Ce qui reste en soi

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Ce qui reste en soi…

Quand le temps n’a plus le pouvoir de s’écouler, pas plus que celui de ralentir sa course.

Quand la seule œuvre qui importe, celle que chacun porte en soi, trouve sa cadence dans un tremblement, un balbutiement, pareille à la grâce première, celle donnée à la toute petite enfance, à l’aurore des jours.

Le tableau redevient l’esquisse, le doute le pinceau qui cherche la couleur.

C’est l’heure où les faiblesses deviennent des forces, où la fragilité se fortifie de la fierté du tenir et où le chemin se pave de persévérance.

Rien n’est alors à vendre, tout est à donner et tant mieux si l’œuvre n’est jamais vraiment terminée puisqu’elle est la quête, son sens et son but.

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Regardez en ce jour… un nouveau qui arrive

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Regardez en ce jour… un nouveau qui arrive

Un peu déboussolé, passé sur l’autre rive

Déployez sous ses pas un tapis de lumière

Blanche et immaculée comme neige au matin

Qu’il n’ait pas le regret d’un retour en arrière

En foulant le premier ce tapis de satin

Anges ! gonflez vos joues ! insufflez d’air vos cuivres !

Trompettes et clairons sonnez l’avènement

Que le ciel s’ouvre à lui sous sa brume d’encens

Qu’au royaume des âmes il s’emplisse et s’enivre

De la douce ferveur délivrée par vos chants.

Entre réel et irréel trouver sa tangente

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À partir du vide

le plein est terre promise

tout est comblement.

Vivre le réel, l’authentique, le palpable, le périssable. Œuvrer, gesticuler, suer, s’organiser, se plier au temps : à celui qui passe, à celui qui casse.

Rêver l’irréel, plus rien autour, plus rien au dedans. Viser l’apesanteur, casser la flèche du temps.

Être au-delà, pas plus grand ou meilleur, juste au-delà…

Tendre vers l’impalpable, l’insaisissable, vers l’essence même des choses qui n’ont pour s’exprimer qu’une intelligence silencieuse. Ne plus craindre d’avoir le bras trop court. Être fleur de sel glissant sur l’eau, poussière de sable ou particules d’embruns en suspension dans l’air. Car nous ne sommes pas plus, ni moins, que cela.

Ne rien combler qui n’ait d’abord été creusé au plus profond, au plus tranchant du silex.

Les heures, les jours, prendront cette couleur qui n’a rien à envier à l’éternité, elle aussi en suspens, comme figée dans le hoquet de la mort.

Entre réel et irréel trouver sa tangente…

Jusqu’au tranchant du silex

Creuser au plus profond

Quand le bonheur est fou

C’est qu’il n’est pas très loin

De pactiser

Avec le désespoir.

De l’étang montait un brouillard

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De l’étang montait un brouillard

Aucun soleil pour le percer

Et les grands arbres étêtés

Dans ce deuil voilaient leurs regards.

 

Le temps soudain comme arrêté

Tout attendait… le teint blafard

On ne sait plus s’il se fait tard

Ou si le jour vient de pointer.

 

Ni si le rose nénuphar

S’ouvre tout pleurant de rosée

Ou bien si la nymphe prépare

Son jupon vert à reposer.

 

L’homme a descendu la vallée

Il en connaît tous les détails

Chaque caillou et chaque faille

Chaque massif, chaque fourré.

 

Un écriteau perdu plus bas

D’un mauvais bois tendait son bras

Quelques trompettes sous le pas

Chantaient à l’étang le trépas.

 

Le sous-bois semblait le témoin

Discret du chagrin de l’humain

Pour l’avoir entendu souvent

Pleurer dans le vent son tourment.

 

De l’étang montait un brouillard

Aucun soleil pour le percer

Et les grands arbres étêtés

Dans ce deuil voilaient leurs regards.