Ne plus espérer n’est pas désespérant.

OLYMPUS DIGITAL CAMERALe lâcher-prise et l’acceptation de ce qui est nous délivrent du poids des fausses espérances.

Ne rien attendre d’autrui, ne compter que sur soi, ne doit pas être source d’amertume ou d’aigreur, mais au contraire il faut y voir de nombreux avantages.

En effet, l ‘attente freine le mouvement et celui qui n’attend aucune réponse sera allégé de cette expectative, des questionnements qui la devançaient mais aussi de ceux qui en résulteraient. On passe alors de la non action, avec son collectif de : pesanteurs, déceptions,  regrets, sentiments d’injustice, évitements,  à une dynamique dont nous restons le maître et le seul moteur.

Ce qui dépend de nous ne peut nous blesser car nous ne pouvons être dans un même temps le couteau et la plaie.

Le regard de l’autre n’est plus ce miroir  nous renvoyant une image déformée,  flouée par les apparences. Sans filtre, nous pouvons plonger plus profond en nous-même, notre vision intérieure s’en trouve élargie.

Cette non attente ne nous coupe pas d’autrui pour autant. Notre relation n’en est que plus franche, directe et sincère, non orientée par un pouvoir de séduction qui reste le plus souvent involontaire. Tout devient lisse, simple, limpide.

Notre dévouement exempt de recherche de reconnaissance, de récompense, donc totalement désintéressé, fortifie notre relation à l’autre, lui donne toute sa valeur. L’amitié et l’amour s’en trouvent magnifiés.

Ainsi, ce qui n’est plus attendu tient de la surprise ; ce qui n’est plus espéré tient du miracle…

C’est pourquoi, ne plus espérer n’est pas désespérant.

 

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Aimer jusqu’à l’Amour.

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Aimer sans en avoir jamais le doux retour

Sans cultiver l’espoir aimer jusqu’à l’amour

Quand le corps a brûlé sans que l’amour se donne

Au vent du souvenir c’est l’âme qui frissonne.

 

Chacun vivant sa joie sans pouvoir l’embrasser

Etreindre jusqu’aux ombres et leur chassé-croisé

Combien de temps déjà…une semaine, un jour ?

Par lui l’éternité s’est fondue dans l’amour.

 

Mon repos est vibrant de songes sans remords

De mille vies je vis de la nuit à l’aurore

Aucune ombre qui puisse atteindre son versant

Ma joie n’est pas soumise à l’horloge du temps.

 

Le ciel brûlait son jour faisant fi du fardeau

À le laisser mourir dans le miroir de l’eau.

Fusion de même joie ciel et terre étoilés

La matrice du temps rejoint l’éternité.

 

 

Et maintenant, Qu’est-ce qu’on fait ?

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Blaise HERSENT-LECHATREUX

 

 

 » Et pour cause, lorsque je donne une idée à quelqu’un, je n’en suis pas dépossédé pour autant. « Blaise HERSENT-LECHATREUX

La peur millénariste avait revêtu les parements de la modernité, et on hypostasiait de la prochaine rébellion des systèmes informatiques. Finalement il ne s’est rien passé, l’artifice des feux a coupé court aux peurs et aux tempêtes. Et tous de se réjouir qu’il ne se passât rien, oubliant que dans d’autres domaines, on espérait secrètement que les choses changent.

Bien sûr, 2000 n’a que la valeur qu’on lui donne, mais cette fascination pour le nombre rond est le prétexte idéal aux bonnes résolutions, et aux remises en cause. Au lieu de cela, le système n’a jamais semblé aussi sûr de lui : les politiciens jouent les thaumaturges, la bourse bat des records.

