Et toujours ce silence, voile d’infini, qui danse, qui danse…

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Écrire sur le silence c’est lui donner une résonnance.

Ne vaudrait-il pas mieux arrêter là, laisser la page blanche l’investir par la non parole ; écrire sur le silence ne risque t-il pas de l’affaiblir et d’ailleurs de quel droit tenter une intrusion dans ce à quoi rien ne nous avait préparé et dont nous ignorons la genèse contrairement à la parole.

Aussi pour avoir la faveur du silence il faut d’abord apprendre à se taire, à écouter son chant.

Le bon silence est celui qui donne du poids, du sens, de la valeur aux mots, il harmonise la phrase musicale, prolonge la musique au-delà de la musique. C’est lui qui révèle, par opposition, les sons de la nature qu’il véhicule, magnifiant le bruissement du feuillage au vent, réveillant le murmure du ruisseau à notre approche, se laissant percuter par le chant de l’oiseau. Car le silence chante, mais pas à tout le monde et jamais de façon identique. Ami du poète, du rêveur, du musicien.

On peut toujours attendre du silence qu’il vienne à nous, qu’il nous habite faute que nous l’investissions, pourtant il faut le mériter, l’espérer, voire l’engendrer, puis le laisser nous surprendre comme nous le serions d’une grâce. Il faut laisser au silence son statut de promesses.

Le silence n’est pas seulement absence de langage, puisqu’il peut dire beaucoup plus que les mots.

Il n’est pas un fourre-tout, pas plus qu’un réservoir d’oubli, d’ennui, de solitude ou de mort.

Tel l’amour, il ne s’altère de son partage.

Le silence n’est jamais total, rempli du brouhaha primordial de l’univers, de ses vibrations et fréquences, il partage avec ce dernier son premier cri.

Si pour bien l’entendre il faut savoir écouter, faisons taire notre bourdonnement intérieur pour lui laisser de l’espace. Et si l’écriture peut parler du silence, il est plus difficile de le laisser nous parler dans ses pauses comme sait le faire, parfois, la poésie.

Les arbres soupirent

J’entends les feuilles tomber

Ce sont vos silences.

 

Paroles enlisées

Dans un désert de silence

Aux portes du temps.

 

Un frémissement

Sur la vague du silence

La pensée se meut.

 

Frisson de parole

Au paravent du silence

Se mettre à l’abri.

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