Entre notre intérieur et notre extérieur les vases sont communicants.

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« Nous avons une légère avance sur la grande vague noire dont parfois nous entendons le grondement au loin. Que faire de cette avance vite perdue ? Qu’en faire de sensé sinon rien, marcher sur une route de campagne,, ouvrir un livre, regarder une rose faire craquer son corsage ? »

Christian Bobin .

 

Entre notre intérieur et notre extérieur les vases sont communicants.

Vieillir… ou quand la fragilité du corps gagne sur la force de l’esprit…

Nous ne sommes pas plus qu’hier ou moins que demain, pourtant le poids entre extérieur et intérieur finit toujours par s’inverser.

À quel moment se fait la bascule ? Pas au même rythme pour tous ; les grands changements s’opérant en fonction du vécu, des acquis, expériences, et des bons ou mauvais gènes propres à chacun. Ainsi notre glaise se transforme plus ou moins rapidement, plus ou moins consciemment, plus ou moins dans l’acceptation ou la résistance.

Tant que j’apprends, j’ai l’impression d’aller de l’avant, mais surtout d’être vivante, pourtant l’inévitable métamorphose commence bien avant la naissance. C’est une loi inscrite dans le grand livre de la vie, et nous ne sommes pas plus libre dans ce domaine que la chenille et le papillon.

C’est une course contre le temps : de celui qui passe, qui s’est perdu, qui manque, que l’on donne. Nous nous retrouvons donc être dans cet espace, propre à chaque individu, gardien et prisonnier de ce temps qui nous est imparti. Entre course et abandon nous jonglons le plus possible, le plus longtemps, pour maintenir notre balance à son point d’équilibre.

Ce glissement insidieux et délétère nous porte pourtant vers une métamorphose, et tel le papillon le fait pour déployer ses ailes, nous devons quitter notre confort et apprendre à abandonner pour s’abandonner… Sachant que le changement est inévitable, mais que la transformation n’implique pas la perte d’identité, et que nous n’abandonnons que cette part vouée à l’éphémère.

Se détourner du miroir n’en ôte pas l’objet. Faut-il pour autant accepter l’image qu’il nous renvoie, ou celle que nous renvoie l’autre ? Et si notre visage finit par ressembler à un livre ouvert , c’est nous seul qui l’avons écrit et qui décidons de son avenir, comme le détourner des regards en le cachant dans un coin obscur de notre bibliothèque ou de le laisser au chevet de notre rêverie s’inventer d’autres chapitres et continuer à s’écrire.

2 réflexions sur “Entre notre intérieur et notre extérieur les vases sont communicants.

  1. je dois avoir de la chance, le corps s’abime de plus en plus, l’esprit sans doute mais ne m’en aperçois pas, et je continue à apprendre chaque jour… peut-être parce que j’avis cette chance, je savais peu 🙂

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