Empreinte

manche septembre 2014 029

 

Un soir où en son cœur l’ennui creusait sa peine

Donnant du poids aux heures sans plus que temps s’égrène

Quand elle pensait enfin l’avoir pu contenir

En force lui revint le bien doux souvenir.

 

De la chaude journée l’air distillait aux sens

Les senteurs d’un bouquet aux multiples essences

De la mer les embruns montant jusqu’au chemin

Epiçaient d’un parfum sucré salé les pins.

 

D’autres, plus loin, gauchis par les vives tempêtes

Semblaient saluer la vie en inclinant la tête

Et la route verdie par la double voilure

De ce tableau vieilli égayait la peinture.

 

À marcher dans les pas de cet amour défait

S’épuisaient les raisons à ne plus y penser

Quand l’écho prisonnier du mur de ses silences

S’échappait de ces lieux qui avaient vu l’enfance.

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La feuille d’automne

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Vois ! ces coteaux jaunis sous la poussée d’octobre

Vois ! ces roux et ces bruns flamber de même ivresse

Face au soleil doré la feuille qui se blesse

À retenir son vol au souffle qui la presse

Avec sa ganse rouge et son tablier d’or

Elle défie le ciel de lui donner la mort

Si caduque elle est née la sève coule encore

Sous son limbe doré on devine l’essor

De la fuite des jours vers une ultime aurore.

 

Naviguer dans le rien…

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Loin des terres et des mers

Qui bordent toute vie

L’esprit en bandoulière

Traverser l’éphémère

Caresser l’infini.

 

Naviguer dans le rien

Se vider du trop plein

De l’au-delà des mots

Et de ces oripeaux

Qui encombrent les âmes.

 

Aux contours de l’immense

Suivre des yeux l’étoile

Écouter le silence

Dans le froissé des voiles

Où se déplie le temps.

 

Le manque, binôme de l’amour

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« C’est ce qui manque qui donne la raison d’être » Lao-Tseu

 » Le sucre ne sert à rien quand c’est le sel qui manque » proverbe Yddish

 

Amnésie de la plénitude…

Le manque, patrie et accueil de l’inespéré…

Pareillement à l’eau stagnante privée d’oxygène quand l’air ne se lie plus à l’eau, le manque recouvert de son magma, croît, multiplie, pour finir par se confondre avec tous les manques au plus profond de l’obscur.

Vide, absence, pénurie… les mots ne manquent pas au manque dans le creuset d’incomplétude des souffrances infinies.

Cicatrices et griffures, ces marques du manque, s’impriment d’abord sur les corps avant de creuser les âmes et vider les mémoires.

Ces premières blessures, mises à vif dans l’enfance, ne cicatriseront jamais totalement. Peur engendrée par la souffrance du non-amour. Le manque peut alors, dans ce cas, être révélateur tout autant d’amour que de désenchantement.

Il faudra s’abandonner à la confiance pour échapper à ce refuge/prison. Celui qui découvre l’amour par le manque risque de vouloir se protéger des deux sa vie durant.

Binôme de l’amour, le manque en est d’abord le révélateur. Il est partout: dans l’art pictural, dans les livres, les écrits, l’imaginaire, dans la musique, dans le jour qui attend la nuit et même dans l’alternance des saisons.

Combien de personnages de romans prennent ainsi corps dans nos propres ombres à la lecture d’un récit. Visage du père inconnu, de l’amant rêvé, de l’enfance idéalisée.

L’amour contenu dans le manque ne se voit pas toujours sans les fils conducteurs que sont l’abandon et la confiance, seules lumières à franchir finalement les portes de nos manques.