Dessous la Gloriette

vacances loire Avril 2015 036

 

La nuit chuchote au jour quelques vers du poète

Endormi pour toujours dessous la gloriette

Plus rien ne chante ou danse en dehors cet écho

Transporté par le vent ou l’aile de l’oiseau.

 

Les arbres sous l’effet de la métamorphose

Recouvrent de bleu cyan les mauves et les roses

Avant que de glisser leurs branches alanguies

Dans l’onde aux doux reflets où dort la poésie.

 

Me souviendrai-je alors dans ce décor ouaté

Du matin, de son chant, de sa douce clarté

L’amour épelle au ciel ses lettres de noblesse

Et combien de regrets ici-bas je vous laisse.

 

Mon rêve d’opale

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Si mes larmes aujourd’hui

Se mêlent à la pluie

C’est pour glisser ailleurs

La joie n’est rien de plus

Qu’un parfum qui s’efface

Une essence fugace

Sur un chemin de fleurs

J’ai voulu retenir

L’espace d’un instant

De la fleur s’offrant

L’empreinte d’un sourire

J’ai glissé moi aussi

Mes lèvres de sépales

Jusqu’au bord du calice

Et bu jusqu’à la lie

De mon rêve d’opale.

 

C’est important une ombre, c’est même de sa présence que nous savons ne pas en être devenu une.

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Inutile de se retourner. L’espérance tient dans la lueur de l’aube. L’esprit ondule, pris dans le mouvement imperceptible et pourtant présent de cette aube promise et de la nuit qui recule sous sa poussée. En équilibre sur deux mondes, le temps n’est déjà plus, il semble s’être volatilisé dans notre propre envol.

Cela s’est passé si vite… peut-être une seconde…ou deux. À la porte qui clapotait sans se décider à savoir si elle devait béer ou se refermer, la réponse d’un courant d’air vint la claquer violemment après nous en avoir poussé au dehors. Pas même le temps de voir si notre ombre suivait. C’est important une ombre, c’est même de sa présence que nous savons ne pas en être devenu une.

Il fait si noir, on avance à tâtons, les mains devant, perpendiculaires au corps, en éclairage, à la façon des somnambules ou des aveugles.

On est poussé dehors… on dit dehors parce que c’est une habitude que nous avons prise, quand nous étions de l’autre côté de la porte, de vouloir ainsi situer les choses. Cela participe du réel. Enfin c’est ce qu’ils disent… les autres.

En dedans et au dehors. Le dedans serait donc du bon côté de la porte, là où tout est bien rangé, établi, une fois pour toutes. Les hommes y travaillent dur pour finalement construire leur propre porte, sans autre rêve que de participer à maintenir bien en place, à l’intérieur de la maison vie, ce qu’ils nomment le réel. Ils en ont même fait leur loi, leur Graal, leur destinée.

Les rêveurs, eux, ont déjà un pied dans ce no man’s land du dehors, sans pouvoir le nommer.

On dit d’eux qu’ils ont la tête dans les nuages. C’est bien trouvé ça car c’est un peu cotonneux ici. D’ailleurs depuis peu le noir s’est effacé, tout est devenu blanc à présent. L’aube perce dans une douce lumière.

 

 

 

 

 

 

Vivre l’instant présent

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J’ai dû froisser souvent ta belle intelligence

Pardonne à ta maman ce délire de souffrance

Quand le cœur est blessé, le cerveau ne répond…

Pas toujours en trouvant les mots de la raison.

 

J’ai si souvent perdu de ces instants précieux

Quand le compte à rebours je lisais dans tes yeux

Alors j’anticipais le terrible avenir…

Faisais fuir le présent en présumant le pire.

 

Accepter ? Impossible ! Se remettre en questions ?

Admettre de compter sur mes doigts tes saisons

Je suis restée maman, jusqu’au bout, jusqu’au pire

Et ma peur recouvrait tes grands éclats de rire.

 

Vivre l’instant présent je n’ai pas su le faire

Si le temps permettait un retour en arrière

Je ferais de ta vie une orgie de lumière

De tes derniers instants une paix printanière.

