La même et pourtant différente

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Cette première porte, je ne pensais jamais la pousser. Trop peu de confiance en moi. Sauf qu’il est des choses qui remettent tout en place, et le regard que l’on porte sur soi a si peu d’importance…

La grande claque dans le dos qui vous pousse là où vous n’êtes jamais allé, je l’ai reçue. Elle est de celles données par l’existence et qui vous mettent k.o.

Derrière la porte il y a un tout un monde, étrange car étranger. On y entre à découvert, sans protections, sans armures, comme tous ceux qui croient ne plus rien avoir à perdre. Quelle illusion ! Quel orgueil ! De celui-ci, vous ne pouvez ressortir sans bleus au corps, à l’âme… Vous avez commencé à ouvrir une porte et quel étonnement de découvrir que derrière cette porte, il y a d’autres portes et d’autres encore. Toutes emboîtées les unes dans les autres, telles des poupées russes, ces matriochkas que l’on offre aux enfants, et qui sont toutes à l’identique sauf par la taille.

Ces poupées, ces portes, c’est un peu de vous que vous déplacez, la même… mais pourtant différente.

Douze ans de manque = douze ans d’écriture. Pour être plus précise douze ans trois mois et quinze jours. C’est court et c’est long, ça résume et ça dit tout.

Chaque jour le crayon, chaque jour le papier ; des lettres qui se forment, des idées qui viennent, parfois les lettres avant l’idée : un joli mot, une photo, puis le souvenir de ce qui va avec.

Flaubert disait : Il faut écrire pour soi, avant tout, c’est la seule chance de faire beau. «  Et aussi : «  Le mot ne manque jamais quand on possède l’idée. » Sauf que je ne cherchais pas à « faire beau » et l’idée chez moi était fixe, quant au mot il me possédait plus que je ne le possédais. : Manque ! à lui seul ce grand vorace mange tout, kidnappe ce qui reste après avoir été englouti, jusqu’aux miettes.

Manque comme Mot commence par un M. La comparaison s’arrête là, le mot est sans limites car il comporte à lui seul tous les autres, ceux que l’on cherche, que l’on pose, que l’on bichonne, que l’on multiplie, quand le manque est si pauvre qu’il se réduit à lui-même.

C’est le plus court qui est le plus grand, lui qui accompagne, porte, creuse, détourne parfois le manque, ce grand silencieux de surface.

Certaines parenthèses sont si longues, qu’elles ne peuvent plus se refermer sans constituer tout un pan de vie. Pour l’instant je ne fais que pousser les portes, l’avenir est derrière.

Faut-il que la joie manque à ce point que l’on n’a de cesse de la rechercher.

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3 réflexions sur “La même et pourtant différente

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