La traversée nocturne ou le temps du comprendre

🎨 Caspar David Friedrich

 » Une fois sorti de l’enfance, il faut très longtemps souffrir pour y entrer, comme tout au bout de la nuit on trouve une autre aurore… »
Georges Bernanos
*****
On voudrait l’aventure. Le mot à lui seul porte loin le regard. Loin, loin au dehors, aux abords du soi.
Avec notre sac à dos rempli d’illusions, nos bottes de sept lieues imaginaires, nous aimerions quitter l’ordinaire de nos vies, voyager dans l’étrange, découvrir autres terres, autres mondes…
Il est pourtant un lieu tout proche, un abri mystérieux, dont nous sommes seul propriétaire, l’unique dépositaire à détenir la clef.

Il suffirait d’ouvrir.

Par crainte souvent, par ignorance, par paresse parfois, nous remettons à plus tard ce voyage intérieur.
Nous avons bien notre clef en poche, mais nous finissons par l’oublier tant elle pèse si peu face au monde ouvert qui nous entoure.

Il y a pourtant cette lumière sous la porte, qui perce jusque dans les fêlures, qui finit par nous happer.

Le voyage du moi vers le soi…

Certains n’y entreront qu’à la fin de leur vie. C’est le temps du comprendre. De la vision qui englobe tous nos voyages dans cette ultime épopée. Nos ombres nous devancent, mais il n’y a pas d’autre voie à suivre que cette traversée nocturne pour gagner la lumière, percevoir cette autre aurore dont nous parle Bernanos.

 

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