Se tenir là

Les jours sans rien de neuf me comblent.
Un écoulement en continu. Un cours d’eau à la source oubliée… à la réalité toute contenue dans cette eau limpide et fraîche sans début ni fin.
Se tenir là, dans le mouvement, au rythme du courant, au seuil des saisons.
Déjà quelques jonquilles, volontaires et déterminées, s’appliquent à percer la couche gelée d’une terre qui ne retient plus que son odeur.
Ne plus penser au temps qui passe, à celui perdu, déjà évanoui.
Ne rien anticiper autre qu’une joie qui ne peut qu’advenir, qui finira elle aussi par percer ; le printemps n’est pas qu’une affaire de jonquilles…
Aimer plus que jamais le banal, l’ordinaire, le tranquille, le sans vagues. Aduler le jubilé du semblale, de l’identique, de l’inchangé, le rythme invariable à la mélodie répétitive d’un Boléro de Ravel.

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