Un geste anodin

 

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Elle a glissé sans bruit sa paume dans la sienne
Pour mieux s’abandonner par ce geste enfantin
À sa tempe le sang bleuissait une veine
Mais son coeur tout entier se tenait dans sa main.

Tout en ne sachant pas qu’aux heures les plus sombres
Ce geste anodin serait de grand secours
Qu’un seul rai de lumière a pouvoir sur les ombres
Qu’un seul instant choisi est un acte d’amour.

Sous la poussée du temps

 

-Cette robe froissée
Vous voilà toute chose
Dit le ciel à la rose

– Le temps m’a oubliée
Il n’est illimité
Que dans sa course folle

– Vous étiez mon idole
L’ivresse du printemps
En étirait le songe

– Je n’y vois que mensonge
Mais je dois vous l’avouer
Vous m’avez bien manqué

– Sous la poussée du temps
Je glissais en silence
En caressant l’immense

– Je vous laisse mon âme
Elle est la quintessence
De toutes les essences
Et de ma floraison
Brûlante de passion.

De cette non rencontre
Qui donc se souviendra ?

Cette robe froissée… dit le ciel à la rose

Croire en son Odyssée

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Il faut être têtu

Opiniâtre, obstiné

Croire en son Odyssée

Au retour du jour

Que chaque nuit défait

Se remettre à l’ouvrage

Et telle Pénélope

Oeuvrer avec courage

Le sens même est dans l’oeuvre

Ne pas craindre l’illusion

Du mystère de la vie

L’art en est le suprême

Caché aux yeux du monde

Dans la toile qui s’écrit.

Entendez-vous cette rumeur

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Entendez-vous cette rumeur

Un éphémère ce matin

S’est éloigné de son bassin

Pour se poser à fleur de cœur.

 

De son espèce il est mémoire

Une journée pour une vie

Blanchies ses ailes sont miroirs

Où se reflète l’infini.

 

Avant que le pâle soleil

Perce la campagne endormie

Et pose de l’or, du vermeil

Sur la robe de Virginie.
Il est venu à fleur de cœur

Déposer sa mélancolie

Au jupon bleu de sa consœur

De l’éphémère Virginie.

 

Tel un berceau il fit son lit

Au matin du seuil de sa nuit

En compagnie de la jolie

À fleur de cœur se sont unis.