La césure fut brutale

 

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Il y avait bien un avant et un après ; un avant étiré dans le temps, qui tout à coup se concentrait comme enroulé sur lui même à ne plus pouvoir se scinder en périodes dans cet enchevêtrement.

L’engrenage des jours sur les jours, changeants et pourtant identiques , n’était plus assuré par la roue motrice d’un quotidien qui sait où il va. La transmission bien huilée, si naturelle jusqu’à ce point de non-retour, semblait ne plus pourvoir se faire dans les deux sens entre l’esprit et le corps.

Rien ne serait désormais plus comme avant. Et avant était déjà très loin, perdu dans la brume d’un hiver sans alternance de saisons. Avant était devenu un autre monde, inaccessible, insaisissable, étranger.

C’était bien là le plus angoissant, ce passé et ce présent empêtrés dans l’unique saison. Qui ne peuvent plus se comparer, se comprendre, s’alimenter l’un l’autre. L’un étant sourd, l’autre muet.

Et ce corps et cet esprit qui ne rêvaient plus ensemble, chacun allant à son rythme et ne pouvant plus justifier ainsi d’une usure égale et légitime.

N’est-ce pas un beau cadeau de la vie que de se dire à l’heure du crépuscule : de cette vie j’ai aimé toutes les saisons, les étés et les automnes, et les hivers n’ont jamais été si durs que je n’aurais pas souhaité les revoir, pour encore être dans l’attente, dans la consolation du printemps à venir. C’est peut-être cela l’Avenir, ce printemps à venir qui réconcilie, ressoude tout en les dissociant le passé avec le présent.

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