Je ne peux…

Je ne peux ni voir son visage, ni entendre sa voix, pourtant rien de lui ne m’est inconnu ou sombre à la lueur de son âme ; tout est reconnaissance.

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Notre heure.

13 04 2016 022

Un vieillard ce matin a quitté notre monde
Une vie sans regrets, accomplie et féconde
Son départ préparé, via son grand voyage
Parti l’esprit serein, sans futiles bagages :
« Ma vie a été pleine et pour moi il est temps
De passer le flambeau à mes petits enfants »

Un jeune homme au matin a quitté notre monde
Ce vingt et un septembre décidemment immonde
N’était pas préparé… au seuil du grand voyage :
« J’ai trop de choses à faire, il n’est pas de mon âge
J’ai encore à rêver, à créer, à construire…
Je dois pouvoir aimer, partager et puis rire ».

Mon fils, j’aurais aimé que tu sois ce vieillard
Et ne pas être celle qui te ferme les yeux
Dans l’au-delà t’attendre et ouvrir ton regard
Guider tes premiers pas dans ce ciel qu’on dit bleu.

Un étang quelque part…

De l’étang montait un brouillard
Aucun soleil pour le percer
Et les grands arbres étêtés
Dans ce deuil voilaient leurs regards.

Le temps soudain comme arrêté
Tout attendait…le teint blafard
On ne sait plus s’il se fait tard
Ou si le jour vient de pointer.

Ni si le rose nénuphar
S’ouvre tout pleurant de rosée
Ou bien si la nymphe prépare
Son jupon vert à reposer.

L’homme a descendu la vallée
Il en connaît tous les détails
Chaque caillou et chaque faille
Chaque massif, chaque fourré.

Un écriteau perdu plus bas
D’un mauvais bois tendait son bras
Quelques trompettes sous le pas
Chantaient à l’étang le trépas.

Le sous-bois semblait le témoin
Discret du chagrin de l’humain
Pour l’avoir entendu souvent
Pleurer dans le vent son tourment.

De l’étang montait un brouillard
Aucun soleil pour le percer
Et les grands arbres étêtés
Dans ce deuil voilaient leurs regards.

La mélodie du vent.

Ce jour, j’ai entendu la mélodie du vent
Je le croyais auteur, il n’était qu’instrument
Mélodie déposée au creux de mon oreille
Arrivait c’est certain du pays des Merveilles.

J’étais à me laisser porter par le courant…
Du flot de mon chagrin, devant ta sépulture
Mon âme mise à nue, sans fard, sans armure…
Scrutait le marbre lisse et le poids du néant.

La froidure du temps paralysait mon corps
À lever le regard, je devais faire effort
C’est alors que le son me parvint aux oreilles
La symphonie du vent me parlait ton éveil.

Je le croyais auteur, il n’était qu’instrument
Impossible à saisir, sortait-il du levant?
C’est un souffle de vie guidé par une main
Que ce souffle divin sur ta tombe au matin.

Je voudrais que ces mots…

avril photos de photos 011

Je voudrais que ces mots
Avant de s’agencer
S’envolent au plus haut
Coiffés de liberté
Tout chapeautés des rires…
Premiers du jeune enfant
Que les hommes et le temps
N’auront su affaiblir.

Je voudrais que ces mots,
D’un ciel silencieux
Vierge du battement
De l’aile de l’oiseau
Et du souffle du vent,
Avant de s’embrasser
En respirent le bleu.

Je voudrais que ces mots
Dans ce chant sidéral
Fossile et primordial
Impriment au bain la trace
Remplissent tout l’espace
S’habillent en majuscule
Pour jamais minuscule.
Ne se signe l’amour.

Je voudrais que ces mots
Touchés d’éternité
Pénètrent la clarté
L’âme du nouveau né
Cet éternel retour
Que les astres colorent
Aux nouvelles aurores
Traversées par l’amour
Puis se posent sur vous
Comme une pluie d’étoiles.

Une énigme

sepetembre 2014 019

Voilà bien une énigme ce qui nous fait tenir
Comme une anesthésie nous protégeant du pire
Notre cerveau figé pour ne pas tomber fou
C’était ton enterrement et j’ai tenu debout !

Hébétée, engloutie, par la cérémonie
« Pour Mignon » de Schumann mes oreilles asservies
Le temps ne comptait plus, j’aurais pu rester là
C’était ton enterrement et je ne pleurais pas !

Ce vingt six de septembre une partie de ma vie
S’est glissée près de toi, éternellement enfouie
Ton cercueil sur l’autel, je me dois d’être forte
C’était ton enterrement et je ne suis pas morte !