Pour expliquer la réduction constante de la marge de manœuvre des gouvernements, on a inventé le « réalisme économique », que je préfère appeler la « désertion politique », même si je concède que cela est moins valorisant pour ceux qui l’adoptent. Même la majorité des intellectuels et des penseurs donnent leur eulogie au pragmatisme ambiant. On confond allègrement réalité et vérité, toutes les opinions se valent et on préfère analyser et expliquer qu’anticiper et convaincre. Pourtant, quel plus beau mot que convaincre ? Etymologiquement, il indique qu’on est deux à gagner. Et pour cause, lorsque je donne une idée à quelqu’un, je n’en suis pas dépossédé pour autant. Mais voilà, depuis la chute du mur de Berlin en 1989, on se méfie tellement des idées qu’il devient presque honteux d’être séduit par une théorie politique. Les idées n’ont jamais tué ; c’est la sottise de ceux qui croient les défendre qui mène quelquefois à l’horreur.

D’autre part, l’esprit humain a besoin d’enthousiasme et de rêve. Au nom de quelle supériorité la raison l’en priverait-elle ? La citoyenneté, la démocratie doivent être vécues avec passion.

Extrait de : Et maintenant,

                  Qu’est-ce qu’on fait ?

Blaise HERSENT-LECHATREUX

De sa tombe à ta tombe… quelques pas…

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Un peu plus de vingt ans… à quelques pas de là

Dans cette même allée j’allais pleurer mon frère

Jamais je n’aurais cru devoir te mettre en terre

Jamais cette pensée, un jour au cimetière…

De sa tombe à ta tombe… à peine quelques pas.

 

Deux destins réunis, pourtant si différents

Déjà plus des enfants, pas encore des parents

Juste à la fleur de l’âge avec la vie devant

Deux vies dans une allée désormais hors du temps

Et moi seule à vieillir devant vous maintenant.

 

Deux âges stylisés dans la pierre à jamais

Qui de la vie nous disent une fragilité

Je n’imaginais pas à cet emplacement

Dans cette allée, liés, toi à lui au présent

 

Un peu plus de vingt ans… à quelques pas de là…

De sa tombe à ta tombe…à peine quelques pas.

 

La vie confisquée ne nous est pas rendue à son point de rupture.

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 » Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,

Suspendez votre cours !

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours!  »

Alphonse de Lamartine.

 

La vie confisquée ne nous est pas rendue à son point de rupture.

Le temps a continué à œuvrer, en sourdine, presque à nos dépens. Les corps vieillissent même dans leur sommeil. Il aurait fallu prévoir une bulle plus étanche pour que les échanges entre nous et l’extérieur s’en trouvent ralentis.

L’horloge arrêtée ne sonne plus les heures, et la maison elle aussi s’est endormie dans cette absence. Le temps réel n’est plus le temps ressenti ; on pourrait presque comparer ce temps au temps qu’il fait; celui qui décompte nos jours avec celui de la météo. Ainsi la sensation de froid est plus ou moins déterminée par la vitesse du vent alors que la température reste inchangée. Pareillement notre perception du temps écoulé, vécu, est proportionnelle à l’idée que nous nous faisons de comment il devrait être comblé, de la nature de nos émotions, de leur intensité. Aussi une joie sera ressentie de manière beaucoup plus fugace qu’un chagrin. Dans la peine le temps s’éternise alors que celui du bonheur paraît toujours trop court.

L’abri, l’isolement, le refuge intérieur que l’on croyait temporaire reconduit, de saisons en saisons, d’année en année, son bail. Le temps lui-même semble s’être perdu dans ses couloirs, c’est qu’à vouloir ainsi le suspendre on finit par ne plus le voir; à oublier de vivre, on en oublie le temps; à trop le fuir il nous échappe sans que nous lui échappions.

Il aurait fallu l’épuiser, le travailler au corps, le dépouiller de sa force à nous faire plier. Vivre deux fois plus dans deux fois moins de temps. Sortir vainqueur de ce bras de fer.

Ce temps confisqué, passé, perdu, jamais retrouvé à son point de rupture, compte t-il même encore et quelle peut être son influence sur notre présent autre qu’un vieillissement que nous trouvons, de ce fait, prématuré.

Vivre à l’intérieur de notre bulle ne nous coupe donc pas du monde ni du temps et de son impact, et la perception que nous en avons reste subjective.

Personne, au dehors, n’aura rien soupçonné.