Comment l’écriture est venue à moi.

photoquand-jetais-entiere

Nous sommes en 2016, il y a dix ans j’écrivais…

(Version édulcorée)

Trois jours que tu es parti et voilà que je recherche déjà le son de ta voix, le dernier regard échangé.

Ne rien oublier…ne rien oublier, et surtout ne rien transformer.

Le temps habille nos souvenirs, insidieusement, avec d’autres couleurs. Je veux photographier avec mes mots, sur le papier, les moments partagés, ceux des jours de l’avant, mais aussi ceux de l’après, de la solitude de l’après.

Pour que cela fasse moins mal, je me dis que tu es parti en voyage, que je te reverrai, que tu vas me téléphoner pour me rassurer.

Le manque est d’emblée tout puissant. L’absence est un puits sans fond.

Te voilà mort et te voilà devenu, par ce fait, l’incarnation de tous les âges de ta vie.

J’avais déjà ressenti cela pendant la maladie sans pouvoir me l’expliquer, l’analyser. L’espace-temps qui se contracte quand les moments sont trop « extraordinaires » pour être supportés dans notre réalité.

Un bel hommage, une belle cérémonie, des parents debout, ta petite sœur ; et toi si beau, mais en photo dans un cadre acheté à la va-vite pour la cérémonie. Tu souris discrètement à la plus horrible journée de notre vie.

Je viens de réaliser d’un coup ce que je ne comprenais pas : la dignité des parents face à la pire épreuve, le courage comme dernier hommage à l’enfant, car pour l’heure ce qui me fait tenir debout c’est bien l’idée de ne pas te décevoir, d’être à la hauteur.

Je compte les anniversaires, chaque jour est anniversaire ,un jour, deux jours… trois jours, le temps s’est arrêté.

Déjà je me souviens…

Le médecin est venu constater…. Il a fermé la porte derrière lui et nous sommes restés, toi, moi, lui. Tu avais un léger sourire, de ceux que tu prenais lors d’une rencontre importante ou d’un événement particulier. J’ai fermé l’un de tes yeux resté entr’ouvert, c’était l’œil opposé à celui qui nous avait salué à ta naissance.

Je n’arrive pas à pleurer. Je n’ai plus peur du bruit de la sirène des ambulances.

Septembre 2006.

 

 

 

2 réflexions sur “Comment l’écriture est venue à moi.

  1. Comme le bonheur est fragile, mais ce bonheur vient d’un Amour , et l’Amour est quelque chose de très rare . Rencontrer son autre moi, c’est extrêmement précieux , c’est une chance unique .Merci de ces merveilleux vers que vous nous offrez .

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