Partout où la lampe se brise #Poésie

Dans la nacre du reposoir
D’un coquillage abandonné
Au sable fin du désespoir
J’y vois le ciel et ses reflets

Dans le matin d’une aube grise
Dans le silence des églises
Partout où la lampe se brise
Vitraux sertis, lucioles ailées
Passant la porte des mystères
Y laissent filtrer la lumière
Joncher le sol de leur éclat
J’entends ton rire, j’entends ta voix.

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Jusqu’où le chemin

Josette Hersent – Jusqu’où le chemin ?

Dire un texte, le mettre en valeur… Merci à LFM radio.

Jusqu’où le chemin ?

L’incertitude alourdit ta marche, écorne ta confiance. Chaque pas pèse davantage quand il suffirait de ne penser qu’à respirer. Oublie l’impatience à connaître de quoi demain sera fait. Nul besoin de compter tes pas ou de métrer ce qu’il te reste à parcourir.

L’anticipation est un leurre qui ne peut que saisir ce qui n’existe pas encore, ce qui peut-être n’existera jamais.

Insouciance… rime si bien avec enfance.

Hier encore tes pensées ne freinaient nullement ta marche, elles tenaient moins de place que ces trésors amassés dans tes poches d’enfant.

Le mystère pointe du doigt l’irrésolu resserré sur lui-même. Commencement, déroulement, finitude.  Et puis il y a ce que tu ne peux voir… l’éternité est partout ! En dedans et au dehors, en deçà et au-delà, c’est ta pensée qui la limite au temps de ton existence. Il faut mettre de l’au-delà dans tout : au-delà des mots, au-delà des peurs, au-delà du réel.

Il fait si beau, ne pense pas à ne pas penser, c’est déjà une pensée. Accepte ce que d’avance tu as validé, ce drôle de contrat aux lignes si petites et si enchevêtrées qu’on les nomme lignes de vie.

Un tel cadeau !

Celui qui ne frappe pas à la porte ne risque pas de la voir s’ouvrir…

Combien de temps ai-je tambouriné, le cœur ardent de la soif d’avoir un signe ? Je ne pourrais le dire, le temps soudainement s’est rétracté, comme disparaissent les douleurs de l’enfantement à l’instant même de la délivrance.

Ce cadeau n’avait rien d’ordinaire. Encore ce jour, je ne comprends pas pourquoi moi. On dit que la vie est injuste, elle l’est, mais est-il naturel de recevoir un tel cadeau, quand on ne le mérite pas plus qu’un autre ou qu’une autre ?

Oh ! Je l’ai pris le cadeau. De toute mon âme. Et celle-ci en est encore toute tremblante de reconnaissance.
Celui, celle, qui connaît cette joie, la sait unique.
C’est celle que les mères savent d’instinct, dans la moiteur de leur chair, quand on leur met leur enfant sur le sein.

Mais cette fois la joie était d’une autre naissance, elle aussi unique et tout autant mystérieuse.

Il me faut davantage remercier. Pas seulement par des mots ou des gratitudes. Certainement la meilleur façon de le faire serait de m’améliorer. Dans sa grâce le don ne m’a rien demandé en échange.
Gratuité complète. Amour inconditionnel.

Les réponses, il me faut aller les chercher au plus profond de moi-même.

J’ai bien tenté de partager, la joie était si belle, si pure, qu’il me fallait redonner moi aussi un peu du cadeau reçu, et cela sans rien attendre en retour.

De quoi demain sera fait ? Je n’en sais rien. Nous n’avons pas un quota d’épreuves ou de joies qui nous serait attribué une fois pour toutes.

Mais je sais que vous êtes là, et que partout où mon cœur vous cherchera, il retrouvera la douce lumière de votre mansuétude.


Faire de l’écriture une minute de silence

Blanche est la page. Blanche comme ma peur, blanche comme la neige non encore piétinée, blanche comme la plume légère échappée de l’oiseau qui s’ébroue.


L’écriture me tend sa main silencieuse.

Le crayon glisse sur la feuille lisse, les lettres se dessinent, incertaines, timides.

Chaque fois la même hésitation. Quand il n’y a pas de mots qui soient aussi forts que le silence, faut-il écrire ? L’écriture n’engage pas seulement celui qui écrit, elle sollicite l’adhésion de celui qui reçoit. Ce qui ne peut-être débattu, expliqué, peut finir par perdre le sens souhaité.

Ne pas blesser. Les mots écrits doivent être pesés quand leur but est de soulager, porter, adoucir la peine.

Le mot n’est pas la chose prend ici toute sa signification, il ne peut s’y substituer.

L’écriture comme passerelle pour que la douleur ne reste pas isolée.

En faire une minute de silence.

L’or du levant

J’ai vu l’or du levant

Dans le matin fébrile

D’un monde nouveau-né

Vierge du pas des hommes

Et de leurs dieux sans Dieu.

J’ai vu l’aile de l’oiseau

Dans l’azur frémissant

Sous la poussée du vent

Faire chanter les blés.

J’ai vu l’éternité

Épouser l’éphémère

Murmurer au silence

Les secrets de la vie.

J’ai vu l’or du levant

Écrire ton absence

Au bleu de l’infini

Union crépusculaire

Du ciel et de la terre.