Le flou… entre deux certitudes.

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Le ciel est calme, la mer en a pris la transparence. La barque attend, là sur la plage, elle attend le petit homme.

L’enfant est serein, il ne connaît pas encore la peur. Seulement est venu pour lui le temps de goûter au voyage, aux rêves, au lointain.

Il est dans la confiance, le non savoir. Il apprendra de ce voyage, dans le même temps que sa pensée se structurera, les turbulences de l’incertitude, le frémissement du doute et cette illusion, qu’il gardera la vie durant, que la pensée est maîtresse sur le ressenti.

Quand il montera dans la barque, il embarquera aussi avec lui le flou qui régit le monde entre ces deux certitudes que sont l’aurore de la vie et son crépuscule.

À perte de vue l’horizon semble joindre deux mondes, celui du visible et celui de l’invisible. Le petit homme aimerait aller voir derrière cette ligne au dégradé bleu, allant du plus sombre au cyan, où ciel et mer se rejoignent, jusqu’à ce que l’orange du soleil couchant ne l’enflamme, mais il ne sert à rien de casser les miroirs, on casse avec eux leur reflet, et il apprendra bien assez tôt la seule limite qu’il puisse franchir.

Nous en savons trop ou pas assez. Le petit homme en entreprenant le voyage a oublié qu’il savait déjà tout en ne sachant rien et fera comme ses pairs, il oubliera l’essentiel pour mettre dans le flou agité de ses pensées : ses ambitions, ses idéaux, ses croyances et superstitions, ses certitudes et ses doutes, ses peurs et ses courages.

À présent la barque est lancée et le retour est impossible. Que la nuit soit lourde ou légère, la mer calme ou agitée. Déjà au bord du rivage les vagues se forment derrière lui, semblent se creuser davantage, c’est pourquoi il avance pour aller plus loin, là ou la mer ondule encore ne formant que quelques rides de surface.

Faire danser les miroirs

Le petit enfant le sait bien

Lui qui fait danser les miroirs

Que l’on ne peut naître de rien

Que l’essentiel nous est transmis

Sans qu’on ne l’ait jamais appris

D’instinct le jour doit bien savoir

De ses crépuscules l’histoire

Peut-on se mirer sans miroirs

Vivre sans ombre à sa mémoire ?

Le petit enfant le sait bien

Lui qui fait danser les miroirs

Que l’on ne peut naître de rien.

 

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2 réflexions sur “Le flou… entre deux certitudes.

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