des parents

Juste à la fleur de l’âge avec la vie devant

Deux vies dans une allée désormais hors du temps

Et moi seule à vieillir devant vous maintenant.

Deux âges stylisés sur la pierre à jamais

Qui de la vie révèlent une fragilité

Je n’imaginais pas à cet emplacement

Dans cette allée, liés, toi à lui au présent.

Un peu plus de vingt ans… à quelques pas de là

De sa tombe à ta tombe… à peine quelques pas.