Elle compte les ans, un peu à la manière des enfants, elle constate… pas assez de doigts à ses mains.

Deux dates sur une pierre

Elle se tient debout. Le corps est à l’arrêt tel celui d’un animal aux aguets, les yeux sont fixes, ils ne voient plus que ces deux dates gravées sur la pierre, le doré des lettres semble en avoir capté toute la lumière.

Elle compte les ans, un peu à la manière des enfants, elle constate… pas assez de doigts à ses mains.

Ne pas en revenir… elle le sait, elle n’en reviendra pas.

Quand le voyage est terminé, il reste les cartes postales. Elles prennent la couleur du temps, la marque d’un séjour, illustrent sur papier glacé une époque. Les cartes postales( comme les photos) sont les souvenirs que la mémoire ne peut ni remanier ni entraîner dans son labyrinthe par mille chemins de traverse. C’est là, et c’est énorme de justesse, implacable de réalité.

Ici, sa présence tient lieu de trait d’union reliant deux mondes. C’est par elle que les saisons lui arrivent, même quand le temps s’est arrêté. Quelques fleurs dans un vase y suffisent.

Elle sourit…

C’est par lui que les réponses à ses questions lui parviennent, claires et limpides ; la mort va droit au but, elle débarrasse les vivants de l’inutile.

Elle prend de la hauteur, elle glisse sur sa lumière.

Revient au présent.

D’une caresse douce et chaude, elle ravive le marbre froid, y laisse l’empreinte de ses doigts, puis s’enfuit très vite avant que la marque ne s’efface.

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