On dit « Il est parti »

On dit « il est parti » comme pour le retenir encore un peu en laissant planer un doute.

On dit « il est parti » comme si la mort n’était pas l’irrémédiable trahison de la vie.

On dit « il est parti » et on se met à rêver qu’il soit de ces oiseaux migrateurs en quête de sud.

On dit « il est parti » parce que ça laisse la porte ouverte à une errance, un égarement, à un possible retour.

Ce fil si tenu du « il est parti » que l’on tend, ce leurre, on le voudrait élastique afin de l’étirer le plus possible, le plus loin, le plus longtemps pour entrer dans la mort avec encore un peu de vie.

Laisser la porte, pour un temps, entrebâillée entre deux mondes. Le courant d’air, le va-et-vient d’énergie nous envelopper, nous confondre.


L’écriture me tend sa main silencieuse.
J’ai pensé : si je n’écris pas tout de suite, le pourrais-je encore demain ? La mort doit-elle, en nous retirant l’être cher, nous tenir serrer tout proche d’elle telle une amante jalouse ?

Tu étais si fort…
Et hier encore
On te croyait invincible
Toi, le patriarche.

Tu étais si fort…
Comment cela pouvait-il rimer avec mort.

Mon père.

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