Ne présume pas du temps qu’il fera demain

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Tu peux tout écrire ici, sur cette page de brouillon, au crayon à papier, tu finiras pas édulcorer, tu le sais bien, en recopiant puis encore quand tu appuieras sur le bouton « éditer » Il suffira pour cela de prendre juste un peu de distance, de celle qui permet de dire sans choquer le lecteur, de laisser passer assez de poésie pour préserver les différentes sensibilités entre celui qui conçoit et celui qui reçoit, pour cela tu voileras ton discours d’un tissu caméléon qui saura s’adapter à chaque âme.

Une fois les mots écrits, ils ne t’appartiennent plus en totalité ; ces mots parfois secrets, souvent intimes, et cela même si le mot n’est pas la chose.

Tu crois que la poésie te sauve, mais c’est sa musique qui est le vrai passeur, le vrai sauveur. Aujourd’hui, tu la voudrais douce et remplie de lumière.

Le temps retranche, rajoute, rebat cent fois les cartes. Ne présume pas du temps qu’il fera demain. En devançant les chagrins, tu pensais pouvoir les mettre à distance, tu sais aujourd’hui qu’il n’en est rien. Un reste de pensées magiques de l’enfance ; ce que l’on a pensé ne peut arriver…

Une collection de petites joies n’en fait pas une grande, mais ne dépare jamais, bien au contraire. Une petite joie même infime, même si réelle seulement pour toi, une petite joie pour que les mots, eux aussi, profitent et rayonnent d’une présence.

Et toi, mon bel été, ma plus belle saison
Tu es parti matin emportant ma raison
Depuis dans toute chose après le grand transfert
Je regarde une rose et j’y vois ta lumière.

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