 

Dépasserais mes peurs et mettrais du bonheur

Dans mes yeux , dans mon cœur, pour que jamais la peur…

N’attriste tes derniers printemps sur cette terre

Et que la joie te garde des frimas de l’hiver.

Ton piano attend :

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 » Il joue Bach, et encore Bach, et surtout Bach. Il pourrait à vrai dire jouer n’importe quoi : le charme serait toujours le même, la grâce d’un prince adolescent, le charme d’un départ sur la pointe des notes. »

Christian Bobin.

« Je n’ai à t’offrir que mes yeux ouverts dans la nuit. »

Yuan Zhen

Les objets sont plus que des objets quand une âme les a touchés, aimés. Chopin faisait si bien danser tes doigts…

Ton piano attend :

Il attend tes mains dans nos mains

Tes doigts dans nos doigts

Ton âme dans notre âme

 

 

Myriade de lumière

Cantate d’au-delà

Tourbillon musical

Ton rire staccato

Prisonnier du piano

Retentit sur nos vies.

 

Comme si la vie contenait le tout, le plein, l’absolu…

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« Regarde, le vrai trou noir de l’univers est là, dans ce que tu n’as pas su voir, cette giclée d’oiseaux et l’infini qui n’attendait que toi. incline-toi devant celui qui a tout raté pour s’être émerveillé de tout. »

Christian Bobin

« Un bruit de balançoire »

Marcher dans la beauté lisse des plages de sable fin, en faire une aquarelle douce pour égailler nos souvenirs de rose et de bleu ou choisir les rocailleuses, aux rochers abrupts et algues glissantes, avec leurs criques improvisées entre deux crevasses, et toute la vie qui va avec, grouillante, sous les pierres et dans les failles.

Ou vouloir « tout » et ne rien avoir à choisir…

Au vertige de la beauté court le frisson de l’émerveillement. Cette faculté à l’émerveillement, innée chez l’enfant, sans cesse renouvelée le temps de la découverte, la faire ricocher sur nos ans. Tout est à découvrir, puisque tout change, se renouvelle, s’efface, se réécrit pour s’inscrire chaque jour sur une page différente de notre grand livre. Saisir le beau, c’est en garder la rambleur, pour au fil des pages, sur fond ocré, y déposer d’autres couleurs.

Vivre avec l’idée des matins clairs et du crépuscule, pour quand viendra le jour où notre livre devra se refermer, ne rien avoir à regretter. Qu’importe d’ailleurs son épaisseur, qu’il soit grand, gros ou petit, admiré par d’autres ou très vite recouvert d’oubli, il est notre grand livre puisque c’est le seul que nous avons vraiment à écrire. Peut-être ailleurs, dans une autre dimension, nous en retournerons les pages et nous aurons envie de les réécrire, avec d’autres encres, d’autres couleurs, mais avec l’obligation de commencer par la fin.

Comme si la vie contenait le tout, le plein, l’absolu… C’est par l’effondrement sur eux-mêmes, et l’énergie qui s’en trouve ainsi concentrée, que les trous noirs absorbent le plus de lumière.

C’est la bascule dans ce que nous pensons être le rien qui rend la mort insupportable.

Ce qui plane sur toute chose est bien ce mystère qui sépare les deux mondes. Celui du visible et de l’invisible, de la lumière et de l’obscur. Pourtant imbriqués, ils ne sont scindés que par le regard des vivants. Ce qui ne peut se voir, ne se conçoit pas aisément. Les cordes du temps n’ont pas fini de vibrer entre ces deux mondes, et leurs accords sont infinis. La frontière entre visible et invisible est infime, et nos yeux ne suffisent pas à la distinguer, il nous faut ce petit supplément d’âme, cette musique intérieure vibrante d’émerveillement devant la beauté. Partout à qui la recherche, en sachant regarder, écouter, ressentir. S’émerveiller, c’est rester vivant. Et se souvenir qu’après la fin du jour, il nous faut aussi la nuit profonde et sereine pour distinguer les étoiles.