« Je est un autre »

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 » Je est un autre. Tant pis pour le bois qui se trouve violon, et nargue aux inconscients, qui ergotent sur ce qu’ils ignorent tout à fait ! »

Arthur Rimbaud

Lettre à Georges Izambard

Extrait

 

Conte à dormir debout…

 

Mon rêve de la nuit s’est perdu jusqu’au bord…

Du jour, là où fleurit une herbe frisée d’or

J’ai voulu le garder comme on garde un secret

Morphée m’en a ôté et la porte et la clef.

Combien de temps est-il resté dans cette antichambre entre ombre et lumière ? Cela lui revient par bribes, quand la lune est pleine et que ses nuits s’agitent. Cette fois dernière, était-ce un songe, une illusion ? Le transport dans une autre réalité l’imprégnait au réveil d’ un sentiment étrange, tel celui : « je est un autre ». Il faut au réel du jour pour exister.

Observer. Seulement cela, observer. Il ne s’agit pas d’être d’accord ou pas avec ce qui se passe dans notre cerveau à ce moment précis, de porter un jugement ; il n’y a rien à décider du bien ou du mal ou chercher à s’en défendre ou ce genre de chose. Il y a juste à accueillir, le matin effacera en partie ce pan d’une réalité inconsciente qui échappe au conscient. Chercher à avoir une quelconque maîtrise, ou donner du sens à ce que notre esprit rationnel comprend comme étant irréel, serait vain. Le rêve est bien réel, du temps qu’il se réalise à celui où sa trace perdure durant l’éveil.

Depuis peu le rêve était devenu récurrent, cela ne l’inquiétait plus, l’habitude tue l’inquiétude. Il en était presque étonné quand le rêve sautait un soir de pleine lune. – Ma mémoire me ferait-elle défaut ? pensa t-il la première fois.

Le songe à présent n’était plus synchro avec la lune. Cela le turlupinait tant et tant qu’il restait éveillé des heures durant, fixant la lueur lunaire qui passait à travers les persiennes ajourées. Mais point de songe.

Et puis.. il est revenu, sans avertir et sans suivre le calendrier lunaire.

Dès lors le rêve se mit à emplir toutes ses nuits, à tel point qu’il y pensait constamment et que peu à peu il n’arriva plus à dissocier le jour de la nuit.

L’onirique voyage passait toutes les barrières, son rythme circadien en était profondément perturbé. Son taux de mélatonine chutait de façon inquiétante et ses synchronisateurs n’étaient plus en phase.

Vous le verrez peut-être passer, l’air absorbé par cette lune où les rêves naissent et reviennent mourir, quand la réalité nous échappe pour s’évanouir vers un ailleurs, inconnu de notre réalité.

 

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